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Le critère du plus bas soumissionnaire pose problème

Retour au travail sur les chantiers de construction
Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le système actuel qui veut qu'un appel d'offres public soit nécessairement remporté par le plus bas soumissionnaire conforme « facilite la vie aux criminels », croit l'Institut canadien des économistes en construction (ICEC).

L'organisme a affirmé à la commission Charbonneau, lundi, que ce système posait problème parce que les professionnels sont jugés sur le coût du projet soumis et non sur leurs compétences. Ils cherchent donc à couper les coûts par tous les moyens et la qualité de l'ouvrage est à l'avenant, a déploré Jean Paradis, le président de la section québécoise de cet institut.

On a un système de soumissions - et là, j'ouvre une grande boîte de Pandore - qui facilite la vie aux criminels. Notre système de plus bas soumissionnaire automatique, barré à tous crins, de notre avis à nous, c'est la façon la plus facile de permettre la collusion. 

Une citation de :Jean Paradis, président de la section québécoise de l'ICEC

M. Paradis a signalé que les architectes qui conçoivent les projets n'ont pas une formation poussée pour évaluer les coûts d'un projet de construction. Il a aussi déploré le fait que trop de projets soient lancés en même temps.

D'autres témoins devant la commission d'enquête ont noté qu'il existait trop peu d'économistes en construction au Québec. Il en existe 1800 au Canada, mais seulement 160 au Québec, a précisé M. Paradis. 

Le privé trop présent dans les bureaux de la Ville

Pour sa part, le Syndicat professionnel des scientifiques à pratique exclusive de Montréal a mis en garde la commission Charbonneau contre la perte d'expertise et d'expérience à l'interne dans le domaine du génie et, en conséquence, le recours aux firmes de génie-conseil. 

André Émond, président du Syndicat professionnel des scientifiques à pratique exclusive de MontréalAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

André Émond, président du Syndicat professionnel des scientifiques à pratique exclusive de Montréal

Le président du syndicat, André Émond, s'est étonné que le recours aux firmes privées de génie demeure fréquent, en dépit de tout ce qui a été révélé à la commission Charbonneau.« C'est littéralement le carnet de commandes pour l'ensemble de l'île de Montréal qui est donné au privé », a-t-il dit.

Selon lui, rien n'a changé à la Ville de Montréal et tout est encore en place pour un retour en force de la collusion et la corruption.

Permettre aux firmes de génie-conseil d'avoir accès à ce document de planification stratégique, c'est planifier le retour de la collusion. 

Une citation de :André Émond, président du Syndicat professionnel des scientifiques à pratique exclusive de Montréal

D'après M. Émond, au moins un employé d'une firme privée travaille même dans les bureaux de la Ville, où il côtoie des fonctionnaires.  

La présidente du Syndicat des professionnels municipaux, Gisèle Jolin, a voulu elle aussi attirer l'attention sur le recours de la Ville au privé dans le domaine informatique, et ce, faute d'expertise interne.

« Les consultants sont à ce point intégrés à la Ville qu'ils sont dans les bureaux de la ville, à occuper des espaces où les professionnels travaillent côte à côte. Et ils ne sont même pas conscients que c'est un consultant, tellement ça fait partie des façons de faire », a souligné Mme Jolin.

La commission Charbonneau tient aujourd'hui sa dernière journée d'audience pour les groupes intéressés par son mandat. À compter de mercredi, elle entendra des experts.

Avec les informations de La Presse canadienne

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