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Francophonie : le passage à l'université bénéfique pour l'identité

Le reportage de Andrée-Anne Côté-St-Laurent
Radio-Canada

L'identité francophone s'approfondit durant le parcours universitaire en français des étudiants issus de milieux minoritaires au pays, selon une étude menée auprès de 80 étudiants par une professeure en sciences de l'éducation à l'Université Laval, Annie Pilote.

La majorité des participants à l'étude de 2010 provenaient du Nouveau-Brunswick et de l'Ontario, mais quelques Fransaskois inscrits au baccalauréat en éducation du français à Regina y ont aussi pris part.

De bilingue à francophone

« Je fais des activités en français, je suis vraiment membre de la communauté fransaskoise », souligne Grayson Beaudin, étudiant au bac en éducation du français à l'Université de Regina.« Je fais des activités en français, je suis vraiment membre de la communauté fransaskoise », souligne Grayson Beaudin, étudiant au bac en éducation du français à l'Université de Regina. Photo : ICI Radio-Canada

Grayson Beaudin, dont le père est francophone, se considérait comme bilingue pendant qu'il étudiait dans les écoles d'immersion à Saskatoon. Il a senti pour la première fois qu'il appartenait à la communauté fransaskoise lorsqu'il a commencé ses études au baccalauréat en éducation du français à Regina.

« Le français pour moi, au début de ma vie, c'était seulement important à l'école. Je n'avais pas trop d'amis francophones », explique Grayson Beaudin.

L'identité fransaskoise de Grayson s'est précisée pendant ses études universitaires.

« En allant aux événements à la Rotonde et à tous les événements organisés par l'Institut français, je me suis intégré dans la communauté fransaskoise et j'ai trouvé qu'il se passait bien des choses que j'ignorais », poursuit-il.

Immersion bénéfique dans un milieu francophone

Le séjour de Grayson dans la ville de Québec pour étudier à l'Université Laval dans le cadre de son programme a aussi contribué à son développement identitaire, selon les chercheuses.

L'assistante de recherche Jo-Anni Joncas a présenté à l'Institut français à Regina les résultats de l'étude de la chercheuse de l'Université Laval Annie Pilote.L'assistante de recherche Jo-Anni Joncas a présenté à l'Institut français à Regina les résultats de l'étude de la chercheuse de l'Université Laval Annie Pilote. Photo : ICI Radio-Canada

Un constat similaire s'applique aussi à six autres étudiants fransaskois qui ont participé à la recherche.

« Ils arrivent au Québec et se rendent compte qu'ils ne sont pas reconnus comme étant francophones à cause de leur accent. Ils doivent donc se défendre, se battre pour démontrer qu'ils sont francophones et puis ils se rendent compte qu'ils sont vraiment une minorité de francophones au Canada [à l'extérieur du Québec] », a expliqué à l'Institut français Jo-Anni Joncas, l'assistante de recherche d'Annie Pilote.

Le profil type de l'identité linguistique et culturelle des Fransaskois étudiant au bac en éducation du français à l'Université de Regina est « affirmationniste stratégique », selon les chercheuses.

« Ils [Les Fransaskois qui ont participé à l'étude] étaient fiers, ils avaient un désir de transmettre leur culture, de la promouvoir. Ils étaient engagés dans leur communauté, à l'école pour valoriser le français », explique Mme Joncas, en précisant que le profil des étudiants fransaskois comprend le qualificatif « stratégique » parce que les étudiants étaient conscients des atouts du bilinguisme dans la société.

Jo-Anni Joncas souligne que l'étude démontre que les jeunes Fransaskois comprennent bien les défis de la survie du français en Saskatchewan et Grayson Beaudin l'illustre bien.

Le futur enseignant croit qu'il est important d'encourager l'apprentissage du français et de partager sa culture avec les élèves à l'école.

Ce n'est pas seulement un job, pas seulement un diplôme universitaire. C'est faire partie de la culture [francophone] et de la Fransaskoisie.

Grayson Beaudin

Alberta

Francophonie