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Julie Miville-Dechêne révèle avoir été victime d’une agression sexuelle

Le reportage de Geneviève Milord
Radio-Canada

Invitée à l’émission Pas de midi sans info pour commenter la polémique sur les agressions sexuelles contre les femmes dans le sillage de l’affaire Ghomeshi, la présidente du Conseil du statut de la femme (CSF), Julie Miville-Dechêne, a révélé avoir été victime d’une agression sexuelle pendant son adolescence.

Mme Miville-Dechêne n’a pas dénoncé son agresseur, qu'elle n'a pas identifié. Elle ne s'est pas attardée non plus sur les circonstances de cette agression.

J’ai beaucoup d’admiration pour ces femmes [qui dénoncent les agressions sexuelles], parce que moi-même j’ai été agressée. Je n’en ai jamais parlé. Quand j’ai été adolescente. Dans ma famille, une autre personne aussi. Donc, ce qu’il faut comprendre c’est que c’est répandu et qu’on ne dénonce pas, parce qu’on se dit suffisamment forte, parce qu’on veut passer à autre chose, parce qu’on ne veut pas se donner en spectacle.

Julie Miville-Dechêne

La présidente du CSF est convaincue que le silence doit être brisé aujourd’hui, car il « perpétue l’idée qu’il n’y a pas de problème, que les femmes sont égales aux hommes. C’est un sujet, évidemment, qui est très sensible pour moi. Je crois qu’il est plus que temps d’essayer de changer les mentalités et particulièrement les stéréotypes qui sont à la base de ça ». 

Une affaire d'hommes aussi

Il faut que les hommes prennent en charge cette chose. Il y a une campagne qui s’appelle « He for She » qui a commencé au niveau international, qui est intéressante, mais plus près de nous, il faut que les hommes, comme vous, comme les autres hommes, parlent à leurs garçons, que dans les écoles, on explique aux jeunes garçons que ce n’est pas ça d’être un homme. 

Julie Miville-Dechêne

Julie Miville-Dechêne estime que « les hommes doivent participer à la solution. Ça ne peut être qu’une affaire de femmes, qu’une affaire de la présidente du Conseil du statut de la femme qui s’en va sur les tribunes dénoncer la violence ».

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La peur de dénoncer

Revenant sur les agissements présumés de l'ex-vedette de CBC Jian Ghomeshi à l'encontre de femmes, la présidente du CSF trouve que « c'est particulièrement troublant, parce que ça nous montre que nous ne vivons certainement pas dans une société égalitaire [...]. Et c'est le révélateur le plus dramatique de cette inégalité ».

Saluant le courage des femmes qui ont rompu le silence, elle affirme que « ce n'est pas facile de prendre la parole. Justement, on est dans une société où l'actrice voulait continuer sa carrière, parce que Ghomechi en mène large, parce que dans le milieu culturel, tout le monde se connaît. Alors l'idée de dénoncer en devient soudain radioactive : plus personne ne veut nous embaucher ».

Les vedettes ont tendance à croire que tout leur est dû. Et c'est du pouvoir. Pensons à DSK [Dominique Strauss-Kahn, ex-directeur du FMI, NDLR], c'est la même chose. Il se croyait tout permis, il se croyait au-dessus des lois. C'est l'impunité.

Julie Miville-Dechêne

Société