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Des propositions de TransCanada sous la loupe de Québec

Le ministère de l'Environnement étudie la proposition de TransCanada
Radio-Canada

La société albertaine TransCanada a présenté, hier en fin de soirée, différents plans de travail au gouvernement du Québec dans l'espoir de reprendre ses travaux d'exploration à Cacouna dans le Bas-Saint-Laurent. La société devra montrer au gouvernement qu'elle ne nuit pas à l'habitat naturel des bélugas, une espèce menacée qui vit dans l'estuaire du Saint-Laurent.

À la toute dernière minute, l'entreprise a envoyé plusieurs nouvelles propositions au ministère. « Je ne veux pas présumer de comment vont aller les discussions entre mes collègues et les experts au ministère. On a bon espoir que, compte tenu de ce qu'on met de l'avant, ça va être accepté rapidement. Mais on verra comment vont se dérouler les pourparlers aujourd'hui », dit le porte-parole de la compagnie, Philippe Cannon.

Le ministère de l'Environnement a confirmé avoir reçu les nouvelles propositions. À Montréal, le ministre David Heurtel n'a pas voulu parler de date butoir pour évaluer la proposition de TransCanada. Il s'est limité à dire que le tout serait étudié avec rigueur et selon les exigences requises. Selon lui, il est trop tôt pour dire quand les forages pourraient reprendre au port de mer de Cacouna.

De son côté, le Parti québécois est revenu à la charge, par voie de communiqué, en demandant de nouveau la révocation du certificat d'autorisation que Québec a donné à TransCanada le 21 août.

Le ministre Heurtel n'a pas voulu répondre à la demande du Parti québécois. Il a expliqué souhaiter prendre le temps de regarder la proposition de TransCanada.

Rappelons que le ministère de l'Environnement avait rappelé TransCanada à l'ordre, la semaine dernière, et lui avait demandé de diminuer les émissions sonores pour ne pas nuire aux bélugas. Québec a publié un communiqué, mercredi, dans lequel le ministère confirmait que « l'entreprise ne pourrait donc reprendre ses travaux de sondage géotechnique au large de Cacouna, tant et aussi longtemps qu'elle n'aura pas soumis de proposition jugée acceptable par le ministère ».

Ces travaux doivent servir à déterminer le possible emplacement du port pétrolier que TransCanada souhaite construire au large de Cacouna dans le cadre de son projet d'oléoduc Énergie Est.

TransCanada a aussi dû interrompre ses forages en raison d'une injonction interlocutoire de la Cour supérieure du Québec après une requête de quatre groupes environnementaux. La compagnie doit revoir sa façon de procéder. L'injonction prenait fin le 15 octobre.

Le ministère se veut rassurant

Le ministère de l'Environnement a fait savoir que les propositions de TransCanada feront l'objet d'une analyse détaillée. « C'est à l'entreprise de nous proposer des façons de faire, et c'est ce qu'ils nous ont mis sur la table hier. Nous, on va analyser tout ça pour nous assurer que c'est fait correctement. Si le projet est acceptable, ils auront l'autorisation du ministère pour poursuivre les sondages », a expliqué le porte-parole du ministère, Frédéric Fournier.

Hier, le ministre du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques David Heurtel a refusé de répondre aux questions des journalistes à la sortie du Conseil des ministres. Certains de ses collègues ont tenté de se faire rassurants dans ce dossier.

« Notre rôle c'est de voir quels sont les avantages et les inconvénients. Et on a encore presque un an pour se faire une idée sur l'ensemble du projet », a indiqué le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles Pierre Arcand.

Quant au ministre Jean d'Amour, qui est le député de la circonscription où se déroule toute cette saga, il admet que le dossier est difficile.

« TransCanada a un défi de communication à relever d'abord avec la communauté chez nous. Et il faut qu'à tout point de vue TransCanada se conforme aux exigences et ça, pour moi, c'est non négociable », a-t-il expliqué.

Les environnementalistes maintiennent la pression

Aujourd'hui, une vigile citoyenne est organisée pour épier les moindres mouvements de la barge de TransCanada.

Mercredi, des groupes environnementalistes ont déposé une pétition de 32 000 noms au bureau du premier ministre à Québec.

« Ce qu'on demande c'est que comme ce permis a été donné dans des conditions que moi je qualifie de tout à fait illégales, illégitimes, il devrait être tout simplement abandonné. Et la compagnie ne devrait pas reprendre ses forages », a plaidé le directeur scientifique de l'Institut national d'écotoxicologie du Saint-Laurent, Pierre Béland.

« On doit arrêter cela. Et la pétition, les 32 000 noms, va se poursuivre jusqu'à ce qu'il y ait arrêt de ces forages-là », a affirmé le directeur de Nature Québec, Christian Simard.

Le projet Énergie Est de TransCanadaLe projet Énergie Est de TransCanada Photo : Radio-Canada

Projet d'oléoduc Énergie Est

TransCanada prévoit construire un port pétrolier à Cacouna. Un tronçon d'oléoduc doit traverser le Kamouraska et le Témiscouata.

L'oléoduc de 4600 km transporterait quotidiennement plus d'un million de barils de pétrole brut de l'Ouest canadien jusqu'à des raffineries et des terminaux au Québec et au Nouveau-Brunswick.

Le projet prévoit la conversion d'un gazoduc existant de TransCanada, puis la construction d'un oléoduc sur le reste du parcours en Alberta, en Saskatchewan, au Manitoba, en Ontario, au Québec et au Nouveau-Brunswick.

Des scientifiques, des environnementalistes et des citoyens sont opposés à l'installation de l'oléoduc. Certains ont marché 700 km, à travers le Québec, pour contrer le projet.

Au final, l'Office national de l'énergie recommandera au gouvernement fédéral de réaliser le projet ou de le rejeter.

Est du Québec

Environnement