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Couillard n’arrive pas à vendre davantage de porc québécois en Chine

Le premeir ministre Philippe Couillard poursuit sa mission économique en Chine.

Le premeir ministre Philippe Couillard poursuit sa mission économique en Chine.

La Presse canadienne
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le premier ministre Philippe Couillard vient d'essuyer un premier revers en Chine. Le Québec veut augmenter ses exportations de porc dans ce pays, mais il n'a pas cogné à la bonne porte : son partenaire de longue date, la province de Shandong, n'est pas intéressé.

Dans un tête-à-tête très officiel avec le puissant gouverneur de la province, mardi, dans un hôtel de la capitale Jinan, Philippe Couillard n'a pas eu la partie facile.

Au cours de l'entretien ouvert aux médias, le premier ministre a demandé notamment « un accès plus fluide des marchandises au port, de façon à ce que le porc parvienne aux consommateurs dans les délais les plus rapides possible ».

Le gouverneur Guo Shuqing a répliqué de façon courtoise en soulignant que la Chine est un producteur de porc important, et que les principales régions de la province de Shandong fournissent assez de porc.

« Le porc est plus ou moins assez pour nous », a-t-il fait savoir par la voix de son traducteur.

M. Guo a aussi rappelé que la décision sur les importations de porc revient aux ministères de l'Agriculture et du Commerce du gouvernement central de Pékin.

Le Québec ne cogne pas à la bonne porte

Un autre représentant du gouvernement de la province s'est levé à son tour pour aussi laisser entendre que le Québec ne cognait pas à la bonne porte. Il a également souligné que le pays avait importé 6 millions de tonnes de porc l'an dernier, et que l'approvisionnement par les filières déjà établies était suffisant.

« Généralement, on a assez de fournisseurs pour ces produits de porc dans notre pays », a traduit l'interprète. Les importations actuelles proviennent en grande partie d'Australie et d'Amérique du Sud.

Le boeuf et l'agneau intéressent la Chine

Par contre, le gouverneur a indiqué qu'il serait intéressé par l'importation de boeuf et d'agneau. « Nous avons un grand nombre de musulmans qui mangent toujours cette sorte de viande », a-t-il déclaré, toujours par la voix de l'interprète.

Philippe Couillard n'est pas démonté pour autant. Dans un point de presse qui a suivi la rencontre bilatérale, il a soutenu qu'il y a « quand même beaucoup de place » pour les produits québécois en Chine, en raison de l'accroissement rapide de la population. Selon lui, il faut poursuivre les échanges sur cet enjeu.

« Il n'est pas surprenant que le gouverneur ne soit pas au courant des problèmes d'acheminement. »

Le premier ministre a dit ne pas changer de stratégie et comptait sur un repas en privé avec le gouverneur pour lui expliquer de nouveau son point de vue. Et il retient par ailleurs le message sur les besoins en boeuf et en agneau, qu'il entend relayer aux producteurs d'ici.

Les éleveurs de porcs québécois encaissent le coup

Le président des Éleveurs de porc du Québec, David Boissonneault, fait partie de la délégation québécoise et a assisté lui aussi à l'entretien officiel. Il a dit qu'il s'attendait à ces difficultés, mais que la Chine est un marché d'avenir et qu'il faut se projeter à long terme.

« Il n'y a rien de simple [...] On veut un meilleur accès, un plus grand volume et être choisi parmi les autres joueurs. »

Les producteurs de porc du Québec exportent déjà pour 150 millions de dollars en Chine, sur des ventes totales de 1,5 milliard à l'étranger. On envoie principalement des os, des pattes et des têtes en Chine, a expliqué M. Boissonneault, qui souhaite envoyer des parties plus nobles, tels les filets, les fesses et les longes.

Le Shandong est un partenaire du Québec depuis 2002-2003. Les deux États sont fondateurs du groupe des Régions partenaires. La province compte 97 millions d'habitants. C'est la troisième province de Chine pour ce qui est de la richesse, avec un produit intérieur brut de 947 milliards de dollars.

Son gouverneur est un personnage influent. Guo Shuqing est pressenti comme un candidat sérieux à la vice-présidence de la Chine au cours de la prochaine transition, en 2018-2019.

À compter de mercredi, M. Couillard poursuivra sa mission à Pékin, pour trois jours. Il se joindra alors à la mission conjointe du Conseil de la fédération.

Au total une délégation de 325 personnes de cinq provinces prendra ainsi part à un grand Forum d'affaires du Conseil d'affaires Canada-Chine.

La première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne, et son homologue Robert Ghiz, de l'Île-du-Prince-Édouard, seront aussi de la partie.

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