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Présence contestée des Instituts Confucius sur les campus saskatchewanais

Institut Confucius à l'Université de la Saskatchewan

Photo : Albert Couillard/ICI Radio-Canada

Radio-Canada

L'Association canadienne des professeures et professeurs d'université (ACPPU) réclame depuis près d'un an que les universités évincent l'Institut Confucius de leurs campus. Les deux universités de la Saskatchewan défendent quant à elles l'établissement, en soutenant qu'il permet de tisser des liens importants avec la Chine.

L'Institut Confucius offre des cours de langue et de culture chinoise. Il est financé en partie par le gouvernement chinois. L'Institut Confucius de l'Université de Regina a été inauguré en 2011 et celui de l'Université de la Saskatchewan en juin 2012.

Professeur à l'Université de la Saskatchewan et porte-parole de l'ACPPU, Len Findlay affirme que la Chine a le droit de promouvoir sa langue et sa culture, mais qu'elle doit le faire en dehors des campus, comme le fait par exemple l'Alliance française.

En accueillant les Instituts Confucius, les universités saskatchewanaises leur accordent une légitimité qu'ils ne méritent pas.

Len Findlay, professeur à l'Université de la Saskatchewan et porte-parole de l'ACPPU
Len Findlay, prof. à l'U. de la Saskatchewan et porte-parole de l'ACPPU, veut que les Instituts Confucius soient expulsés des campus de la province.

Len Findlay, prof. à l'U. de la Saskatchewan et porte-parole de l'ACPPU, veut que les Instituts Confucius soient expulsés des campus de la province.

Photo : Jordan Johnson/ICI Radio-Canada

La liberté d'expression est restreinte dans les salles de classe des Instituts Confucius, soutient l'Association des professeurs, car on y évite de traiter de certains sujets comme le massacre de la place Tiananmen (Nouvelle fenêtre), le mouvement indépendantiste du Tibet (Nouvelle fenêtre) ou la « révolution des parapluies » qui se déroule à Hong Kong en ce moment. L'ACPPU déplore aussi que ces Instituts interdisent l'embauche de membres du groupe spirituel Falun Gong.

« Tous les enseignants qui travaillent sur un campus devraient être qualifiés et jouir de la liberté d'enseignement, sans compromis », explique M. Findlay.

Ces Instituts n'ont pas leur place sur les campus.

Len Findlay, professeur à l'Université de la Saskatchewan et porte-parole de l'ACPPU

Établissement controversé

Les Instituts Confucius soulèvent la controverse à plusieurs endroits. À Toronto, la commission scolaire publique a abandonné l'idée d'en implanter un. L'Université McMaster, l'Université Penn State, et l'Université de Chicago ont décidé de fermer les leurs.

Il existe plus de 400 Instituts Confucius dans le monde. Ils sont dirigés, en partie, par une agence liée au gouvernement de la Chine. Les deux Instituts établis en Saskatchewan ont reçu 850 000 $ de cette agence depuis leur ouverture : 450 000 $ pour l'Institut Confucius de Regina et 400 000 $ pour celui du campus de l'Université de la Saskatchewan.

« La Chine est un partenaire vraiment très important », fait valoir le président du comité de direction de l'Institut Confucius de l'Université de la Saskatchewan et vice-doyen de la Faculté des arts et des sciences humaines, David Parkinson.

Selon lui, l'Institut permet à l'Université de renforcer ses liens avec la Chine, ce qui est un atout pour les étudiants et les professeurs.

La Chine est un partenaire très important pour l'Université de la Saskatchewan, souligne David Parkinson, président du comité de direction de l'Institut Confucius et vice-doyen de la Faculté des arts et des sciences humaines.

La Chine est un partenaire très important pour l'Université de la Saskatchewan, souligne David Parkinson, président du comité de direction de l'Institut Confucius et vice-doyen de la Faculté des arts et des sciences humaines.

Photo : Albert Couillard/ICI Radio-Canada

« Il est important d'avoir l'Institut Confucius à l'Université de la Saskatchewan afin de stimuler toute la gamme d'activités que nous avons avec des universités chinoises partenaires », explique M. Parkinson.

Il souligne que l'Institut n'offre que des cours non crédités, relativement simples, où les questions politiques ne sont pas abordées.

On ne verrait aucune valeur dans une relation qui compromettrait la liberté d'enseignement de notre Faculté ou de nos étudiants.

David Parkinson, président du comité de direction de l'Institut Confucius et vice-doyen à l'Université de la Saskatchewan

L'administration de l'Université de Regina est du même avis. Elle affirme qu'aucun étudiant de son Institut Confucius n'a déposé de plainte.

« Nous avons des partenariats avec certaines universités chinoises qui remontent à plus de 30 ans », soutient le vice-recteur à l'enseignement, Thomas Chase.

L'Institut Confucius contribue au partenariat que l'Université de Regina a développé avec la Chine, selon le vice-recteur à l'enseignement Thomas Chase

L'Institut Confucius contribue au partenariat que l'Université de Regina a développé avec la Chine, selon le vice-recteur à l'enseignement Thomas Chase

Photo : Jordan Bell/ICI Radio-Canada

« L'Université de Regina compte près de 4000 anciens étudiants chinois. Notre partenariat avec le peuple chinois et ses établissements est très important pour nous, et l'Institut Confucius aide à l'enrichir. »

Pas de directive particulière, selon un professeur de l'Institut

Daniel Huang enseigne l'histoire culturelle de la Chine à l'Institut Confucius de l'Université de Regina. Il affirme n'avoir reçu aucune directive de l'Institut sur la façon d'aborder certains sujets, mais il convient que les liens étroits de celui-ci avec le gouvernement le poussent à présenter la perspective officielle chinoise.

Puisque l'Institut Confucius a beaucoup de relations professionnelles avec le gouvernement chinois, il faut tenir compte du point de vue chinois.

Daniel Huang, chargé de cours à l'Institut Confucius à Regina
Daniel Huang, chargé de cours à l'Institut Confucius de l'Université de Regina

Daniel Huang, chargé de cours à l'Institut Confucius de l'Université de Regina

Photo : Rob Kruk/ICI Radio-Canada

L'enseignant entend tout de même tenir de courtes discussions sur des sujets considérés sensibles par le gouvernement chinois si les étudiants le réclament. Il les encouragera même à faire plus de recherche.

« Je veux qu'ils se renseignent sur les deux versions des faits, la version du gouvernement chinois et la version occidentale, puis qu'ils essaient de les comparer et de réfléchir de façon critique », explique M. Huang.

Les cours des deux Instituts Confucius saskatchewanais sont offerts comme prévu cet automne, mais la controverse demeure pour Len Findlay. Ce dernier compte soulever la question au conseil de l'université cet automne.

Ne manquez pas le reportage de William Burr mercredi au Téléjournal Saskatchewan

Un cours offert par l'Institut Confucius

Cours offert par l'Institut Confucius

Photo : Université de la Saskatchewan

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