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Le Canada ne restera pas assis face à la menace islamiste, dit le ministre Blaney

Combattre le terrorisme : reportage de Daniel Thibault

Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Steven Blaney, a déposé lundi après-midi à la Chambre des communes son projet de loi C-44 pour accorder plus de pouvoirs à la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et au Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) pour lutter contre le terrorisme.

Les conservateurs veulent notamment donner une plus grande protection aux sources du service de renseignements, clarifier son action à l'international et élargir sa capacité de partager de l'information avec des agences étrangères.

Ottawa compte aussi abaisser le seuil qui permet aux forces de l'ordre d'arrêter de manière préventive une personne qui présente une menace pour la sécurité nationale.

Le projet de loi C-44 modifierait aussi la Loi sur la citoyenneté canadienne afin de permettre au gouvernement d'appliquer plus rapidement des mesures de révocation de la citoyenneté. Cela concernerait « les citoyens ayant la double nationalité déclarés coupables d'infractions de terrorisme, de haute trahison, de trahison ou d'espionnage, selon la peine reçue », a précisé le ministère de la Sécurité publique.

En point de presse, le ministre Blaney a indiqué que le nouveau texte vient clarifier le mandat du SCRS et répondre aux demandes des tribunaux allant dans ce sens. Il a aussi parlé de l'enjeu de partenariat avec les agences de renseignement étrangères.

Ce que ça va nous permettre de faire, c'est que lorsqu'un citoyen canadien qui est suspecté d'activité terroriste quitte le pays pour aller s'adonner à des activités terroristes à l'extérieur du pays, dans d'autres pays, nous allons être capables de recueillir l'information de nos partenaires pour suivre cet individu-là et, éventuellement, être en mesure de l'intercepter lorsqu'il reviendra.

Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Steven Blaney,

Une première étape

Lors de la période des questions lundi après-midi à la Chambre des communes, M. Blaney a déclaré qu'il s'agissait d'une « première étape ». « Mais il est clair que nous devons aller de l'avant avec d'autres mesures, et nous allons procéder avec célérité », a-t-il ajouté.

Il a précisé que son gouvernement, qui selon lui n'a pas l'intention d'agir de façon excessive, veillerait à ce que « les droits et libertés des Canadiens soient protégés ».

Soyons clairs : nous ne réagirons pas de façon excessive, mais nous ne resterons pas assis non plus, monsieur le président, et nous allons proposer des mesures concrètes pour lutter contre les ''radicalistes'', contre les terroristes, contre les islamistes et contre ceux qui veulent attaquer le Canada.

Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Steven Blaney

Le premier ministre Stephen Harper s'était déjà engagé à renforcer les services de renseignement bien avant les récents attentats contre des militaires au pays. Ces événements risquent toutefois d'accélérer le processus d'adoption du projet de loi.

L'opposition prudente

Malgré la solidarité qu'ont montrée les partis dans les derniers jours, l'approche des conservateurs suscite tout de même des inquiétudes. L'opposition demande au gouvernement d'être prudent, parce que beaucoup de questions sur la fusillade d'Ottawa sont toujours sans réponse.

Le NPD rappelle que les conservateurs ont déjà adopté « énormément de choses » dans le cadre de leur programme législatif de loi et d'ordre. L'opposition officielle préconise plutôt de larges consultations auprès des experts et de la société civile avant de recourir rapidement à un projet de loi.

Pour sa part, le Parti libéral propose la mise en place d'un comité permanent, qui serait composé des élus de la Chambre des communes, pour superviser les activités des agences de sécurité du pays. Une option vite écartée par les conservateurs.

Retour à la normale

La vie a repris son cours à Ottawa depuis l'attentat de mercredi. Les terrains de la colline du Parlement, interdits d'accès depuis l'attaque, sont redevenus accessibles au public vendredi soir, avec une sécurité renforcée.

Les tribunes du parlement seront rouvertes aujourd'hui. Les visites guidées devaient aussi reprendre dans la journée.

Les entrées des édifices du Parlement sont désormais surveillées par des agents de la GRC. Le président de la Chambre des communes a demandé un examen de toutes les mesures de sécurité.

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