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Les demandes des employés de l'État sont d'une autre époque, selon Martin Coiteux

Le Front commun qui regroupe la CSN, la FTQ et le Secrétariat intersyndical (APTS, SFPQ, CSQ) ont manifesté à Québec.
Le Front commun qui regroupe la CSN, la FTQ et le Secrétariat intersyndical (APTS, SFPQ, CSQ) ont manifesté à Québec.

Plusieurs centaines d'employés des secteurs public et parapublic québécois ont manifesté jeudi midi devant l'Assemblée nationale pour réclamer un rattrapage salarial majeur. Leurs demandes sont « d'une autre époque, une époque où on vivait au-dessus de nos moyens », a rétorqué le président du Conseil du Trésor, Martin Coiteux.

Le Front commun, qui regroupe la CSN, la FTQ et le Secrétariat intersyndical (APTS, SFPQ, CSQ,) représente 400 000 employés de l'État, dont les conventions collectives seront échues le 31 mars 2015. Ils demandent une augmentation de 13,5 % sur trois ans. 

En plus de ces 4,5 % d'augmentation par année répartie sur trois années, les syndiqués demandent un « montant variable » pour combler l'écart de rémunération qui subsiste, selon eux, avec leurs homologues du secteur privé.

Le gouvernement québécois doit présenter ses offres salariales d'ici Noël, a indiqué le ministre Coiteux. Déjà, il prévient que les négociations prendront d'abord en compte la nécessité d'équilibrer les finances publiques, puis les demandes syndicales.  

Selon le Front commun, qui cite l'Institut de la statistique du Québec, les employés de l'État gagneraient en moyenne 8,3 % de moins que les travailleurs qui exécutent les mêmes tâches dans le privé. L'ensemble de ces demandes représente environ 3,3 milliards de dollars, après impôt, selon les estimations du collectif syndical.

Ce sont des demandes qui, à leur face même, apparaissent venir d'une époque où effectivement on s'endettait pour payer les dépenses d'épicerie, chose que nous ne ferons plus. 

Martin Coiteux, président du Conseil du Trésor

Les demandes d'augmentation de 13,5 % que comptent déposer les syndiqués au gouvernement Couillard lors des négociations de leur prochaine convention collective serviront, selon les syndicats, à protéger le pouvoir d'achat des syndiqués, à améliorer leurs conditions de vie et à rattraper graduellement l'écart de rémunération avec le secteur privé.

Demandes trop ambitieuses, selon Couillard

Le premier ministre Couillard, actuellement, en mission économique en Chine, a accueilli froidement les requêtes des syndicats, qu'il juge « ambitieuses », mais qui correspondent à « une époque révolue ».

« C'est un peu de bonne guerre que les demandes initiales soient élevées. Je dirais que c'est plus dans ce qu'on appelle les chiffres d'une autre époque. On n'est plus à l'époque de ce genre de disponibilité budgétaire », a-t-il déclaré vendredi matin lors d'un point de presse dans un hôtel de Pékin.

Les revenus de l'État ont décru et il faut que les syndicats s'y fassent, selon lui.

« On a eu de nombreuses années de croissance nominale des revenus de l'État de 4 ou 5 %, on n'est plus là. On est à 3%, comme la plupart des économies actuelles. On doit tenir compte de cette réalité ».

Il en a profité pour lancer une mise en garde aux représentants du secteur public en leur rappelant son objectif prioritaire : l'atteinte de l'équilibre budgétaire.

« Chose certaine, on ne replongera pas dans le déficit », a-t-il affirmé.

En même temps, Philippe Couillard s'est défendu de vouloir provoquer les syndicats du secteur public et assure qu'il abordera les négociations de façon « ouverte ».

En point de presse jeudi, le président de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), Daniel Boyer, avait invité le gouvernement à négocier de bonne foi et à ouvrir un réel dialogue avec les fonctionnaires, à défaut de quoi il les trouverait sur son chemin.

Au lendemain de son élection, M. Couillard nous a invités à un dialogue social et ce à quoi on a droit, au moment où on se parle, c'est à un monologue antisocial. À ça, on va opposer une mobilisation.

Daniel Boyer, président de la Fédération des travailleurs du Québec

M. Coiteux a rappelé avoir rencontré les représentants syndicaux le mois passé pour leur présenter la « situation réellement difficile de la province ». « On va négocier à l'intérieur de ce cadre-là », a-t-il ajouté.

Avec les informations de La Presse canadienne

Société