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Des centaines de locataires dépensent plus de 80 % de leurs revenus pour se loger à Trois-Rivières

Radio-Canada

Le nombre de ménages locataires dépensant plus de 80 % de leurs revenus pour se loger a augmenté de 33 % entre 2006 et 2011, à Trois-Rivières.

Il s'agit de l'une des nombreuses statistiques navrantes dévoilées par le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) et le Comité logement Trois-Rivières dans leur « Dossier noir sur le logement et la pauvreté », publié mardi.

« Payer les 4/5 de ses revenus au loyer ne peut se faire qu'au détriment de ses autres besoins essentiels, à commencer par la nourriture, les vêtements et les médicaments, affirme Véronique Laflamme, organisatrice au FRAPRU. Tout cela a des impacts certains, notamment sur la santé des personnes. »

Sur les 1820 ménages consacrant plus de 80 % de leurs revenus à leur loyer, on compte :

  • 1445 personnes vivant seules;
  • 130 couples sans enfants;
  • 110 familles monoparentales.

Le Comité logement Trois-Rivières et le FRAPRU soulignent le fait que le prix médian des logements a augmenté de 13,2 % durant la période à l'étude, alors que le revenu médian n'a, quant à lui, augmenté que de 11,8 %.

On dit souvent que le loyer est bas à Trois-Rivières si on compare à la moyenne provinciale, mais on oublie d'ajouter que le revenu annuel y est de 5000 $ inférieur à celui gagné à l'échelle du Québec.

Diane Vermette, coordonnatrice du Comité logement Trois-Rivières

La différence est encore plus grande lorsque ce sont des femmes qui sont les principaux soutiens financiers des ménages locataires, affirment les deux organismes. Selon leurs chiffres, le revenu médian des femmes à Trois-Rivières est de 24 200 $ alors qu'il est de 29 900 $ pour les hommes.

Le cas de Guylaine Tessier

Guylaine Tessier

Guylaine Tessier

Guylaine Tessier travaille au salaire minimum, 27 heures par semaine. Elle n'a donc pas droit à l'aide sociale, mais elle vit sous le seuil de la pauvreté. Depuis quelques mois, elle s'enlise financièrement. Ses dépenses reliées au logement représentent plus de 60 % de son budget.

Les récentes hausses des tarifs d'électricité ont été le coup de grâce pour son portefeuille. Tout était calculé au dollar près, mais elle accumule maintenant les retards de loyer, elle fait des compromis sur l'épicerie et elle a de la difficulté à payer ses médicaments.

J'ai toujours peur de ne pas arriver pis je ne sais jamais ce qui va arriver demain.

Guylaine Tessier, Trois-Rivières

Mobilisation

Le FRAPRU organisera plusieurs actions au cours des prochains mois, dont un déménagement simultané de meubles le 21 novembre prochain, devant les bureaux du premier ministre du Canada, Stephen Harper, à Ottawa, et celui du premier ministre du Québec, Philippe Couillard, à Saint-Félicien.

Selon le FRAPRU et le Comité logement Trois-Rivières, il faudrait 50 000 nouveaux logements sociaux au Québec dans les cinq prochaines années. La Mauricie en aurait besoin de 1500, dont 1000 à Trois-Rivières.

Mauricie et Centre du Québec

Société