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Des membres du Parlement aux premières loges de la fusillade

Alexandre Boulerice, porte-parole du NPD en matière de travail

Radio-Canada

L'attachée de presse du NPD, Greta Levy, et le député néo-démocrate Alexandre Boulerice ont été témoins de la fusillade au parlement d'Ottawa mercredi matin. Comme beaucoup d'autres membres du Parlement, ils en ressortent ébranlés et espèrent qu'une telle situation ne se reproduira jamais.

Mme Levy a vu le tireur passer devant elle dans le couloir du parlement, non loin de l'entrée principale. Elle a pu observer son visage.

« [À la fin du caucus du NPD], mon collègue et moi sommes sortis du bloc du centre par la porte d'en avant, comme toujours. On a fait quelques pas en dehors de la salle. On a vu deux femmes loin devant nous qui se mettaient à plat ventre, par terre. On a su que quelque chose n'allait pas », raconte-t-elle.

Le plan suivant présente la position probable du tireur lorsqu'il a été abattu (X orange) et les portes de la salle du caucus du NPD (les deux X jaunes) :

Plan représentant la situation lorsque le tireur a été abattu, près des salles où se tenaient les caucus conservateur et néo-démocrate.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Plan représentant la situation lorsque le tireur a été abattu, près des salles où se tenaient les caucus conservateur et néo-démocrate.

Photo : Le député Dany Morin/Twitter

« Un garde ou un policier a commencé à crier "get down, get down!". Quelqu'un d'autre a crié "gun!". On s'est mis à plat. Je ne sais pas si ça a duré 5 ou 10 secondes. Mais j'ai levé la tête. La seule personne que j'ai vue, c'était un homme qui marchait, calmement. Il ne courait pas. Il allait vers les portes, là d'où on venait de sortir », poursuit-elle. Il s'agissait du tireur.

« J'ai levé la tête. Honnêtement, au début, je ne comprenais pas ce qui se passait. Je n'ai pas paniqué », a-t-elle raconté.

Je l'ai regardé, il avait l'air calme, il n'y avait pas d'expression sur sa face. Il avait l'air assez jeune, la vingtaine ou trentaine, les cheveux noirs, la peau blanche. Des habits ordinaires. Lorsque j'ai baissé la vue, j'ai vu son fusil et réalisé que quelque chose allait se passer. J'ai baissé la tête.

Greta Levy, attachée de presse du NPD

« Je suis restée par terre avec mon collègue, et à ce moment, j'ai arrêté de penser. C'est là que le choc a commencé. La fusillade. Beaucoup de tirs à répétition, sans cesse, ça ma semblé très long. Et ça s'est arrêté. »

Mme Levy a tenté de réconforter une femme qui pleurait, une touriste selon elle, qui avait trouvé refuge à ses côtés.

« La deuxième fusillade a commencé, plus courte que la première. Quand cette fusillade s'est arrêtée, je ne pouvais pas voir ce qui se passait [plus loin dans l'édifice]. Un policier est venu en courant. Il a demandé où était allé le tireur. On a répondu le bloc du centre. Puis il a dit "go, go, partez". On s'est levé et on a commencé à courir. »

Alexandre Boulerice a eu la peur de sa vie

Le député néo-démocrate Alexandre Boulerice, qui se trouvait dans le bloc central au moment où la fusillade a éclaté, dit avoir eu la peur de sa vie. M. Boulerice a parlé à Radio-Canada en après-midi alors qu'il était toujours confiné, avec une cinquantaine de personnes, dans une pièce de l'édifice.

« On a très bien entendu la fusillade, près de la rotonde et du foyer d'accueil, qui est juste à côté du caucus du NPD. C'était juste de l'autre côté de la porte, qui était fermée », raconte le député de Rosemont—La Petite-Patrie.

« Au départ, on pouvait entendre des gros "clang clang", un peu comme si un gros chariot métallique était en train de rouler et de cogner ses roues. Après deux ou trois bruits comme ça, on s'est bien rendu compte que c'était des coups de feu dans le couloir juste à côté », dit-il.

« Tout le monde s'est levé on a essayé de prendre les sorties pour quitter la pièce. Des agents de sécurité sont arrivés immédiatement, ont fermé les portes, les ont tenues avec leurs mains pour empêcher quiconque de rentrer. Ils ont barré la porte par la suite et nous ont demandé de nous coucher en dessous des tables dans la pièce. Après, on a entendu 25-30 coups de feu qui se passaient juste à côté », relate-t-il.

C'est la peur de ma vie. C'était terrorisant, et en même temps un peu surréel.

Le député du NPD Alexandre Boulerice

Alexandre Boulerice confirme que les députés ne reçoivent pas de formation particulière pour les préparer à de telles situations. « On a simplement écouté les directives des gardiens de sécurité. Mais c'est inquiétant parce que tu entends un paquet de coups de feu de l'autre côté de la porte. On n'avait aucun moyen de savoir combien ils étaient. On avait même l'impression à un moment donné que les gardiens de sécurité avaient perdu le contrôle. »

C'est un niveau d'adrénaline et de stress comme je n'ai jamais vécu. [...] Personne ne pense vivre un tel scénario catastrophe dans sa vie.

Le député du NPD Alexandre Boulerice

M. Boulerice affirme toutefois que personne n'a cédé à la panique. Peu après les événements, les personnes réunies en caucus ont été transférées de la pièce où elles se trouvaient initialement à une deuxième pièce.

« Ça c'est quand même bien passé, il y avait des visages inquiets, des gens qui pleuraient, mais on a bien suivi les directives », a expliqué le député, qui a ajouté que leur chef Thomas Mulcair, était avec eux au début de la fusillade, mais a plus tard été placé en sécurité.

M. Boulerice s'attend à ce que la sécurité soit fortement renforcée sur la colline du Parlement à la suite de cette fusillade.

« Que quelqu'un puisse arpenter les 150-200 mètres entre la flamme éternelle et le parlement et qu'il puisse entrer avec ce qui semble être un fusil d'assaut ou une carabine, il faut faire en sorte que ça ne se reproduise jamais. »

Entrevue avec la députée Rosane Doré-Lefebvre

Politique