•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une comète visite Mars

Représentation artistique du passage de la comète dans l'atmosphère de Mars.

Représentation artistique du passage de la comète dans l'atmosphère de Mars.

Photo : NASA

Radio-Canada

En janvier 2013, un astronome australien a aperçu une comète inconnue, au-delà de l'orbite de Jupiter. Elle se dirigeait vers le centre de notre système solaire à plus de 200 000 km/h.

Un texte de Charles TisseyreCourriel à Découverte

À la surprise des astronomes, les premiers calculs indiquaient que la comète - baptisée Siding Spring - fonçait directement vers la planète Mars, risquant de causer, en cas d'impact, de graves perturbations à l'échelle planétaire.

Toutefois, des projections plus récentes indiquent que la comète va plutôt s'approcher de la planète rouge de très près. En observant les orbites de Mars et de la comète, on constate qu'à leur point de rencontre le plus proche, dimanche, elles ne seront qu'à 132 000 km l'une de l'autre. Soit, à titre de comparaison, au tiers de la distance entre la Terre et la Lune.

Ce constat fait réfléchir, parce que si Siding Spring avait frappé la surface martienne, elle aurait pu causer une déflagration. Souvenons-nous de la violence de l'impact, sur Jupiter, d'un des fragments de la comète Shoemaker Lévis-9, en 1994. Cela avait causé une explosion dans l'atmosphère de la taille de la Terre.

Si Siding Spring ne frappe pas la planète rouge, elle causera toutefois quelques perturbations. Les poussières, la vapeur d'eau et d'autres gaz qui jailliront de la comète par sa queue balayeront la haute atmosphère de Mars sur des dizaines de kilomètres. Cela pourrait réchauffer l'atmosphère, la dilater et causer des phénomènes visibles sous forme d'aurores martiennes.

Représentation des sondes à l'abri au moment du passage de la comète.

Représentation des sondes à l'abri au moment du passage de la comète.

Photo : NASA

Des sondes en danger

De plus, les particules de poussières de la comète, qui sont minuscules, mais qui se déplacent à 56 km à la seconde, se comportent comme des balles de fusil et pourraient endommager les sondes en orbite.

Pour protéger les sondes, leurs trajectoires ont été légèrement modifiées, de telle sorte qu'elles se trouveront de l'autre côté de Mars quand le plus gros de la tempête atmosphérique de particules surviendra. En dépit de leurs craintes, les responsables des missions sont tout de même galvanisés parce que cet événement rarissime offre des possibilités inespérées pour la recherche.

Par une coïncidence inouïe, MAVEN, la plus récente sonde de la NASA, s'est placée en orbite autour de Mars il y a à peine quelques semaines. La vocation de MAVEN est justement d'étudier l'atmosphère martienne. Elle sera aux premières loges pour observer les phénomènes qui pourraient se produire au passage de Siding Spring. 

L'orbiteur Mars Reconnaissance, les observatoires terrestres et le télescope Hubble seront également mis à contribution.

Impression artistique du phénomène tel qu'il pourra être vu de la surface de Mars.

Impression artistique du phénomène tel qu'il pourra être vu de la surface de Mars.

Photo : Steven Hobbs/Stocktrek Images

Les astronomes s'intéresseront tout particulièrement au noyau de la comète parce qu'il pourrait contenir des matériaux primordiaux datant des débuts du système solaire.

En effet, Siding Spring provient fort probablement du nuage d'Oort qui engloberait le système solaire à de très grandes distances du Soleil, à la limite de son influence gravitationnelle.

Ce nuage contiendrait des milliards de noyaux cométaires très anciens. Selon certains, la comète aurait décroché du nuage d'Oort, bousculée par la force gravitationnelle d'une étoile passant à proximité, et serait alors tombée vers le Soleil. Un voyage qui dure depuis maintenant un million d'années.

Son noyau, formé de glace et de poussière, n'a jamais été dégelé ni déformé par la chaleur du Soleil, comme c'est le cas des noyaux des comètes de courte période qui visitent le centre du système solaire régulièrement.

Pouvoir observer le noyau intact d'une comète à longue période, jamais vue auparavant, comme Siding Spring, sera une première en astronomie.

Les scientifiques chercheront plus particulièrement à détecter des composés organiques à base de carbone. On sait que ces composés, véritables briques constitutives du vivant, existent dans les comètes et les astéroïdes.

Dimanche, à la surface de Mars, la sonde Curiosity sera aux aguets. Si jamais des particules de la queue de Siding Spring devaient tomber sur le rover, sa pelle robotique serait prête à récolter de la poussière de comète.

L'émission Découverte diffusera un reportage sur le phénomène dimanche à 18 h 30 sur ICI Radio-Canada Télé.

Pour voir la vidéo sur votre appareil mobile, cliquez ici (Nouvelle fenêtre)

Science