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Rouleau était surveillé par la GRC et le renseignement canadien

Une centaine de Canadiens étaient surveillés par le SCRS
Radio-Canada

L'homme qui a foncé avec sa voiture sur deux militaires dans un stationnement de Saint-Jean-sur-Richelieu faisait partie d'un groupe de 90 Canadiens « radicalisés » surveillés par les policiers et le Service canadien du renseignement de sécurité comme étant susceptibles de commettre des actes terroristes. 

Martin Rouleau, qui se présentait sur Internet sous le nom de « Ahmad le converti », a été abattu par la police de Saint-Jean-sur-Richelieu au terme d'une poursuite dans les rues de Saint-Jean-sur-Richelieu après avoir happé deux militaires dans un stationnement avec sa voiture.

L'un d'eux a succombé à ses blessures. Quant à Martin Rouleau, il a été tué de plusieurs coups de feu après avoir tenté d'agresser une policière avec un couteau, après la poursuite.  

Le suspect s'était converti à l'islam il y a environ un an et multipliait ces derniers mois les messages radicaux et les vidéos de propagande du djihad sur sa page Facebook.

Connu des services de sécurité canadiens

Très tôt lundi, le gouvernement canadien a fait savoir que Martin Rouleau était connu des autorités fédérales comme étant un individu « radicalisé ». On sait aussi qu'il faisait partie d'un groupe de 90 individus au Canada, soupçonnés de s'être radicalisés ou d'entretenir des liens avec des organisations terroristes à l'étranger. 

Sans en préciser le nombre, le gouvernement fédéral confirme que plusieurs individus ont vu leurs passeports révoqués en vertu des nouvelles lois canadiennes destinées à lutter contre le terrorisme.

Individus sous surveillance au pays

  • 90 personnes font actuellement l'objet d'une enquête policière
  • 80 sont connues comme ayant voyagé à l'étranger
  • 130 au total sont suivies par le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS)

Plus tôt cette année, le ministre de l'Immigration, Chris Alexander, avait en effet indiqué que son gouvernement allait révoquer le passeport des Canadiens qu'il soupçonne de travailler pour des groupes terroristes à l'étranger. Les autorités ont confirmé que le passeport de Martin Rouleau lui avait été retiré par mesure de précaution.

En entrevue avec CBC, le ministre de l'Immigration a indiqué cette semaine que le gouvernement tentait de révoquer les passeports de 80 personnes qui sont revenues au Canada après avoir collaboré avec des groupes « militants » à l'étranger.

Il y a toujours la menace, qui est réelle. Et nous accordons beaucoup de confiance aux agences de sécurité afin de prévenir les attentats. Mais c'est impossible de les empêcher totalement.

Jason Kenney, ministre de l'Emploi et du Développement social

Déclaration du directeur des communications, cabinet du premier ministre du Canada

Le premier ministre a été informé cet après-midi par Bob Paulson, commissaire de la GRC, le Général Tom Lawson, chef d'état-major de la Défense et Stephen Rigby, conseiller à la sécurité nationale, de la situation survenue à Saint-Jean-sur-Richelieu impliquant deux membres des Forces armées canadiennes.

L'individu qui a happé les deux membres des FAC avec son véhicule est connu des autorités fédérales, notamment de l'Équipe intégrée de la sécurité nationale.

Les autorités fédérales ont confirmé que certains éléments indiquent clairement qu'il s'agit d'un individu qui s'est radicalisé.

Comme les organismes de sécurité du Canada l'ont indiqué, les Canadiens devraient demeurer vigilants.

Quels sont les pouvoirs des agents de l'État contre les terroristes? Les précisions du criminaliste Jean-Claude Hébert.

La GRC intervenue à une trentaine de reprises

La Gendarmerie royale du Canada est intervenue à 28 reprises au pays auprès de personnes qu'elle soupçonne d'avoir rejoint des groupes terroristes, ou d'avoir l'intention de se rendre à l'étranger pour gonfler les rangs de ceux-ci, a appris CBC.

Ces personnes sont soupçonnées d'être des militants actifs de réseaux que le gouvernement canadien considère comme terroristes.

Ces individus sont des personnes qui sont rentrées au Canada après avoir rejoint à l'étranger les rangs d'un groupe terroriste et qui ont l'intention d'y retourner ou des sympathisants qui sont au pays et qui ont l'intention de se rendre à l'étranger pour intégrer une organisation terroriste.

Le but des policiers de la GRC est « d'intervenir » et « de déranger » des individus dans le but de collecter des preuves qui pourraient les aider à porter des accusations par la suite. Dans ce contexte, les policiers sont amenés à mener des interrogatoires, à parler aux membres de la famille des personnes concernées, à effectuer des opérations de surveillance et dans certains cas à demander à Passeport Canada de révoquer le passeport du suspect.

Un djihadiste de l'État islamique fait un geste de victoire dans une rue de Kobané.Un djihadiste de l'État islamique fait un geste de victoire dans une rue de Kobané, en Syrie.. Photo : Stringer . / Reuters

Les 28 cas sur lesquels la GRC s'est penchée concernent des individus qui sont surveillés de près par les policiers et par le Service canadien du renseignement de sécurité, car ils font partie d'un groupe de personnes qui mettraient en danger la sécurité nationale si elles décidaient de voyager à l'étranger.

Rappelons que des centaines d'Occidentaux ont rejoint les rangs d'organisations terroristes islamiques ou de groupes de djihadistes qui combattent sous l'étendard de l'État islamique en Irak et en Syrie.

Le groupe armé État islamique (EI), Al-Shabab en Somalie, les talibans ou Boko Haram font partie de la cinquantaine d'entités que le Canada a ajoutées sur une liste des groupes terroristes.

Par ailleurs, si les autorités canadiennes estiment qu'une personne présente un risque « imminent » si elle prend l'avion, elles peuvent décider de la mettre sur « la liste des personnes précisées », en vertu du « Programme de protection des passagers ».

Grand Montréal

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