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Burkina Faso : la rue a raison de Compaoré

Des manifestants de l'opposition dans les rues de Ouagadougou.

Photo : Joe Penney / Reuters

Radio-Canada

Des milliers de manifestants, qui ne décoléraient pas dans les rues de Ouagadougou, au Burkina Faso, ont obtenu ce qu'ils réclamaient depuis maintenant trois jours : la démission du président Blaise Compaoré.

La tentative du président de faire modifier la Constitution de manière à pouvoir se représenter aux élections de 2015 aura été la goutte qui a eu raison de la patience de la population. Des violences ont éclaté, hier, lorsque le gouvernement a tenté de tenir un vote sur un amendement à la Constitution qui aurait permis à M. Compaoré de briguer un nouveau mandat après 27 ans de règne.

Dans une allocution à la radio et la télévision nationales, le président Compaoré avait déclaré, jeudi soir, qu'il était toujours aux commandes du pays, et qu'il ne démissionnerait pas. Il avait également annoncé l'ouverture de négociations avec l'opposition et a appelé cette dernière à mettre fin aux manifestations.

Cette initiative avait aussitôt été rejetée par l'opposition, qui a appelé à la poursuite du mouvement de protestation.

Devant la montée en puissance de ce mouvement populaire de contestation, l'armée burkinabée a dissous jeudi l'Assemblée nationale et le gouvernement du pays à la demande du président Compaoré.

L'armée a également imposé un couvre-feu nocturne dans l'ensemble du pays à la suite des émeutes et des saccages de jeudi qui ont fait une trentaine de morts et des dizaines de blessés, selon l'opposition.

Le pouvoir sera quant à lui assumé par un gouvernement de transition qui sera en place pendant 12 mois, a annoncé l'armée burkinabée sans préciser qui ferait partie de ce gouvernement provisoire et qui le dirigera.

Des agents de police arrêtent un manifestant à Ouagadougou.

Des agents de police arrêtent un manifestant à Ougadougou.

Photo : Joe Penney / Reuters

Le général Honoré Traoré, chef des forces armées, a seulement évoqué la tenue de négociations impliquant toutes les formations politiques du pays en vue de constituer ce gouvernement intérimaire qui sera chargé d'organiser des élections démocratiques d'ici l'an prochain.

Un coup d'État dénonce l'opposition

Le départ du pouvoir du président Blaise Compaoré est « un préalable non négociable » à toute négociation avec le pouvoir, a affirmé jeudi Bénéwendé Sankara, un ténor de l'opposition, qui a qualifié de « coup d'État » la prise de pouvoir de l'armée.

Saccage du parlement

Jeudi, des milliers de manifestants en colère ont pris d'assaut et incendié le parlement à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso. C'est le dépôt, par le gouvernement, d’un projet de réforme constitutionnelle qui a mis le feu aux poudres. Le gouvernement a dû retirer son projet de révision constitutionnelle en catastrophe devant le tollé provoqué par cette proposition.

Ce texte controversé aurait permis au président Compaoré, au pouvoir depuis 27 ans, de briguer un nouveau mandat alors que la Constitution, rédigée en 2000, limite à deux quinquennats le nombre de mandats présidentiels.

Les manifestants en colère ont également investi le siège de la télévision publique, la contraignant de cesser d'émettre, tout comme la radio nationale.

L'ambassade canadienne à Ouagadougou a dû fermer temporairement ses portes.

Le président Blaise Compaoré a pris le pouvoir au Burkina Faso le 15 octobre 1987, à la faveur d'un coup d'État. Une Constitution a été mise en place en 1991 et M. Compaoré assure deux mandats de sept ans, des septennats. Une nouvelle Constitution est adoptée en 2000, limitant le nombre de mandats présidentiels à deux, en plus de ramener leur durée de sept à cinq ans.

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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