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Floride : le vote cubano-américain n’est plus acquis aux républicains

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Historiquement, les citoyens d'origine hispanique sont acquis aux démocrates, alors que les Cubano-Américains - qui forment la plus importante communauté latino de Floride - le sont davantage aux républicains. Mais cette allégeance est en train de changer.

Un reportage de Anyck BéraudTwitterCourriel

En ces élections de mi-mandat aux États-Unis, les électeurs latinos de Floride, qui représentent 17 % de l'électorat de l'État, sont autant courtisés par le candidat démocrate au poste de gouverneur, Charlie Crist, que par son adversaire républicain, le gouverneur sortant Rick Scott.

Ces électeurs floridiens votent traditionnellement pour les républicains à cause de la ligne dure de ce parti envers Cuba. C'est particulièrement vrai pour ceux qui ont fui la révolution et le régime de Fidel Castro dans les années 1960 et 1970.

Mais cette allégeance électorale cubaine est en train de changer : ils ont presque autant voté pour Barack Obama lors de l'élection présidentielle de 2012 que pour Mitt Romney.

Hector Caraballo pose entre les affiches du candidat démocrate au poste de gouverneur de Floride, et celles de Joe Garcia, qui a été le premier Cubano-Américain élu député fédéral sous la bannière démocrate, il y a deux ans.

Exilé en 1974, il se souvient qu'au début du Club des démocrates cubano-américains du comté de Miami-Dade, il y a quelques années, les gens lui demandaient comment il pouvait, en tant qu'ancien prisonnier politique à Cuba, s'affilier à un parti considéré comme communiste et castriste.

Mais depuis une décennie, selon des études, les Cubano-Américains sont de plus en plus attirés par les idéaux démocrates. Ce serait le cas de 56 % des 18-49 ans, selon une récente analyse du Pew Research Center, un groupe de réflexion américain.

Après la politique, l'économie

L'attrait des démocrates pour les Cubano-Américains aurait cependant moins à voir avec leur âge qu'avec leur date d'arrivée aux États-Unis.

C'est l'avis du politologue Eduardo Gamarra, de l'Université internationale de la Floride, à Miami.

« Ceux qui sont arrivés aux États-Unis après l'an 2000 tendent à être plus libéraux sur le plan politique, et donc plus démocrates. La raison est qu'ils ne sont pas, au sens strict, des réfugiés politiques. Ils n'ont pas les motivations qui animaient les premiers immigrants qui s'opposaient à Fidel et à la révolution. »

— Une citation de  Eduardo Gamarra, politologue 

« Les immigrants plus jeunes semblent venir ici surtout pour des raisons économiques. Ce n'est pas qu'ils sont franchement opposés à Fidel ou à la révolution. Ce n'est même pas parce qu'il rejettent le système cubain », ajoute le politologue.

Ces nouveaux arrivants seraient davantage intéressés par les enjeux sociaux et économiques que par la politique envers Cuba, et voudraient que l'embargo contre Cuba, déjà assoupli au niveau des voyages par exemple, soit encore plus allégé, voire carrément levé.

Un embargo dont ne veut plus le candidat démocrate Charlie Crist. Il a répété, durant le dernier débat de la campagne, le 21 octobre dernier, que l'embargo n'a pas réussi à renverser le régime Castro et qu'il fait souffrir la population.

Son adversaire, le gouverneur sortant Rick Scott (à droite), est resté ferme sur l'embargo en disant que c'est ce que veulent les opprimés à Cuba pour ramener le retour de la démocratie.

Cette position plaît énormément à Jorge Rodriguez (au micro à droite), le fondateur et l'un des animateurs de la radio La Poderosa , au cœur de la Petite Havane, à Miami.

Il veut que l'embargo reste jusqu'à la disparition de l'actuel gouvernement à Cuba, son île, qu'il dit avoir quittée en 1961 en raison de la situation politique (photo prise dans les bureaux de La Poderosa).

Sur le terrain, les républicains misent notamment sur le jeune Carlos Lopez-Cantera, descendant d'exilés cubains, lieutenant-gouverneur et colistier du gouverneur sortant de la Floride (photographié durant un rassemblement de campagne à Miami, le 22 octobre).

Le politologue Eduardo Gamarra avertit que les avancées démocrates ne signifient pas que les Cubano-Américains les plus conservateurs vont rapidement disparaître.

Et il rappelle que ce groupe très politisé, toujours influent malgré la poussée démographique des autres groupes hispaniques en Floride, y compris dans la Petite Havane, est celui qui se rend le plus aux urnes de tous les latinos des États-Unis.

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