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Élections scolaires : un taux de participation qui frôle l'indifférence

Taux de participation anémique aux élections scolaires
Radio-Canada

Si certains doutaient encore de l'indifférence des électeurs envers les élections scolaires, l'annonce du taux de participation vient clore le débat. On apprend ce matin que le taux de participation pour l'ensemble du Québec atteint 4,86 %, un taux encore moins élevé qu'aux dernières élections en 2007, où il atteignait un peu moins de 8 %.

Dans les commissions scolaires francophones, il atteint 4,85 %, et 17,26 % dans les commissions anglophones.

À la Commission scolaire de Montréal (CSDM), seuls 4,82 % des électeurs inscrits se sont prévalus de leur droit de vote. La présidente sortante de la CSDM, Catherine Harel-Bourdon, qui est en guerre ouverte avec le gouvernement Couillard depuis des mois, a été réélue, de même que tous les candidats de son parti, le Mouvement pour une école moderne et ouverte (MEMO).

La participation a également été anémique dans plusieurs autres commissions scolaires, comme celle de la Capitale, à Québec (3,9 %), celle des Draveurs, en Outaouais (3,2 %), ou celle des Patriotes, en Montérégie (5,58 %).

Elle a toutefois été beaucoup plus forte à la Commission scolaire English-Montréal : 21,2 % des électeurs inscrits se sont prononcés. Ils ont réélu Angela Mancini à la présidence pour un second mandat. L'ex-animatrice Anne Lagacé Dawson, qui se présentait contre elle, a mordu la poussière.

Une élection déterminante pour l'avenir du système scolaire 

Le ministre de l'Éducation Yves Bolduc, qui a laissé entendre le mois dernier que le taux de participation à ces élections pourrait être crucial pour l'avenir des commissions scolaires, est tout de même allé voter.

Rappelons qu'Yves Bolduc, qui étudie la possibilité d'abolir ou de réformer en profondeur les commissions scolaires au Québec, avait prévenu les Québécois au début d'octobre que le taux de participation à ces élections serait déterminant pour l'avenir de cette structure.

Or, avec près de 50 % moins de votes exprimés cette année par rapport à 2007, il semble que les électeurs se soient exprimés sur la question par leur silence et leur absence dans les bureaux de vote.

5 184 300 : le nombre d'électeurs inscrits sur les listes électorales des commissions scolaires et des circonscriptions en élection

72 commissions scolaires au Québec : 60 francophones, 9 anglophones et 3 à statut particulier (Kattivik, du Littoral et Baie-James)

20 millions de dollars : coût des élections scolaires cette année au Québec

L'idée de Philippe Couillard était faite

Même s'il affirmait surveiller de près ces élections, le premier ministre Philippe Couillard a annoncé dimanche, le jour même du vote, qu'il comptait revoir en profondeur le mandat des différents paliers de décision du réseau scolaire.

Des déclarations qui ont provoqué la colère de la présidente de la fédération des commissions scolaires, Josée Bouchard, qui accuse le premier ministre Couillard d'avoir influencé les résultats en annonçant en pleine journée de vote une réforme du mandat et des responsabilités des commissions scolaires.

D'habitude, un jour d'élection, quand on est respectueux, moi je n'ai jamais vu ça. Dans n'importe quelle élection, on laisse les gens voter, et on ne fait pas des déclarations comme il [Philippe Couillard] a fait hier.

Josée Bouchard, présidente de la Fédération des commissions scolaires

20 millions de dollars gaspillés, déplore François Legault 

Les députés de la Coalition avenir Québec ont décidé de  boycotter les prochaines élections scolairesLes députés de la Coalition avenir Québec ont décidé de boycotter les prochaines élections scolaires Photo : Radio-Canada/Luc Lavigne

Questionné sur le faible taux de participation aux élections scolaires d'hier sur les ondes d'ICI RDI, le chef de la CAQ, François Legault, n’était nullement surpris de ces résultats. Affirmant même ne pas avoir été voter, comme l'avaient d'ailleurs déclaré les députés de son parti. 

« Fallait s'y attendre, les gens ne s'intéressent pas aux élections scolaires. Je regarde dans mon quartier, je ne voyais pas les différences entre les programmes des candidats. Donc moi je ne suis pas allé voter. Je ne voyais pas l'utilité d'aller voter », a expliqué François Legault.

« Je pense que M. Couillard est en train de se rendre à l'évidence, on a encore dépensé 20 millions de dollars hier. M. Couillard aurait pu empêcher ça. Il a manqué de leadership », a déclaré le chef de la CAQ, qui souligne que les libéraux, en envisageant l'abolition des commissions scolaires, reprennent une promesse faite par les caquistes en campagne électorale.

« Ce que je comprends de M. Couillard, c'est qu'il va se rallier à la proposition de la CAQ, c'est-à-dire d'abolir les commissions scolaires »

Monsieur Couillard va finir par payer un prix politique pour avoir dit une chose avant l'élection et de faire le contraire après l'élection. Mais pour le bien des Québécois, moi j'aime ça que M. Couillard continue de copier le programme de la CAQ.

François Legault, chef de la Coalition avenir Québec

Rappelons que c'est le chef de l'Action démocratique du Québec (ADQ), Mario Dumont, qui a le premier évoqué l'abolition des commissions scolaires en 2007. À l'époque, l'idée avait provoqué un tollé et avait été rejetée d'emblée, voire ridiculisée, par le chef du Parti libéral du Québec de l'époque, Jean Charest.

Mario Dumont avait même été accusé à l'époque par ses détracteurs de vouloir « semer le chaos » au Québec en tenant un tel discours.

Grand Montréal

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