•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Gouvernance régionale : consternation dans l'Est

Le CLD Rimouski-N?eigette.
Le centre local de développement (CLD) Rimouski-N?eigette.

Les centres locaux de développement (CLD), les conférences régionales des élus (CRÉ) et les pactes ruraux sont voués à disparaître dans la proposition de gouvernance régionale du gouvernement du Québec.

Cette entente inclue dans le nouveau pacte fiscal « transitoire » est approuvée par les municipalités et doit être signée dans les prochains jours.

Dans ce projet, les municipalités régionales de comté (MRC) deviennent les seules responsables du développement économique et du soutien à l'entrepreneuriat de leur territoire. 

Michel LagacéMichel Lagacé parle d'un jour très sombre pour les régions.

« Je vous dirais que ça coupe le souffle. C'est comme un coup dans le plexus solaire pendant que tu es en train de boxer et que tu ne t'y attends pas », évoque le président de la CRÉ du Bas-Saint-Laurent, Michel Lagacé.

Selon lui, les grandes perdantes sont les régions qui seront privées d'outils qui ont fait leur preuve et d'une bonne partie de leurs budgets.

Pourtant chez nous, la CRÉ est à l'origine de bien des réalisations : sans CRÉ, pas de parc régional éolien, probablement pas de Service de recherche et d'expertise en transformation des produits forestiers, pas de Centre de développement et de recherche en imagerie numérique...

Michel Lagacé, président de la CRÉ du Bas-Saint-Laurent

Les élus de Sept-Îles et Port-Cartier, sur la Côte-Nord, témoignent eux aussi de leur inquiétude face à cette réorganisation. 

« Possiblement au niveau du dédoublement de certaines de ces structures-là, [...] on avait sans doute des efforts à faire », convient le maire de Sept-Îles, Réjean Porlier. Il redoute cependant que la réorganisation des CRÉ et des CLD entraîne des pertes d'emplois et de compétence :

« La résultante de tout ça, est-ce que ce sera pas tout simplement moins de services en région, moins de moyens en région ? Pour plus de centralisation ? En tout cas, ça m'inquiète. Je suis pas... je suis loin d'être convaincu que les sommes récupérées vont toutes être redistribuées », fait-il valoir.

La mairesse de Port-Cartier, Violaine Doyle, se dit néanmoins d'accord avec la formule proposée par Québec « si le gouvernement, dans ses propositions, a une ouverture pour faire preuve d'innovation. [Par exemple], laisser au milieu la formule : on sait combien on a de millions de dollars, on sait quels sont nos défis prioritaires, donc on s'organise pour que chacun des milieux tire son épingle du jeu ».

Mme Doyle plaide donc pour une certaine souplesse, en raison des réalités que vivent les régions comme la Côte-Nord.

Les CLD désemparés

La proposition du gouvernement signe également l'arrêt de mort des 120 CLD du Québec. Le directeur général du CLD de Rimouski-Neigette, Jean Létourneau, se dit inquiet pour le développement régional, parce que les CLD sont, selon lui, des organismes indépendants des pouvoirs locaux et qui offrent des services aux entrepreneurs de façon objective.

« La MRC va devoir reconstruire une structure : on efface une structure pour en créer une autre », tranche-t-il « Il va s'écouler quelques années pour reconstruire une expertise, quelques années pour reconstruire une crédibilité dans le milieu dans le milieu des affaires, dans le milieu socio-économique à Rimouski. On va démoraliser tous les acteurs socio-économique le temps de cette reconstruction-là, pis on va perdre quelques années à refaire ce qui existe déjà », prévoit M. Létourneau.

Ce sont, selon lui, plus de 500 entreprises qui ont été appuyées par le CLD de Rimouski-Neigette au cours des six dernières années, ce qui a aidé à la création de mille emplois.

Le budget des MRC passera par ailleurs de 72 millions de dollars à 32 millions de dollars. Ce qui laisse l'Association des CLD du Québec perplexe quant leur capacité à livrer la même qualité de service aux entrepreneurs sans l'expertise des CLD et avec la moitié moins de budget.

Le président Yves Maurais en a d'ailleurs appelé « au premier ministre Philippe Couillard afin que son gouvernement ne sacrifie pas un réseau performant dédié au développement local au nom de l'atteinte du déficit zéro ». « Il serait irresponsable de ne pas mesurer les impacts économiques d'un tel geste », a-t-il conclu.

Selon l'ACLDQ, plusieurs dangers guettent les régions advenant la mise en place d'un tel plan de match :
• La perte d'expertise sur le terrain par la diminution du niveau de service ;
• Un abandon des entreprises et des entrepreneurs dans leur projet de démarrage ou de croissance ;
• Un effet négatif sur la création d'emplois en stagnation partout au Québec ;
• Une perte de la sensibilisation à l'entrepreneuriat.

Est du Québec

Société