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Classe moyenne : l'éclatement du modèle familial

Photo : iStock Photo

Radio-Canada

Pour décrire la classe moyenne, les médias, les politiciens ont l'habitude d'utiliser une image plutôt traditionnelle, soit deux parents et des enfants. Mais des travaux réalisés à l'Université de Sherbrooke démontrent que la classe moyenne est aujourd'hui loin d'être aussi homogène.

Un texte de Vincent MaisonneuveTwitterCourriel

Si en 1976 la moitié des familles qui constituaient la classe moyenne étaient formées de deux parents avec enfants, c'est loin d'être le cas aujourd'hui. De nos jours, le quart de la classe moyenne est composé de familles qui comptent deux parents et des enfants.

  • À 28,5 %, les couples sans enfants sont plus nombreux que dans les années 70 (23,6 %).
  • La classe moyenne est également de plus en plus constituée de personnes seules.
  • À 27,7 %, les ménages d'une personne sont maintenant plus nombreux que les familles biparentales (25 %).
  • La proportion de familles monoparentales est passée de 5,7 % en 1976 à 18,7 % en 2010.

« Ce que l'on a, c'est un métissage. Ce n'est pas ce qu'on avait au milieu des années 1970 », explique François Delorme, un des auteurs de l'étude.

Avec une classe moyenne aussi diversifiée, élaborer des politiques publiques visant à soutenir cette classe moyenne devient un exercice beaucoup plus complexe.

À qui doit-on donner une réduction d'impôt si on veut viser la classe moyenne. Nous n'avons plus un groupe homogène qui représente la moitié de la classe moyenne, mais plusieurs groupes qui réagissent différemment aux politiques publiques.

François Delorme, un des auteurs de l'étude

Depuis 40 ans, l'intervention de l'État s'est avérée nécessaire pour maintenir le pouvoir d'achat de la classe moyenne. La redistribution de la richesse par l'entremise des impôts, des transferts, des allocations et des programmes sociaux a permis à la classe moyenne de maintenir, voire d'augmenter son pouvoir d'achat au fil du temps.

Le revenu disponible de la classe moyenne ajusté à l'inflation, son pouvoir d'achat, a crû de 1 % par année depuis 1976. En comparaison, le revenu de marché, qui ne tient pas compte de l'intervention de l'État, a stagné.

Quand on tient compte de ce que nous, les économistes, appelons le revenu disponible, eh bien la classe moyenne est plus importante aujourd'hui que dans les années 1970 en raison des politiques du gouvernement.

François Delorme, un des auteurs de l'étude

François Delorme souligne que les politiques publiques québécoises « ont joué un rôle important pour conserver le pouvoir d'achat et le niveau de vie des gens de toutes catégories. Quand on tient compte du revenu après les impôts et les transferts, depuis les années 1970, que vous soyez une famille monoparentale, une personne seule ou un couple avec ou sans enfant, le revenu disponible a augmenté. »

Pour voir le graphique sur l'évolution de la composition de la classe moyenne sur votre appareil mobile, cliquez ici. (Nouvelle fenêtre)

Si au net le pouvoir d'achat augmente, d'où vient cette perception voulant que la classe moyenne s'appauvrisse? « Si on a atteint un niveau d'endettement et que l'on doit rembourser ses dettes, eh bien c'est peut-être pour cela que l'on se sent plus appauvri même si notre revenu tend à augmenter. »

Selon le chercheur, si la classe moyenne a le sentiment de s'être appauvrie, c'est essentiellement parce que le crédit facile la pousse à consommer plus qu'avant.

Mauricie et Centre du Québec

Économie