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Marianne St-Gelais retient des leçons de Sotchi

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Marianne St-Gelais

Marianne St-Gelais

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Marianne St-Gelais aurait bien des raisons de garder un mauvais souvenir des Jeux olympiques de Sotchi. Non seulement a-t-elle raté la finale du 500 m, où elle était la vice-championne sortante, mais elle a dû gérer des tensions internes (avec l'entraîneur) et l'hécatombe dans l'équipe masculine avec les chutes de son copain Charles au 500 m et de son beau-frère François au relais.

Un texte de Manon GilbertTwitterCourriel

Plutôt que de passer un coup de balai sur ses souvenirs russes, la patineuse de vitesse sur courte piste préfère les garder frais en mémoire pour en tirer des leçons qui lui serviront au cours des quatre prochaines années, mais surtout, espère-t-elle, en février 2018 aux Jeux de Pyeongchang.

La première, plus jamais, elle ne patinera une distance sans la maîtriser parfaitement.

« J'ai fait le 1500 m, mais j'étais zéro prête à courser un 1500 m. Je n'en ai pas assez fait. Moi-même, je n'étais pas certaine que je voulais le courser. Tu n'arrives pas aux Jeux olympiques avec une mentalité comme ça. Ça, c'est certain que je ne ferai plus », assure la spécialiste des 500 et 1000 m.

Comme elle avait pris le 2e rang des sélections olympiques en août 2013, elle pouvait patiner les trois distances à Sotchi, privilège réservé aux deux premières. Et elle a choisi de le faire, sans aucune pression de son entraîneur.

Sauf qu'à son arrivée en Russie, St-Gelais ne comptait que sept expériences en Coupe du monde sur 1500 m (contre 26 au 500), une distance plus tactique qui ne s'apprivoise pas en quelques mois.

Mais comme elle estimait meilleures ses chances de médailles aux 500 et 1000 m, elle a continué de prioriser ces deux distances même pendant la saison olympique.

« J'aurais été capable de faire les quarts et les demi-finales dans toutes les distances, mes jambes m'auraient soutenue. Sans banaliser la distance (1500 m), je n'avais pas assez confiance en moi, avoue la Québécoise, évincée dès les préliminaires du 1500 m à Sotchi. Comment avoir confiance si je ne m'étais pas donné la chance d'avoir confiance? »

Marianne St-Gelais chute lors des préliminaires du 1000 m à Sotchi.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Marianne St-Gelais chute lors des préliminaires du 1000 m à Sotchi.

Photo : Getty Images / Paul Gilham

Pour l'instant, elle a mis une croix sur la longue distance. Elle confirmera ses intentions à la fin de la saison, à savoir si elle se lance ou non dans le 1500 m pour les trois années suivantes.

Sa priorité cette saison? Le 500 m. Ou plutôt ses dépassements.

« J'ai la vitesse, j'ai le départ, j'ai la force, mais je n'ai pas de dépassement à haute vitesse. C'est ma lacune. C'est ce qui m'a empêchée de faire la finale A aux Jeux, j'en suis parfaitement consciente. Je ne veux plus que ça arrive. Mais ça veut dire qu'il va falloir que je prenne des risques parce que le risque va m'amener à mon amélioration. »

Septième du 500 m en Russie, St-Gelais est bien consciente que risque rime souvent avec disqualification en courte piste, mais parfois aussi avec médaille.

Plus mature et plus concentrée

La deuxième leçon qu'elle retient de Sotchi : apprendre à faire fi des distractions... comme Charles!

Avec le recul, l'athlète de 24 ans admet que la relation tendue avec l'entraîneur Frédéric Blackburn l'a déconcentrée et l'a empêchée de mettre son énergie à la bonne place. Mais elle assure que la crise interne qui a éclaté deux mois avant les Jeux, attribuable à un manque de communication, n'a en rien nui à ses performances sur la glace. C'est elle qui chaussait les patins et personne d'autre.

Les médaillées d'argent du relais: Marie-Ève Drolet, Jessica Hewitt, Valerie Maltais et Marianne St-GelaisAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les médaillées d'argent du relais: Marie-Ève Drolet, Jessica Hewitt, Valerie Maltais et Marianne St-Gelais

Photo : Getty Images / Paul Gilham

« Aux Jeux olympiques, je n'ai jamais remis ma forme en question. Mais mentalement, je n'étais pas toute là. Dans le fond, c'est moi qui ai mal géré ça, affirme la médaillée d'argent au relais à Vancouver et à Sotchi.

« Rapidement, Charles tourne la page, et je trouve ça bien comment il gère ses problèmes. Il ne laisse rien le perturber. Il ne m'a pas donné de conseils, mais juste de le voir agir aux Jeux, dans la vie de tous les jours, je me suis dit : "Dans le fond, c'est vrai, ça ne donne rien de perdre de l'énergie sur des choses comme ça." Et ça m'a beaucoup aidée. »

Après les Jeux, St-Gelais s'est assise avec Blackburn et les deux ont réglé leurs différends. Et de tout cet épisode, il n'est pas ressorti que du négatif.

« J'ai grandi là-dedans, j'ai pris une maturité, j'ai compris bien des choses. Je n'ai pas à laisser un élément comme ça me déranger et je n'ai pas à me tourmenter toute la vie à cause de ça. »

Puis, un long voyage d'un mois en Nouvelle-Zélande et à Los Angeles, jumelé à sa participation au Défi têtes rasées de Leucan, lui ont permis non seulement de s'aérer l'esprit, mais aussi de mettre bien des choses en perspective.

« Il y a de vraies causes où les gens se battent pour vrai et les médailles, c'est leur vie. »

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