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Martin Couture-Rouleau

Photo : Facebook

Radio-Canada

Les policiers ont été en contact à plusieurs reprises ces derniers mois avec Martin Couture-Rouleau, l'agresseur présumé du militaire tué lundi à Saint-Jean-sur-Richelieu, a indiqué la GRC. Il avait notamment été arrêté en juillet alors qu'il s'apprêtait à s'envoler pour la Turquie, pays voisin de l'Irak et de la Syrie, des destinations prisées des djihadistes. Le dernier contact avait eu lieu le 9 octobre.

Le jeune homme de 25 ans était surveillé depuis le mois de juin par les autorités en raison de ses propos favorables au djihadisme sur Internet et de la décision de ses proches d'alerter la GRC, a expliqué en conférence de presse la surintendante Martine Fontaine, de la GRC.

Les proches de Martin Rouleau ont su détecter les changements de comportement et ont su demander l'aide nécessaire.

La surintendante Martine Fontaine (GRC)

La surintendante Fontaine, responsable du volet de la sécurité nationale pour le Québec, a expliqué que la GRC avait pris plusieurs mesures préventives à son endroit, dont la confiscation de son passeport après qu'il eut tenté de quitter le pays. On le soupçonnait de vouloir se joindre à des groupes radicaux à l'étranger.

Arrêté à cette même occasion, il avait cependant été relâché, car « la preuve ne permettait pas de l'inculper  ».

« Il a été identifié comme voyageur à haut risque » parmi un groupe de 90 suspects à travers le pays, a expliqué la surintendante de la GRC.

Certains éléments, dont son site Facebook, indiquaient qu'il se radicalisait et qu'il souhaitait quitter le pays pour combattre pour une idéologie.

La surintendante Martine Fontaine (GRC)

« Nous avons travaillé auprès de lui avec l'imam de la mosquée qu'il fréquentait et avec les policiers de nos programmes sociocommunautaires pour l'encadrer et l'influencer positivement », a précisé Mme Fontaine.

La GRC a tenu à offrir ses condoléances aux proches de la victime de la tragédie, l'adjudant Patrice Vincent, et également à la famille du suspect.

« Ces derniers vivent aussi un deuil immense qu'il sera difficile de traverser », a laissé tomber la surintendante Fontaine.

Après avoir happé deux militaires avec sa voiture, Martin Couture-Rouleau a été abattu par la police de Saint-Jean-sur-Richelieu au terme d'une poursuite.

Le représentant de la SQ à la conférence de presse a précisé que le jeune homme, alors qu'il était pris en chasse par la police, avait appelé le 911 et « revendiqué son geste ».

La GRC, la SQ et le SPVM font le point sur l'attentat de Saint-Jean-sur-Richelieu

Rouleau-Couture parmi 90 individus surveillés

Interpellé par les journalistes au sortir d'un comité à Ottawa mardi matin, le commissaire de la GRC, Bob Paulson, avait confirmé que Martin Couture-Rouleau faisait partie d'un groupe de 90 Canadiens « radicalisés » surveillés par les policiers et le SRCS comme étant susceptibles de commettre des actes terroristes.

Le suspect de 25 ans, qui se faisait appeler « Ahmad Rouleau », avait adhéré à l'islam il y a environ un an. 

Sur la page Facebook de Martin Couture-Rouleau, de nombreux messages et vidéos de propagande faisant l'éloge du djihad démontraient d'ailleurs une radicalisation de l'individu.

C'est dans ce stationnement que le suspect a heurté deux piétons.

C'est dans ce stationnement que le suspect a heurté deux piétons.

Photo : Radio-Canada

Il se trouvait dans le stationnement depuis plus de deux heures

Le suspect se trouvait sur les lieux du drame depuis plus de deux heures lorsqu'il a mortellement happé le militaire avec sa voiture.

La Sûreté du Québec (SQ) a établi un poste de commandement sur les lieux de l'événement – au 320, boulevard du Séminaire Nord - afin de recueillir les informations des citoyens. Ces derniers sont invités à venir rencontrer les enquêteurs afin de les aider à reconstituer le fil des événements qui ont conduit à la mort du militaire et de son agresseur présumé.

« Parfois, les gens peuvent n'avoir vu qu'une partie de l'événement, mais pour nous, tout témoignage est important », explique le porte-parole de la SQ, Guy Lapointe. « Un peu comme un casse-tête, tous les morceaux sont importants pour avoir le portrait le plus précis [du déroulement de l'événement] à la fin. »

Deux heures d'attente

Le suspect était assis dans une voiture garée dans le stationnement où a eu lieu l'agression depuis au moins 9 h 15. L'agression est survenue à 11 h 33. Les enquêteurs de la SQ demandent aux citoyens qui sont passés dans le secteur, lundi, de leur fournir tous les détails qu'ils auraient pu observer sur l'individu qui était à bord d'une voiture de marque Nissan Altima de couleur beige ou or pâle de l'année 2000.

 La SQ refuse de confirmer l'identité de l'auteur de l'agression, identifié par les médias comme étant Martin Couture-Rouleau, puisque l'individu doit être identifié «  à la satisfaction du coroner  ». Le corps policier a toutefois révélé l'identité du militaire mort à la suite de l'agression : il s'agit de l'adjudant Patrice Vincent, âgé de 53 ans.

Quant au militaire qui a survécu, il demeure hospitalisé pour des blessures mineures mais sa vie n'est pas menacée.

Les policiers de Saint-Jean-sur-Richelieu ayant abattu Martin Couture-Rouleau, l'enquête a été confiée à la SQ. Le corps policier provincial tentera de déterminer la séquence des événements.

Les enquêteurs privilégient la thèse d'un « acte volontaire ». L'enquête sur les motivations du suspect a toutefois été confiée à l'équipe intégrée de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) qui comprend, outre des éléments de son propre corps policier, des membres de la SQ et du Service de police de la Ville de Montréal.

Justice et faits divers