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« Une auteure » est un barbarisme, selon l'Académie française

Les immortels Alain Decaux, Amin Maalouf, Philippe Beaussant et Jean-Luc Marion en 2012.
Les immortels Alain Decaux, Amin Maalouf, Philippe Beaussant et Jean-Luc Marion en 2012. Photo: AFP / FRANCOIS GUILLOT

En France, le débat sur la féminisation des titres et des fonctions a été récemment ravivé, poussant même l'Académie française à intervenir.

Un député français, Julien Aubert, a été sanctionné au début du mois pour avoir appelé la présidente de séance Sandrine Mazetier « madame le président » et la ministre Ségolène Royal « madame le ministre ».

Il s'agit en effet d'une infraction au règlement de l'assemblée, qui a valu au député fautif une retenue représentant le quart de son salaire mensuel.

Or, ce dernier se réclame de l'Académie française, la seule institution, selon lui, à pouvoir trancher sur la question.

Qu'en dit l'Académie française?

Rappelons au passage que cette forteresse masculine a accueilli sa première femme 350 ans après sa fondation, et ne compte toujours aujourd'hui que 8 femmes sur 40 immortels.

L'Académie a publié la semaine passée une mise au point au sujet de la féminisation des noms de métiers, de fonctions, de grades ou de titres.

Le texte précise que même si le masculin a une valeur générique, ou « non marquée » en français, l'Académie ne s'oppose pas à la féminisation des titres (la preuve : artisane, postière, aviatrice, pharmacienne,  avocate, bûcheronne, factrice, compositrice, éditrice et exploratrice ont fait leur entrée dans le dictionnaire en 1935), « pourvu qu'ils soient de formation correcte ».

C'est là que le bât blesse : alors que professeure, auteure, ingénieure, procureure, etc. sont d'usage courant au Québec, pour l'Académie française, ces formes sont de « véritables barbarismes ».

Cet argument a été vite balayé par le linguiste Guy Bertand, premier conseiller linguistique à Radio-Canada, consultant pour Le Petit Robert et ardent défenseur de la féminisation des titres.

ll n'y a rien de plus démocratique que la langue : c'est l'usage qui décide [...] Le débat sur la féminisation des titres et des professions est un faux débat. 

Guy Bertrand

Un débat de société avant tout

Il s'agit d'un débat de société avant tout, car la question linguistique, elle, peut être tranchée quasi instantanément : le mot est-il féminisable ou pas? 

Selon M. Bertrand, très peu de mots ne sont pas féminisables et l'argument du laid est fallacieux : pourquoi un mot féminin serait-il plus laid que l'original masculin? Pourquoi le suffixe -euse aurait-il une connotation péjorative?

Au fond, il s'agit avant tout d'une question d'attitude sociale et culturelle.

Prix de la nouvelle Radio-Canada

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