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Les compagnies de taxi passent à l'offensive contre UberX

Une publicité publiée dans le cadre de la campagne contre la compagnie Uber.

Une publicité publiée dans le cadre de la campagne contre la compagnie Uber.

Photo : André Dalencour

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les chauffeurs de taxi du pays ont lancé, aujourd'hui, une vaste offensive publicitaire contre l'arrivée dans les grandes villes canadiennes du système de covoiturage commercial UberX.

La riposte des compagnies de taxi du pays n'a pas tardé, après l'arrivée de la compagnie UberX dans plusieurs villes canadiennes.

Sept d'entre elles ont fait paraître une lettre ouverte sous forme de publicité dans deux grands quotidiens, à savoir le Globe and Mail et La Presse. Ces encarts mettent en garde la population contre l'utilisation de ce système de covoiturage commercial et rappellent les avantages d'avoir une industrie réglementée au Canada. De plus, un site internet a été lancé afin d'étayer ses arguments.

Nous pouvons rouler parfois jusqu'à 300 km par jour. Imaginez une voiture non sécuritaire qui fasse 300 km sur nos routes. Ce n'est pas juste un problème pour la sécurité des clients ou du chauffeur. C'est aussi un problème pour la sécurité des citoyens.

Une citation de :Amrik Singh, représentant syndical des chauffeurs de Taxi

« Leurs taxis opèrent sans licence et ils ne suivent aucune règle de sécurité. Toutes nos voitures ont des caméras, mais pas les leurs. Tous les taxis doivent suivre des inspections très poussées deux fois par an à Ottawa. Tous les chauffeurs doivent fournir un dossier qui prouve qu'ils sont de bons conducteurs. Ils doivent aussi fournir un dossier criminel pour prouver qu'ils n'ont pas de condamnation. Tous les chauffeurs de taxi doivent payer des taxes fédérales », détaille Amrik Singh qui représente les chauffeurs de Taxi d'Ottawa au sein de la section locale 1688 d'Unifor.

Ce dernier estime que tous les Canadiens devraient apporter leur support à cette campagne. Selon lui, tolérer UberX équivaut à envoyer le message comme quoi les compagnies étrangères peuvent venir au Canada sans respecter les lois et règles en vigueur au pays.

Une concurrence perçue comme déloyale

L'entreprise controversée de covoiturage commercial UberX fait appel à des chauffeurs qui utilisent leur propre voiture et qui font payer au passager un tarif moins élevé que ce qu'un taxi demande.

L'industrie du taxi soutient qu'il s'agit d'une concurrence déloyale puisque les conducteurs de ces véhicules ne déclarent pas de taxes, l'immatriculation de leurs véhicules coûte moins cher que celle des taxis et les chauffeurs ne reçoivent pas de formation équivalente à celle des conducteurs professionnels.

D'autre part, ces entreprises ne peuvent pas s'aligner sur les prix d'UberX car elles n'ont pas le droit de mettre en place des rabais ou des incitatifs pour attirer les clients. Elles rappellent cependant que leurs tarifs sont fixes.

« [Les chauffeurs] Uber, par exemple, une journée très occupée, peuvent ajouter ce qu'ils appellent un " search pricing ". Ce qui fait que la course peut vous coûter 10 fois ce qu'elle coûte d'habitude. Nous on ne fait pas ça. Ce qui est indiqué sur le compteur est ce que vous payez, peu importe les conditions », soutient le responsable des opérations de la compagnie Coventry Connections, Marc-André Way.

L'entreprise UberX est implantée à travers 200 villes dans le monde, et depuis peu elle s'est installée à Toronto, Ottawa, Halifax et Montréal. Elle cherche à établir sa présence à Edmonton et Vancouver.

Des tarifs attractifs pour les étudiants

Pour le moment, on ne connaît pas l'impact réel de ses activités au pays sur les entreprises de taxis conventionnels. Les clients constatent néanmoins une différence de prix pouvant aller de 30 % à 40 % comparativement à un taxi classique.

« La première fois où j'en ai pris un, le tarif était moitié moins cher qu'un taxi normal », indique Cassidy Fitzpatrick qui est étudiante à Ottawa.

Une étudiante qui utilise le système Uber, à Ottawa.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une étudiante qui utilise le système Uber, à Ottawa.

Photo : Radio-Canada

La clientèle étudiante se dit particulièrement séduite par le fait que l'application d'UberX leur permet de savoir qui est leur chauffeur, mais aussi de connaître la plaque d'immatriculation du véhicule et l'emplacement du véhicule en temps réel.

Dans un courrier adressé à Radio-Canada, la porte-parole de UberX, Lauren Altmin, souligne que la compagnie procède à des vérifications de sécurité des chauffeurs supérieures à celles que font les compagnies de taxi.

Elle qualifie l'attaque orchestrée contre son entreprise de « campagne de relation publique désespérée ».

« Pendant des décennies, les compagnies de l'industrie canadienne du taxi s'intéressaient à tout, sauf à servir les résidents et les touristes. Au lieu de faire des efforts pour écouter et prendre en compte les attentes des clients concernant la qualité, la sécurité et la fiabilité des services de taxi, elles préfèrent mettre en place une campagne de salissage afin de protéger leur cartel », explique Mme Altmin.

Des villes comme Vancouver et Toronto ont fait appel aux tribunaux pour mettre des bâtons dans les roues d'UberX. Les responsables de la ville d'Edmonton ont dit être ouverts au service Uber dans la ville à condition que l'entreprise engage des conducteurs qui possèdent un permis de taxi. À Ottawa, deux conducteurs de la compagnie ont reçu une contravention de la Ville pour avoir enfreint la réglementation municipale.

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Ontario