•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Guy Lapointe

Guy Lapointe

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le Big Three sera enfin réuni samedi. Serge Savard et Larry Robinson attendaient l'arrivée de leur complice Guy Lapointe dans les hauteurs du Centre Bell.

Un texte de Jean-François PoirierTwitterCourriel

La bannière numéro 5 du troisième membre de la célèbre brigade défensive des années 70 du Canadien sera enfin hissée avant le match contre le Wild du Minnesota.

« Depuis que Geoff Molson m'a annoncé la nouvelle cet été, iI n'y a pas un soir où je n'ai pas pensé à ça, déclare Guy Lapointe, assis dans un banc du vieux Forum, célèbre édifice devenu un centre commercial. Le retrait de mon chandail, c'est la récompense ultime. C'est plus fort que mon intronisation au Temple de la renommée. »

Guy Lapointe (gauche) et Dave Williams, des Canucks, le 14 novembre 1981 à Vancouver.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Guy Lapointe (gauche) et Dave Williams, des Canucks, le 14 novembre 1981 à Vancouver.

Photo : La Presse canadienne / Archives

L'homme de 66 ans avoue être nerveux.

« Je suis sûr que je me sentirai moins à l'aise dans mes souliers samedi soir que lorsque je chaussais les patins avec le Canadien, lance Lapointe, qui ne compte plus les demandes d'entrevues. C'est vraiment fou. Je l'ai dit l'autre jour à mon patron Chuck Fletcher du Wild. On me réclame partout. Je n'arrive pas à répondre à la demande... »

Guy Lapointe est aujourd'hui recruteur. Il parcourt le Québec, l'Ontario et l'Ouest canadien à la recherche de jeunes joueurs talentueux pour le Wild. Il se souvient de ses premières années avec le Canadien.

« Mériter un poste avec le Canadien me semblait un accomplissement impossible. J'étais un p'tit gars qui jouait sur les patinoires extérieures à 45 minutes du Forum. Aujourd'hui, je m'apprête à rejoindre tous ces grands joueurs dont les bannières sont au plafond du Centre Bell. »

— Une citation de  Guy Lapointe

« Samedi soir, au centre de la glace, j'aurai une pensée généralisée pour mes coéquipiers qui ont fait de moi un meilleur joueur et un meilleur homme. J'ai eu de la chance. C'est comme un rêve. »

Guy Lapointe s'est confié à Jean-François Poirier

L'attente

Le chandail numéro 18 de Serge Savard a été retiré en 2006. Le 19 de Larry Robinson l'a été en 2007. Guy Lapointe, dont les statistiques étaient aussi éloquentes que ses deux partenaires, espérait en silence que son tour viendrait.

« Je n'ai jamais pensé qu'on aurait dû me choisir avant Serge et Larry, dit-il avec conviction. Il ne faut pas oublier que j'ai été élu au Temple de la renommée à ma troisième tentative. Serge et Larry ont gagné plusieurs trophées individuels comme le Norris (meilleur défenseur) ou le Conn-Smythe (joueur par excellence des séries). Je me disais simplement que ce serait incroyable si un jour c'était mon tour. »

Guy Lapointe (2e à partir de la droite) après la conquête de la Coupe Stanley par le Canadien, le 25 mai 1978. Avec lui : Serge Savard, Yvon Lambert, Larry Robinson, Yvan Cournoyer et Jacques Lemaire.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Guy Lapointe (2e à partir de la droite) après la conquête de la Coupe Stanley par le Canadien, le 25 mai 1978. Avec lui : Serge Savard, Yvon Lambert, Larry Robinson, Yvan Cournoyer et Jacques Lemaire.

Photo : La Presse canadienne / Archives

Guy Lapointe partage le numéro 5 avec Bernard Geoffrion, l'un des 17 géants du Canadien dont le chandail a déjà été retiré.

« C'est un honneur d'être avec lui. J'ai souvent eu des pensées pour Bernard Geoffrion pendant que je portais son numéro. »

Lapointe, gagnant de 6 coupes Stanley, est aussi détenteur du record de 28 buts en une saison par un défenseur du Canadien. La marque vieille de près de 40 ans semble à la portée d'un défenseur de la trempe de P.K. Subban.

« Subban peut réussir. Mais, en toute humilité, il est plus difficile de marquer des buts aujourd'hui, explique l'expert du jeu de puissance. Les gardiens sont plus gros, leur équipement aussi, et les défenseurs bloquent des tirs. Nous, à notre époque, on faisait tout pour les éviter! Ce n'est pas la même réalité... »

Il était une fois le Big Three

L'origine du surnom Big Three demeure un mystère aux yeux du défenseur.

« Franchement, je ne sais pas d'où ce surnom provient, déclare Lapointe un peu gêné. J'en discutais avec Serge récemment, et il ne le savait pas lui non plus. Je dirais qu'on nous a appelés le Big Three parce que Scotty ( Bowman) nous faisait toujours jouer dans les fins de matchs et pour écouler le temps durant les punitions. Il lui arrivait même de nous envoyer sur la glace tous les trois en même temps! Serge jouait à l'avant parce qu'il excellait avec sa grande portée. Jamais Scotty ne faisait allusion au Big Three. Il nous appelait par nos prénoms. »

Guy Lapointe a joué 14 saisons dans la LNH, dont 12 avec le Canadien. Il a aussi joué à la fin de sa carrière pour les Blues de St. Louis et les Bruins de Boston. En 894 matchs, il a inscrit 171 buts et 451 passes. Lapointe a réussi plus de 20 buts (28-21-25) lors de 3 saisons consécutives de 1974 à 1977. Il a aussi écopé d'un impressionnant total de 893 minutes de punitions.

« J'aimais faire sentir ma présence, mais je dirais que parfois je n'ai pas obtenu les résultats escomptés en jetant les gants », lance-t-il dans un éclat de rire.

Le joueur de tours

Il avait un sens de l'humour extrêmement développé qui faisait rire ou rager ses coéquipiers.

« J'aimais jouer des tours pour réduire la tension dans le vestiaire. Mais ça se tournait parfois contre moi. Les gars en profitaient pour régler des comptes, et c'était toujours Pointu qu'on blâmait le premier! »

Guy Lapointe aux côtés de Syl Apps, des Penguins de Pittsburgh, le 31 octobre 1973 au Forum de Montréal.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Guy Lapointe aux côtés de Syl Apps, des Penguins de Pittsburgh, le 31 octobre 1973 au Forum de Montréal.

Photo : Jean-Pierre Karsenty

Pointu, c'est ainsi que ses compagnons aimaient l'appeler. Un homme à la bonne humeur contagieuse qui entretient toujours la même passion pour son sport .

« Le hockey, c'est ma vie, dit-il. Je vais rester dans ce monde-là tant et aussi longtemps que j'aurai cette passion. J'aime le hockey. »

Guy Lapointe a serré ses patins depuis sa participation aux matchs des Anciens de la toute première Classique hivernale en 2003 à Edmonton.

Il ne les ressort que pour patiner à l'occasion avec ses petits enfants.

Observer les jeunes hockeyeurs demeure d'ailleurs sa priorité. Il ne compte plus ses visites dans les arénas du Canada, petits et grands, en quête d'une trouvaille.

Samedi, sur la grande scène du Centre Bell, de nombreux jeunes partisans du Canadien feront la découverte de Guy Lapointe.

Un défenseur qui, bien avant P.K. Subban, a ébloui les amateurs de hockey de Montréal.

Samedi, Guy Lapointe soulèvera la foule une dernière fois...

Le Canadien 2014-2015, au jeu!

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !