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Rendez-vous historique avec une comète

Claude Bellefeuille et Jérémy Baudet.

Radio-Canada

Un atterrisseur va se poser en douceur sur une comète pour la première fois dans l'histoire de l'exploration spatiale. Le 12 novembre, si tout va bien, le robot laboratoire Philae se posera sur le noyau de la comète 67 P/ Tchouriumo-Guérassimenko, à des centaines de millions de kilomètres de la Terre.

Un texte de Charles TisseyreCourriel avec la collaboration de Jeannita RichardCourriel de Découverte

Philae sera parvenu jusque-là attaché au vaisseau spatial Rosetta, lors d'une mission hors du commun. En mars 2004, la sonde Rosetta de l'Agence spatiale européenne est lancée dans l'espace. Commence alors un formidable périple.

Un long voyage

Pendant 10 ans, Rosetta parcourt plus de 6 milliards de kilomètres dans le système solaire et fait cinq fois le tour du Soleil. Elle se sert de l'attraction gravitationnelle de Mars et de la Terre, qu'elle frôle à répétition, pour augmenter sa vitesse grâce à un effet de fronde. C'est une course de longue haleine pour rattraper la comète.

Chemin faisant, elle croise les astéroïdes Stein et Lutétia, rencontres qui lui permettent d'obtenir des images inédites de ces objets célestes.

Pour voir la vidéo du voyage de Rosetta sur votre appareil mobile, cliquez ici. (Nouvelle fenêtre)

Puis, période cruciale : Rosetta se met en mode hibernation pendant deux ans et demi durant le long parcours qui l'amène très loin du Soleil.

À cette distance, ses panneaux solaires ne peuvent pas recueillir assez de lumière pour alimenter en électricité tous ses systèmes.

La sonde ne garde en opération que les appareils les plus vitaux, dont son ordinateur de bord.

Durant cette période angoissante pour les chercheurs, il ne peut y avoir aucune communication entre la sonde et la Terre.

Un réveil attendu

Mais en janvier dernier, Rosetta reçoit la directive de se réveiller, ce qu'elle fait, après quelques hoquets, à la grande joie des responsables de la mission.

Elle réussit finalement à se placer sur la même orbite que la comète. En septembre dernier, elle se rapproche à seulement quelques dizaines de kilomètres et capte des images saisissantes.

Celles-ci révèlent une structure irrégulière dont la surface a été érodée par la chaleur du Soleil, au cours des nombreuses visites, dans le passé, de cette comète de courte période, au cœur du système solaire.

La comète provient de la ceinture de Kuiper, située juste au-delà de l'orbite de Neptune, la planète la plus éloignée du Soleil.

C'est une région en forme de disque composée surtout de nombreux corps glacés et de noyaux cométaires datant de la formation du système solaire, il y a 4,5 milliards d'années.

La trajectoire de la comète autour du Soleil s'étire jusqu'à l'orbite de Jupiter, en raison de la forte attraction gravitationnelle de la géante gazeuse.

Atterrir sur une comète

Lorsque Philae, le petit atterrisseur de 100 kilos, se détachera de Rosetta, mercredi, il tentera ce qui n'a jamais encore été réalisé : se poser sur le noyau d'une comète.

Pour ne pas risquer de rebondir et de se perdre dans l'espace, il se fixera à la surface à l'aide de harpons. Parmi sa dizaine d'instruments scientifiques, il y a une foreuse qui recueillera des échantillons.

Pendant le périple de plusieurs mois de la comète autour du Soleil, Philae et Rosetta travailleront en complémentarité.

Leurs nombreux appareils observeront et analyseront pour la première fois, sur place, les transformations d'un noyau cométaire projetant dans l'espace de plus en plus de particules de poussière, de vapeur d'eau et de gaz, tandis que la comète se rapprochera du Soleil.

Les scientifiques tenteront, en particulier, de déceler dans la chimie de la comète des molécules de carbone, précurseurs du vivant.

Probablement, les éjections de poussières seront si abondantes qu'elles endommageront Rosetta et Philae, qui cesseront de fonctionner.

Les scientifiques espèrent que les appareils pourront quand même, avant cela, percer certains des mystères de la formation du système solaire, de notre planète et peut-être même de l'avènement de la vie sur Terre.

Un objectif nommé Agilkia

Longtemps désigné comme le site « J » de la comète Tchourioumov-Guérassimenko, le lieu d'atterrissage du robot Philae se nommera désormais Agilkia. Le nom d'Agilkia a été choisi à l'issue d'un concours organisé par l'Agence spatiale européenne (ASE) et les agences spatiales allemande, française et italienne.

Comme les noms Rosetta et Philae, il fait à nouveau référence à l'Égypte. Agilkia est une île sur le Nil, sur laquelle ont été déplacés depuis les années 70 les temples de l'île de Philae, menacés par les eaux après la construction du barrage d'Assouan.

Le nom d'Agilkia a été proposé par plus de 150 participants au concours, sur plus de 8000 propositions venues de 135 pays.

C'est un Français, Alexandre Brouste, qui a remporté le concours. Il sera invité le 12 novembre au Centre européen d'opérations spatiales de l'ASE à Darmstadt, en Allemagne, pour suivre en direct l'atterrissage de Philae sur la comète.

Pour voir la vidéo sur votre appareil mobile, cliquez ici. (Nouvelle fenêtre)

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