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Mort d'Alain Magloire : la stratégie des policiers contestée

Alain Magloire

Alain Magloire

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des experts remettent en question la stratégie des policiers lors d'une intervention d'urgence menée en février dernier à Montréal à l'endroit d'Alain Magloire, un sans-abri qui souffrait de problèmes de santé mentale.

Un texte de Jean-Philippe RobillardTwitterCourriel

Les enregistrements audio et vidéo exclusifs des derniers instants d'Alain Magloire, diffusés à Radio-Canada jeudi, ont suscité plusieurs réactions.

Pierre Magloire, le frère de la victime, ne comprend pas pourquoi un des policiers dépêchés sur les lieux a foncé sur Alain Magloire avec son véhicule. Il croit que c'est à partir du moment où la voiture policière arrive que « tout dégénère ». « Et c'est ce qui me choque le plus », ajoute-t-il.

Le policier à la retraite Guy Ryan n'arrive pas à comprendre, lui non plus, ce qui a poussé l'agent à poser un tel geste. « Je n'ai pas vu ça souvent, perdre un véhicule pour heurter quelqu'un. »

« Ne disposant d'aucune arme intermédiaire et considérant que les policiers faisaient face à un danger imminent pour leur sécurité, j'ai spontanément décidé d'utiliser mon véhicule de patrouille afin de neutraliser l'individu. »

— Une citation de  Extrait du rapport du policier au volant du véhicule

Selon Stéphane Berthomet, spécialiste des affaires policières, c'est là que les policiers ont commis une erreur stratégique.

« On a décidé de passer en mode plus intervention : le frapper avec l'autopatrouille. Un policier essaie d'aller au contact avec lui. Ça se passe mal. Magloire lève son marteau. Il se fait tirer. On est vraiment dans une situation d'escalade. »

— Une citation de  Stéphane Berthomet, spécialiste des affaires policières

Serge Lareau, ex-directeur général du journal L'itinéraire, dénonce la façon dont les policiers ont mené l'intervention. « On sent que le travail a été mal fait d'un bout à l'autre parce que c'était trop agressif dès le départ face à une personne qui a des problèmes de santé mentale », dit-il.

Pour Olivier Famer, psychiatre à l'hôpital Notre-Dame du CHUM, il faut investir davantage en santé mentale.

« On peut investir des millions pour former des policiers et on va sauver deux ou trois personnes. Alors que si on déployait des équipes en santé mentale, on dépenserait peut-être des millions, mais on pourrait sortir 100, 200, 300 personnes par année de la rue. »

— Une citation de  Olivier Famer, psychiatre à l'hôpital Notre-Dame du CHUM

La Fraternité des policiers de Montréal, tout comme le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) et la ministre québécoise de la Sécurité publique, ont refusé de réagir aux enregistrements que nous avons diffusés.

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