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Des réactions discordantes au projet d'oléoduc Énergie Est

Le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand.
Le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand.
Radio-Canada

Le dépôt du projet d'oléoduc de TransCanada pour transporter du pétrole albertain vers l'est suscite des réactions divisées à travers le pays.

Appelé Énergie Est, le projet de 12 milliards de dollars, qui passe par six provinces, vise à convertir un gazoduc existant et construire un oléoduc, au Québec et au Nouveau-Brunswick, pour transporter le pétrole de l'Ouest canadien vers de nouveaux marchés.

TransCanada l'a officiellement soumis à l'Office national de l'énergie du Canada jeudi. 

Le ministre québécois de l'Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand, a fait valoir qu'il avait l'intention d'obtenir des évaluations complètes et rigoureuses sur le projet avant de se prononcer.

Si le projet se réalise, il devra générer de justes retombées pour les collectivités québécoises, et ce, dans le respect de la sécurité des citoyens et de la protection de l'environnement.

Le ministre Pierre Arcand

Le directeur général de Nature Québec, Christian Simard, prône pour sa part le rejet du projet, estimant qu'il « n'est pas dans l'intérêt du Québec ».

Il souhaite la tenue de consultations par le BAPE, le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement, pour faire valoir la position de son organisation. M. Simard avance que les risques du projet de TransCanada pour les écosystèmes dépassent les bénéfices pour le Québec.

Projet Énergie Est : reportage de François Cormier et entrevue avec le professeur Normand Mousseau

La Fédération québécoise des municipalités (FQM) exige aussi que la proposition soit évaluée par le BAPE.

Il « est impératif de connaître les risques d'un tel projet pendant les différentes phases de sa réalisation : construction, exploitation et cessation des activités, notamment quant à la protection des sources d'eau potable et aux risques de contamination qui y sont associés », note le regroupement.

La FQM suggère que les municipalités que traverse l'oléoduc reçoivent une compensation.

Le préfet de la MRC Vaudreuil-Soulanges, Jean Lalonde, s'inquiète notamment du passage de l'oléoduc sous la rivière des Outaouais et d'une éventuelle fuite. « C'est l'eau qui s'en va vers Montréal, vers le fleuve c'est 2,8 millions d'habitants qui seraient touchés », explique-t-il.

Réactions ailleurs au pays

De son côté, le premier ministre de l'Alberta, Jim Prentice, a réitéré l'importance pour sa province d'avoir des pipelines pour exporter son pétrole vers de nouveaux marchés et ainsi permettre au Canada de réduire ses importations de pétrole. S'il se concrétise, ce projet va, selon lui, créer des emplois et « soutenir les entreprises d'un bout à l'autre du pays ».

En Ontario, les positions sont partagées. La Fédération des municipalités du Nord de l'Ontario se dit  « heureuse » de voir que la compagnie TransCanada a présenté officiellement son projet, mais certains résidents sont inquiets d'éventuelles fuites, notamment dans la nappe phréatique.

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