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Harcèlement à Ottawa : Trudeau a manqué de tact, estime le NPD

Le chef du PLC Justin Trudeau

Le chef du PLC Justin Trudeau

Photo : ? Chris Wattie / Reuters

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

En amenant sur la place publique, mercredi, les allégations de harcèlement dont deux de ses députés font l'objet, le chef libéral Justin Trudeau est allé trop vite et a nui aux femmes qui les ont formulées, a soutenu jeudi la whip du NPD, Nycole Turmel.

« Dans un processus normal, il avait la responsabilité de nous le dire que ça sortirait publiquement, qu'au moins, on puisse donner l'appui à nos députées qui étaient affectées par tout ça », a dénoncé la députée de Hull-Aylmer.

Mme Turmel affirme qu'il était clair que les présumées victimes ne souhaitaient nullement que leurs allégations soient rendues publiques et qu'elles ont ainsi été mises devant le fait accompli. Elle rapporte que les deux personnes concernées ont appris que la suspension des deux libéraux allait être rendue publique par les médias sociaux mercredi matin. Pour Nycole Turmel, le geste de M. Trudeau équivaut à les « victimiser une deuxième fois ». 

Je pense que les femmes qui sont victimes de violence ou de harcèlement vont penser comme moi et diront : "Nous, qu'est-ce qui nous arrive, à un moment donné mon nom va sortir?"  et elles ne veulent pas ça. Elles veulent travailler pour retrouver leur confiance et leurs capacités d'avant, dans un milieu sain, dans lequel elles sont bien.

Une citation de :Nycole Turmel, whip du Nouveau Parti démocratique et députée de Hull-Aylmer

24|60 : Entrevue avec Nycole Turmel et Stéphane Dion

Mais selon la whip libérale, Judy Foote, Justin Trudeau, mis devant les faits, n'avait pas le choix d'agir.

Il devait suspendre deux députés libéraux. Comment suspendez-vous deux députés libéraux sans expliquer pourquoi?

Une citation de :La whip libérale, Judy Foote

Le député libéral de St-Laurent-Cartierville, Stéphane Dion, est du même avis. Il croit que Justin Trudeau devait suspendre les députés, mais qu'il l'a fait dans les règles de l'art, soit en ne révélant pas le sexe des deux personnes ni leur parti politique, et en ne donnant pas de détails sur les allégations.

Le chef libéral a suspendu mercredi  Massimo Pacetti et Scott Andrews après que ces derniers eurent fait l'objet d'allégations de harcèlement de la part de deux députées du NPD. Justin Trudeau avait alors expliqué qu'une des victimes l'avait elle-même mis au courant des faits la concernant. Pour expliquer la situation, M. Trudeau avait parlé d'allégations de « faute personnelle » envers ses deux députés, sans plus.

Quant à MM. Pacetti et Andrews, ils nient les allégations formulées à leur endroit.

Que s'est-il passé quand vous avez essayé de dénoncer?

Pourquoi la majorité des agressions sexuelles ne sont-elles pas dénoncées? Que se passe-t-il lorsqu'une victime tente de dénoncer son agresseur? Pour mieux comprendre, nous faisons appel à vos témoignages. Avez-vous pu le faire? À quoi avez-vous dû faire face? Comment cela s'est-il passé pour vous, d'un point de vue personnel, auprès des autorités ou de vos proches?

Si vous souhaitez apporter votre témoignage à un article que nous préparons, nous vous invitons à nous répondre directement par courriel (Nouvelle fenêtre).

>> Pour livrer votre témoignage : danielle.beaudoin@radio-canada.ca (Nouvelle fenêtre)

De son côté, le chef du NPD, Thomas Mulcair a expliqué que la préoccupation de son parti avait été, dès le départ, de s'occuper des victimes et de respecter leur souhait de confidentialité.

« C'était la demande expresse que nous avons reçue et nous l'avons respectée, a-t-il dit. Notre whip, Nycole Turmel, va avoir des rencontres avec le président de la Chambre des communes pour s'assurer de mettre en place un processus. Pour veiller à aller au fond de ces questions-là. »

M. Mulcair savait depuis des mois qu'une de ses députées se disait victime de harcèlement, mais ignorait qu'une seconde avait été confrontée à la même situation, soit celle qui avait approché M. Trudeau. C'est de fait par le PLC que le NPD a donc eu vent des allégations de cette dernière.

Nycole Turmel estime par ailleurs que ces allégations pourraient ouvrir la porte à de nouvelles dénonciations.

Il revient au comité de régie interne du Parlement de traiter de cette délicate affaire, qui a d'abord été mise entre les mains du président de la Chambre des communes, Andrew Scheer. Ce dernier siège au comité de régie interne, de même que trois députés conservateurs, deux députés néo-démocrates et un libéral. Est-ce que l'intervention de ce comité sera suffisante? « Je ne pense pas », affirme Nycole Turmel. 

Une déclaration émanant du bureau du président de la Chambre stipule qu'Andrew Scheer a demandé à ce que toutes les ressources de la Chambre soient rendues disponibles pour les personnes impliquées. M. Scheer a de plus demandé à ce que le comité de régie interne se réunisse dès que possible.

Les élus québécois interpellés

Pour le premier ministre du Québec Philippe Couillard, il importe que les dénonciations en matière de harcèlement puissent être faites dans le cadre d'un processus qui permette d'accompagner et de protéger les personnes victimes de ces situations.

Il faut qu'on regarde ça avec la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, et celle de la Sécurité publique, LiseThériault, pour regarder le bilan de ce qui existe, mais réaffirmer le principe [...] que les dénonciations doivent être faites et les dénonciateurs ou les dénonciatrices doivent être protégés.

Une citation de :Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard

Le courage de dénoncer : reportage d'Anne-Louise Despatie et entrevue avec la ministre de la Justice

Un contexte plus large

Bien que nullement liée à l'actualité de la Chambre des communes à Ottawa, l'affaire Jian Ghomeshi a été plus ou moins le point de départ de cette prise de conscience sur les questions, délicates, de harcèlement.

Rappelons que Jian Ghomeshi, cet ex-animateur vedette de la radio de CBC, fait l'objet d'allégations de la part de moins d'une dizaine de femmes, dont deux se sont identifiées sur la place publique.

C'est après avoir pris connaissance de « preuves explicites » démontrant « que Jian Ghomeshi avait causé des blessures physiques à une femme » que CBC a décidé de mettre fin à l'emploi de son animateur vedette.

Une enquête, menée par une avocate spécialisée en droit du travail, est en cours au sein de CBC. À la demande de la haute direction de CBC/Radio-Canada, employés actuels et passés de CBC ayant travaillé auprès de l'animateur sont invités à faire part de leurs plaintes, préoccupations ou expérience relativement à des questions de harcèlement, de discrimination, de violence, ou autre comportement inapproprié dans le cadre de cette enquête.

Avec les informations de La Presse canadienne

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