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De jeunes otages de Boko Haram témoignent

Un groupe d'adolescentes enlevées par Boko Haram et présumément convertie à l'islam telles qu'elles apparaissent sur la deuxième vidéo publiée par Boko Haram.
Un groupe d'adolescentes enlevées par Boko Haram et présumément convertie à l'islam telles qu'elles apparaissent sur la deuxième vidéo publiée par Boko Haram.

Les femmes et les jeunes filles enlevées par Boko Haram au Nigeria sont utilisées lors de combats menés par le groupe islamiste, révèle un rapport de Human Rights Watch (HRW).

L'organisation de défense des droits de la personne a compilé trente témoignages d'otages qui sont parvenues à s'enfuir. Elles font état de nombreuses séquelles physiques et psychologiques et de violences sexuelles.

Dans le rapport de 63 pages de HRW, une femme de 19 ans qui a été retenue trois mois en otage par Boko Haram l'année dernière explique par exemple avoir été forcée de participer à des attaques islamistes. « On m'a demandé de porter les munitions et de m'allonger dans l'herbe pendant qu'ils se battaient. Ils venaient s'approvisionner en munitions, au cours de la journée, alors que les combats se poursuivaient », raconte-t-elle.

L'ex-otage ajoute avoir reçu l'ordre d'égorger au couteau un des membres d'une milice capturé par Boko Haram. « Je tremblais, horrifiée, et je n'ai pas pu le faire. La femme du chef du camp a alors pris le couteau et elle l'a tué », poursuit-elle.

Plus tôt cette année, une série d'attentats-suicides ont été menés par des femmes, parfois très jeunes, et certains se demandaient si elles étaient des otages de Boko Haram. Rien ne permet de prouver, pour l'instant, que ces femmes martyres étaient des otages et non des volontaires.

Plus de 500 femmes et jeunes filles ont été enlevées depuis le début de l'insurrection en 2009, selon HRW. Un nombre inconnu de jeunes hommes ont également été enlevés et forcés à combattre. Boko Haram cible surtout les chrétiens et les filles qui fréquentent l'école, précise HRW.

En publiant ces témoignages, l'organisation de défense des droits de la personne espère briser le mur du silence puisque les gens refusent de voir la réalité, selon elle, préférant ne rien savoir de la violence subie par les femmes et les jeunes filles dans le nord-est du Nigeria.

De récents enlèvements

La présentation de ce rapport, lundi, survient au moment où trente adolescents, garçons et filles, ont été enlevés, ce weekend, dans l'État de Borno, dans le nord-est du Nigeria. Une semaine avant, soixante autres filles et jeunes femmes avaient été enlevées à Wagga et Gwarta, deux autres villes du sud de ce même État, épicentre de l'insurrection islamiste.

Ces deux autres enlèvements alimentent les doutes sur le cessez-le-feu que les autorités nigérianes ont annoncé avoir conclu avec Boko Haram à la mi-octobre. Cet accord prévoyait notamment la libération des 219 écolières enlevées à Chibok en avril qui sont toujours aux mains des extrémistes.

Vivre dans la crainte et sans aide

Le rapport de Human Rights Watch souligne que celles qui sont parvenues à s'échapper vivent toujours dans la frayeur d'être à nouveau kidnappées. Et seules celles enlevées à Chibok ont reçu une aide de l'État nigérian. Ce soutien se résume toutefois à des discours de religieux chrétiens et musulmans, souligne l'un de ces ex-otages.

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Avec les informations de Agence France-Presse, et Associated Press

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