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Alphabétisation : les classes de la deuxième chance

En 1979, l'incendie d'un train transportant des produits dangereux a forcé l'évacuation des résidents de Mississauga, en Ontario.

Radio-Canada

Les Acadiens et les francophones du Nouveau-Brunswick se classent en queue de peloton parmi les francophones au Canada en matière d'alphabétisation. Mais derrière des statistiques peu reluisantes, on trouve une réelle volonté d'apprentissage chez plusieurs adultes.

Une étude menée en 2013 par Statistique Canada et le ministère de l'Emploi et du Développement des compétences du Canada montre qu'au Nouveau-Brunswick, 62 % des adultes francophones ont de la difficulté à lire et/ou à comprendre un texte simple.

Chez les anglophones, le score est de 48 % et à l'échelle nationale, 49 % des Canadiens sont dans une pareille situation.

Claude Comeau et Carole Richardson retournent en classe dans leur quarantaine

Le rapport « Les compétences au Canada : Premiers résultats du Programme pour l'évaluation internationale des compétences des adultes » (PEICA) montre qu'au Nouveau-Brunswick, les francophones ont un score moyen inférieur aux anglophones.

Les compétences au Canada : premiers résultats du Programme pour l'évaluation internationale des compétences des adultes 

« Les populations de minorités de langue officielle ont tendance à afficher un rendement plus faible que celui des populations de la majorité de langues officielles, à l'exception des anglophones du Québec, mais les différences varient d'une province à l'autre. »

Normand LévesqueAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Normand Lévesque

Photo : Michel Nogue

Le directeur général du Réseau pour le développement de l'alphabétisme et les compétences (RESDAC), un groupe national d'alphabétisation des adultes, constate que les gens ont moins tendance à lire et à écrire dans les régions où le taux de chômage est plus élevé.

Le fait que les francophones du Nouveau-Brunswick oeuvrent davantage dans des industries saisonnières, comme la pêche et la foresterie, expliquent les résultats de ces études.

D'une part, la relation qu'on aurait, nous, les francophones, à l'éducation et à la lecture, serait passablement différente que celle qu'on retrouve au niveau des anglophones.

Normand Lévesque, directeur général du Réseau pour le développement de l'alphabétisme et les compétences

Mais, plusieurs adultes souhaitent rattraper le temps perdu au Nouveau-Brunswick. En 2012-2013, le Programme communautaire d'apprentissage pour adultes (PCAA) comptait 2660 apprenants.

Nombre total d'apprenants uniques inscrits au PCAA :

  • 2010-2011 : 2647
  • 2011-2012 : 2626
  • 2012-2013 : 2660

Revenir pour le mieux

Radio-Canada a rencontré sept apprenants âgés de 23 à 48 ans. Plusieurs d'entre eux reviennent de loin et ils ont décidé de retourner en classe.

Dans mon temps à moi, on laissait l'école, on décrochait, puis on avait de l'ouvrage en masse.

Carole RIchardson, apprenante

Des apprenants comme Carole Richardson gardent tous un mauvais souvenir de leurs années à l'école. Leur motif pour y retourner est, dans bien des cas, l'obtention d'un diplôme qui leur permettra de gagner un meilleur salaire.

cinq personnes dans une classe.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un groupe d'apprenant de Bathurst.

Photo : Michel Nogue

« Tous mes emplois que j'ai eus, je n'ai jamais été capable de les garder, premièrement. Parce que du point de vue du salaire, je voulais toujours avoir un meilleur salaire. Puis, des jobs à salaire minimum, ça ne mène pas nulle part, ça ne donne pas d'avenir, je trouve », affirme pour sa part l'apprenant Claude Comeau.

Le président d'Apprentissage pour adultes Chaleur, Paul Desjardins, explique que les organisations comme celle qu'il dirige donnent des outils aux apprenants pour fonctionner et « avancer » en tant qu'individu dans la société d'aujourd'hui.

M. Desjardins souligne que le nombre de classes d'alphabétisation a plus que doublé dans la région au cours des dernières années.

« On fait plus que du surplace. Moi, je suis garanti qu'on a beaucoup plus de ressources aujourd'hui qu'on avait auparavant » - Paul Desjardins, président d'Apprentissage pour adultes Chaleur.

Jérémie Chiasson, Mathieu Thériault et Dominic Albert ont tous décidé de retourner en classe dans leur vingtaine

Au total, le gouvernement du Nouveau-Brunswick dénombrait 165 programmes ou contrats d'apprentissage pour adultes en 2012-2013. Il y en avait 167 en 2011-2012.

Or, selon Normand Lévesque, les différents gouvernements provinciaux n'ont pas accordé suffisamment d'importance à l'alphabétisation.

« On ne semble pas trouver une voie qui va nous permettre de répondre à ce défi-là qui est la formation. Je pense qu'on n'a pas de politique. Je pense qu'on n'a pas de vision », ajoute-t-il.

Acadie

Société