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Massimo Pacetti et Scott Andrews suspendus du caucus du Parti libéral du Canada

Massimo Pacetti et Scott Andrews suspendus du caucus du Parti libéral du Canada
Radio-Canada

Le leader libéral Justin Trudeau suspend deux députés du caucus de son parti après que ces derniers eurent fait l'objet d'allégations de « faute personnelle ».

Les deux députés en question sont Massimo Pacetti, député de Saint-Léonard-Saint-Michel au Québec depuis 2002, et Scott Andrews, député d'Avalon, à Terre-Neuve-et-Labrador depuis 2008. Ils ont nié les allégations d'inconduite portées contre eux.

Les députés Pacetti et Andrews ont tous deux réagi par des déclarations écrites.

Massimo Pacetti affirme avoir été informé de sa suspension mercredi matin par Justin Trudeau et ne pas avoir eu de détails concernant les allégations qui ont mené à ladite suspension. M. Pacetti soutient qu'il collaborera entièrement à l'enquête du Président de la Chambre des communes et il se dit convaincu d'être blanchi au terme de cette enquête.

De son côté, Scott Andrews réclame la tenue d'une enquête indépendante et a assuré de son entière collaboration. Scott Andrews se dit convaincu qu'un tel processus démontrera « qu'aucun harcèlement n'a eu lieu ». 

Les deux députés sont suspendus le temps qu'une enquête soit menée par la Chambre des communes. Justin Trudeau a affirmé que la candidature des députés Pacetti et Andrews aux prochaines élections fédérales était également suspendue, pour le moment.

Les allégations dont ils font l'objet visent des situations qui ne sont pas liées entre elles.

Les auteures des plaintes sont deux députées du NPD qui ne souhaitent pas rendre leur identité publique, a-t-on indiqué au NPD.

Le NPD fustige le Parti libéral 

Le NPD reproche au Parti libéral d'avoir victimisé une seconde fois les deux députées en dévoilant leur histoire au grand jour sans les en informer.

La whip néo-démocrate Nycole Turmel a déploré que les libéraux aient agi de façon unilatérale en rendant publique une lettre confirmant que deux députées avaient formulé des allégations à l'endroit de deux députés libéraux.

Cette façon de faire a « choqué » Mme Turmel, car les deux élues en question n'avaient pas été avisées que leurs démarches allaient être rendues publiques. « On a pris une décision politique [au Parti libéral] d'annoncer la suspension de deux députés, mais on n'a jamais pensé qu'il aurait fallu préparer les victimes », a-t-elle dit.

La nécessité d'agir

Le chef du PLC, Justin Trudeau, fait une déclaration aux médias après avoir suspendu deux députés de son caucus, en raison des allégations d'inconduite qui les frappent.Le chef du PLC, Justin Trudeau, fait une déclaration aux médias après avoir suspendu deux députés de son caucus, en raison des allégations d'inconduite qui les frappent. Photo : PC / Sean Kilpatrick

Je ne vais pas dire plus que ce sont des allégations de faute personnelle. [...] C'est une situation difficile, mais en tant que chef de parti, j'avais l'obligation d'agir. 

Justin Trudeau, chef du Parti libéral du Canada

Lorsqu'il s'est adressé aux journalistes, mercredi, Justin Trudeau a souligné qu'il s'agissait « d'allégations sérieuses ». Dans l'un des cas, a-t-il précisé, l'information lui a été transmise personnellement et directement le 28 octobre dernier par l'un des députés en cause. Il a alors immédiatement demandé à Judy Foote, la whip de son parti, d'aviser son homologue de l'autre parti des allégations qui lui avaient été transmises. 

Nous sommes en 2014, je suis conscient qu'il est difficile pour les gens de partager ces informations. [...] Nous avons le devoir de protéger les individus qui sont dans ces situations et de les encourager à dénoncer ces agissements. Le bénéfice du doute doit être donné à ceux qui partagent ces informations.

Justin Trudeau, chef du Parti libéral du Canada

Thomas Mulcair se dit « attristé »

À l'instar de Justin Trudeau, le chef du NPD Thomas Mulcair a rencontré les médias, mais très brièvement. Il s'est dit « profondément attristé » par ces allégations. Il a déclaré qu'il appartenait à tous les députés, de toutes formations politiques, d'agir pour que « la colline Parlementaire, comme tout lieu de travail, soit sécuritaire et libre de ces accrocs à la capacité de fonctionner » 

On a le droit de vivre dans un environnement de travail libre de harcèlement.

Thomas Mulcair, chef du Parti néo-démocrate

« Les femmes ont le droit de vivre dans un environnement de travail sécuritaire », a déclaré Thomas Mulcair avant d'ajouter que « tout le monde avait ce droit ». Il a aussi dit que, « pour des raisons évidentes », il ne formulerait pas davantage de commentaires, afin de respecter la vie privée des gens touchés par ces situations.

Une lettre au président de la Chambre des communes

Dans une lettre datée du 5 novembre adressée au président de la Chambre des communes, la whip du Parti libéral, Judy Foote, explique que dès le 29 octobre, elle a rencontré le whip du parti auquel appartiennent les deux plaignants et qu'ils ont convenu d'organiser des rencontres séparées avec les députés Pacetti et Andrews. Ces rencontres ont été tenues le 30 octobre. Judy Foote s'est également entretenue séparément avec les députés Pacetti et Andrews.

À ma connaissance, il n'y a pas de précédent en la matière ni de procédure établie pour une telle situation. La Chambre des communes a une procédure qui permet aux employés de l'administration de traiter les allégations de faute en milieu de travail, mais il n'existe aucune procédure pour traiter des plaintes entre des membres et des députés.

Judy Foote, whip du Parti libéral du Canada (PLC)

À la demande de Judy Foote, le président de la Chambre des communes, Andrew Scheer, a accepté de se pencher sur ces situations. M. Scheer a parlé de « comportement répréhensible » en ce qui a trait aux allégations portées contre les députés. Le président de la Chambre des communes a accepté de saisir le Bureau de régie interne, qui réunit des députés de tous les partis.

Très peu de mécanismes

Peu de mécanismes sont en place sur la colline du Parlement à Ottawa en ce qui a trait au traitement des plaintes en matière d'inconduite. Dans sa demande au président de la Chambre des communes, le PLC réclame qu'une tierce partie neutre, ayant la confiance de tous, soit mandatée pour traiter la situation actuelle, qui semble constituer un précédent. Tant Justin Trudeau que Thomas Mulcair ont d'ailleurs mis en lumière la nécessité d'établir des lignes directrices plus claires en la matière.

Avec les informations de Denis Ferland

Avec les informations de La Presse canadienne

Politique