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Fantasmes sexuels : êtes-vous normal?

Un couple

Photo : iStockphoto

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La nature des fantasmes sexuels de la population générale est maintenant mieux cernée grâce à une étude réalisée à l'Institut Philippe-Pinel de Montréal, affilié à l'Université de Montréal.

À ce jour, plusieurs théories de la déviance sexuelle intègrent la notion de fantasmes atypiques. Toutefois, la littérature scientifique ne décrit pas ce que représente concrètement ce type de fantasme. En Amérique du Nord, la 5e édition du Manuel statistique et diagnostique des troubles mentaux (DSM-5) réfère à des fantasmes « anormaux », alors que l'Organisation mondiale de la santé parle de fantasmes « inhabituels » pour les définir.

Qu'est-ce qu'un fantasme sexuel anormal? Sur le plan clinique, il est assez facile de définir un fantasme sexuel pathologique, puisqu'il implique habituellement des partenaires non consentants, il induit une souffrance ou encore il est absolument nécessaire pour obtenir satisfaction. Mais à part cela, qu'est-ce qu'un fantasme anormal ou atypique au juste ?

L'équipe de recherche a voulu spécifier la norme en matière de fantasmes sexuels, étape essentielle à la définition de pathologie.

Pour ce faire, elle a demandé à 1517 adultes (799 hommes et 718 femmes; âge moyen de 30 ans) québécois de répondre à un questionnaire décrivant leurs propres fantasmes sexuels, en plus de décrire en détail leur fantasme favori.

Les résultats montrent que :

  • La nature des fantasmes sexuels est variée parmi la population générale. Très peu de fantasmes peuvent être considérés comme statistiquement rares, inhabituels ou typiques (voir lexique).
  • Les hommes ont plus de fantasmes et les rapportent avec une plus grande intensité que les femmes.
  • Une proportion importante de femmes (30 % à 60 %) évoque des thèmes associés à la soumission (ex. être attachée, être tapée sur les fesses, être forcée à avoir une relation sexuelle, etc.).
  • Contrairement aux hommes, les femmes, en général, distinguent bien les fantasmes des souhaits. Ainsi, plusieurs d'entre elles qui expriment des fantasmes de soumission plus extrêmes (ex. : se faire prendre par un inconnu dominant) spécifient ne jamais vouloir qu'ils se réalisent. Tandis que les hommes, en majorité, voudraient bien réaliser leur fantasme.
  • La présence du partenaire amoureux est sensiblement plus grande au sein des fantasmes féminins qu'au sein des fantasmes masculins.
  • Les hommes en couple fantasment beaucoup plus à propos de relations extraconjugales que les femmes en couple.

L'un des résultats particuliers de l'enquête concerne le nombre non négligeable de fantasmes masculins particuliers, par exemple les shemales, le sexe anal chez les hétérosexuels et l'idée de regarder sa partenaire avoir une relation sexuelle avec un autre homme.

Les chercheurs mènent actuellement des analyses statistiques avec les mêmes données afin de démontrer l'existence de sous-groupes homogènes de personnes en fonction de combinaisons de fantasmes. Par exemple les gens qui ont des fantasmes de soumission rapportent souvent aussi des fantasmes de domination. Ces deux thèmes ne sont donc pas exclusifs, bien au contraire. Ils semblent aussi associés à un niveau plus élevé de satisfaction générale.


Le détail de ces travaux est publié dans le Journal of Sexual Medicine.

Lexique

  • Fantasmes rares. Par exemple : avoir une relation sexuelle avec un jeune enfant ou avec un animal
  • Fantasmes inhabituels. Par exemple : uriner sur son partenaire sexuel; porter des vêtements du sexe opposé; avoir une relation avec un prostitué; abuser d'une personne en état d'ébriété
  • Fantasmes typiques. Par exemple : avoir des relations sexuelles dans un endroit romantique (féminin); recevoir du sexe oral ou avoir une relation avec deux femmes (masculin).

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