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Que fait exactement le commissaire scolaire que vous élisez?

Des affiches de candidats aux élections scolaires

Des affiches de candidats aux élections scolaires

Photo : Radio-Canada/Anne-Louise Despatie

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Avez-vous déjà rencontré votre commissaire scolaire? Savez-vous ce qu'il a fait pour votre quartier? Bien souvent, la réponse est non. Le rôle du commissaire scolaire est méconnu. Il est aussi assumé de façon inégale. Au moment où les Québécois sont invités à en choisir de nouveaux, l'avenir de cette fonction est remise en question.

Un reportage de Myriam Fimbry TwitterCourriel à Désautels le dimanche

Manon Nadeau, une mère de deux enfants à L'Île-des-Sœurs, voit le commissaire scolaire comme un député. « Il doit nous représenter, dit-elle. Moi, ce que je déplore un peu, c'est qu'ils ne sont pas assez près de la population. Ils devraient avoir une plus grande visibilité. »

« Je ne l'ai jamais vu. Je ne sais pas où il est », avoue Daniel Boisvert, un père de cinq enfants qui a plutôt l'habitude de s'adresser au directeur d'école ou aux enseignants lorsqu'il a quelque chose à dire ou une question à poser.

Être à l'écoute

Les commissaires scolaires ont pourtant un rôle important à jouer dans leur communauté. Ils siègent au conseil des commissaires, le « gouvernement élu » de leur commission scolaire. Ce sont eux qui prennent les décisions, comme définir des priorités et des objectifs, répartir les ressources disponibles, etc. En tant qu'élus, ils ont le devoir d'être à l'écoute de leurs milieux et des besoins des élèves.

Concrètement? Le commissaire scolaire Pierre Labrosse représente la circonscription de Verdun-Centre à laCommission scolaire Marguerite-Bourgeois (CSMB), qui compte 21 commissaires. À ce titre, il représente trois écoles primaires publiques, une école secondaire et un centre d'éducation des adultes.

Je défends mon quartier, que ce soit au niveau des bibliothèques ou des toitures qui coulent. Je mets de la pression.

Une citation de :Pierre Labrosse, commissaire scolaire depuis 20 ans

Pierre Labrosse joue le rôle d'intermédiaire. Il recueille les préoccupations des parents, qui peuvent le « joindre en tout temps ». Le quartier Verdun n'est pas très riche. « Je travaille avec ma communauté, la Ville, la police, les pompiers. Je peux leur proposer par exemple une soirée spaghetti pour une collecte de fonds qui servira à financer des sorties pour les enfants. »

Le sommeil des ados

Voici un autre exemple, dans un milieu plus favorisé, dans l'ouest de l'île. Après toute une vie consacrée à l'éducation, Guy Allard termine son dernier de mandat de commissaire de Dollard-des-Ormeaux, à l'âge de 85 ans.

Guy Allard, 85 ans, commissaire scolaire sortant de Dollard-des-Ormeaux, rencontré à l'école secondaire des Sources, décorée pour l'Halloween.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Guy Allard, 85 ans, commissaire scolaire sortant de Dollard-des-Ormeaux, rencontré à l'école secondaire des Sources, décorée pour l'Halloween.

Photo : Myriam Fimbry

Il raconte qu'en 1995, il a réussi à convaincre le conseil des commissaires de faire changer l'horaire de quatre écoles secondaires francophones pour permettre aux ados de dormir un peu plus le matin.

Pour écouter cet extrait sur votre appareil mobile, cliquez ici (Nouvelle fenêtre).

Énormes différences 

L'implication des commissaires est toutefois inégale. « Il y a d'énormes différences », estime une nouvelle candidate dans la CSMB, Véronique Tremblay. « Pour en avoir côtoyé plusieurs en tant que parent, il y a des commissaires scolaires qu'on voit peu, qui sont peu présents, qui s'en occupent moins. Mais il y a des commissaires scolaires qui sont extrêmement dévoués, qui font vraiment une différence. »

On a un rôle très important, mais il faut le prendre en main. Un commissaire doit être une personne de terrain. Et non juste être un élu et gérer un budget.

Une citation de :Pierre Labrosse, commissaire scolaire depuis 20 ans

Une remise en question

Les élections scolaires du 2 novembre auront un caractère déterminant, a prévenu le ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, le 3 octobre. Sans dire clairement ce qu'il comptait faire, il a indiqué qu'il s'attendait à un taux de participation plus élevé que la dernière fois (7,8 % en 2007).

Si les commissions scolaires sont importantes pour vous, si la démocratie scolaire est importante pour vous, vous devriez aller voter et on va constater les résultats après.

Une citation de :Yves Bolduc, ministre de l'Éducation

L'avertissement a mis la Fédération des commissions scolaires sur la défensive. « Ce serait dommage », a dit sa présidente, Josée Bouchard, « qu'un gouvernement puisse prendre une décision simplement sur le taux de participation. La légitimité n'est pas basée uniquement là-dessus. »

Parmi les hypothèses sur la table figure l'éventualité d'une abolition des élections scolaires, et donc des postes de commissaires scolaires. La représentation pourrait être assurée par des personnes issues des conseils d'établissement des écoles, par exemple.

Avenir des commissions scolaires

L'avenir même des commissions scolaires est en jeu. À l'heure des compressions budgétaires, leur mandat pourrait être revu. Certaines d'entre elles pourraient fusionner. Le ministre ne cache pas son intention de décentraliser les pouvoirs. Il compte déposer un projet de loi en novembre.

Les directions d'école réclament de leur côté plus d'autonomie pour les questions reliées à la pédagogie et à la réussite des élèves. Mais elles s'entendent pour dire que les commissions scolaires jouent un rôle essentiel et plus efficace dans d'autres domaines, comme le transport scolaire, la gestion des bâtiments, les conventions collectives.

Quartiers riches, quartiers pauvres

Un travail important d'une commission scolaire consiste aussi à assurer une certaine « péréquation » entre quartiers pauvres et quartiers riches.

« Dans un milieu riche, les parents sont très structurés, ils savent comment aller chercher de l'argent », explique Charles Côté, qui a été pendant six ans le conseiller politique de l'ex-présidente de la Commission scolaire de Montréal, Diane de Courcy. « Dans les milieux pauvres, non. Ces moyens-là, les commissions scolaires peuvent les accorder, sinon c'est un free for all, au plus fort la poche. Ce sont les mieux structurés, les plus nantis qui obtiennent plus. »

Écoutez le reportage radio de Myriam Fimbry diffusé à Désautels le dimanche sur ICI Radio-Canada Première

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