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Un meurtre-suicide en Saskatchewan sous la loupe d’experts

Shirley Parkinson, 56 ans, a été tué par son mari le mois dernier

Shirley Parkinson, 56 ans, a été tué par son mari le mois dernier

Photo : Facebook

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le mois dernier, une femme de 56 ans a été tuée par son mari, qui s'est ensuite enlevé la vie, près de Unity, en Saskatchewan. La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a toutefois refusé de confirmer qu'il s'agissait d'un meurtre-suicide, se limitant toujours à dire que le décès de Shirley Parkinson était un cas de « mort soudaine ».

Le bureau du coroner en chef de la province et la mère de la victime ont confirmé que Shirley Parkinson, une infirmière mère de deux enfants, a été tuée par son mari le 10 septembre dernier, à leur résidence. Donald Parkinson, 60 ans, s'est ensuite suicidé. Le tout soulève des questions sur la pertinence d'informer ou non le public lors de tels drames.

La GRC refuse toujours de confirmer les détails des décès de Shirley et Donald Parkinson, car ces morts ne sont pas considérées comme une affaire policière. Selon la porte-parole de la GRC en Saskatchewan, Mandy Maier, la loi fédérale interdit à la GRC de dévoiler des renseignements personnels sans consentement, sauf si l'intérêt public le justifie. Elle dit que tant qu'il n'y a pas de risque pour le public, le corps policier n'est pas dans l'obligation de dévoiler des informations jugées privées.

Toutefois, la Loi sur la protection des renseignements personnels semble être appliquée de manière sélective. En Saskatchewan, un cas similaire en 2012 avait été rendu public par la GRC. Un communiqué confirmait qu'un homme, Darren Wourms, avait tué sa femme et leur fils avant de s'enlever la vie. Il était alors clairement question d'un homicide.

Selon un avocat de Regina spécialisé en protection de la vie privée, Me Greg Fingas, la définition de ce qu'est un renseignement personnel est extrêmement vaste. Il dit qu'il ignore qui les policiers veulent protéger dans le cas du meurtre de Shirley Parkinson. « Je ne sais pas quel intérêt est protégé en décidant de ne pas rendre cette information publique, de toute évidence pour eux, chaque cas est différent », souligne-t-il.

« Un meurtre n'est pas un secret », dit Sonia Salari

Shirley et Donald Parkinson
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Shirley et Donald Parkinson

Photo : Facebook

Sans confirmation officielle, le meurtre de Shirley Parkinson n'a jamais été rapporté dans les médias, ce qui est très grave selon Sonia Salari, une experte américaine de la question des meurtres-suicides. Celle-ci critique le comportement de la GRC dans ce dossier. Elle rappelle qu'il s'agit d'un meurtre et que ce drame doit être traité comme tout autre cas de meurtre. « C'est la forme la plus sévère de violence conjugale, dit-elle, et ces faits doivent être connus. » La sociologue est d'avis que reconnaître qu'il s'agit d'un homicide peut mener à des prises de conscience pour trouver des moyens de prévenir cette ultime forme de violence conjugale.

« Ces faits doivent être connus et il faut faire une prise de conscience du danger de ce genre de violence conjugale. »

— Une citation de  Sonia Salari, experte en meurtres-suicides

Suicides chez les baby-boomers

Une étude de 729 meurtres-suicides aux États-Unis impliquant des couples devrait à elle seule sonner l'alarme, selon Sonia Salari, auteure de l'étude.

Elle s'est appuyée en grande partie sur des informations disponibles dans les médias parce que, dit-elle, les policiers classent souvent les informations concernant les meurtres-suicides dans des dossiers séparés, même s'ils sont reliés.

Selon l'étude de Sonia Salari sur 729 meurtres-suicides aux États-Unis : 

97 % des auteurs des responsables de ces meurtres-suicides sont des hommes
31 % des meurtriers ont 60 ans ou plus
87 % des meurtriers utilisent une arme à feu

Avec le taux de suicides en hausse chez les baby-boomers, les meurtres-suicides représentent, selon elle, un risque pour la santé des femmes et celle du public en général.

La mère de Shirley Parkinson, Naden Hewko, croit elle aussi que les cas de meurtres-suicides doivent davantage être connus.

« Nous avons besoin de plus d'éducation par rapport aux problèmes de santé mentale. Donald était un homme malade, et il aimait sa femme. »

— Une citation de  Naden Hewko, mère de Shirley Parkinson

Shirley et Donald Parkinson ont été mariés pendant 27 ans.

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