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Les Canadiens ayant recours aux banques alimentaires de plus en plus nombreux

La banque alimentaire de Whitehorse au Yukon.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le recours aux banques alimentaires est toujours en hausse au pays, selon Bilan-Faim, l'étude annuelle de l'organisme Banques alimentaires Canada.

Selon le rapport, le pourcentage de personnes ayant recours aux banques alimentaires canadiennes a augmenté de 1 % par rapport à la même période en 2013, ce qui donne une augmentation de 25 % depuis 2008.

C'est donc désormais 840 000 personnes par mois au pays qui reçoivent des denrées et d'autres formes de soutien.

De ce nombre, on compte 157 000 Québécois.

Selon l'étude :

  • 43 % des utilisateurs de banques alimentaires sont des personnes seules;
  • les enfants constituent 37 % des personnes aidées par les banques alimentaires;
  • un bénéficiaire sur six des banques alimentaires a un revenu d'un emploi actuel ou récent.
Dany Michaud, directeur général de Moisson MontréalAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Dany Michaud, directeur général de Moisson Montréal

Photo : Radio-canada.ca

En entrevue à Radio-Canada, Dany Michaud, directeur général de Moisson Montréal, indique que l’on observe une certaine stabilisation du nombre d'usagers depuis trois ans, après la hausse marquée de la fréquentation dans la foulée de la récession de 2008.

« On ne reprend pas ce manque à gagner là de toutes ces années », s’inquiète M. Michaud, qui note que le visage de la faim change.

Ainsi, de plus en plus de travailleurs à faible revenu et de personnes âgées sont touchés par la faim.

Seulement sur l’île de Montréal, quelque « 140 000 personnes, dont 40 000 enfants sont touchés. » Au deuxième rang des personnes qui ont recours aux banques alimentaires figurent des gens qui ont un emploi, explique M. Michaud. 

Chaque mois, 90 000 Canadiens font appel à une banque alimentaire pour la première fois.

Cette situation accentue la pression sur les banques alimentaires, notamment en période de crise.

Lorsque l’économie va mal, la demande augmente et les dons baissent. 

Dany Michaud, directeur général de Moisson Montréal

Cela devient très difficile pour nous de répondre aux besoins des usagers, ajoute M. Michaud.

En conférence de presse, le gestionnaire principal de Banques alimentaires Canada, Philippe Ozga, a déploré la pauvreté qui sévit au pays. « Dans un pays aussi riche que le nôtre, pourquoi est-ce que des centaines de milliers de Canadiens ont besoin des banques alimentaires? » a demandé M. Ozga.

Pour Banques alimentaires Canada, cela s'explique par des centaines de milliers d'emplois mal rémunérés, des formes de soutien inadéquates pour les personnes sans emploi et le manque de possibilités de formation pour les Canadiens.

L'organisme demande donc aux gouvernements fédéral et provinciaux de mettre en place des mesures pour mieux aider les personnes qui vivent dans la pauvreté.

« Si nous ne changeons pas notre approche envers le problème, le problème ne changera pas », a souligné Philippe Ozga.

Le rapport de Banques alimentaires Canada recommande aux gouvernements :

  • d'investir dans des logements à prix modique;
  • de s'attaquer au niveau élevé d'insécurité alimentaire dans le Nord canadien;
  • de remplacer l'aide sociale par un revenu de base administré par l'entremise du régime fiscal;
  • d'apporter une aide plus efficace aux familles à faible revenu avec des enfants, en remplaçant le « méli-mélo » actuel des prestations fédérales pour enfants par une seule prestation, plus simple;
  • d'aider les Canadiens à faible niveau d'alphabétisation à améliorer leurs compétences en fonction des emplois d'aujourd'hui.

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