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Le « crossfit », un sport intensif qui séduit de plus en plus d'enfants

Un jeune garçon durant son entraînement « crossfit »
Radio-Canada

Ils font des pompes, des tractions, des flexions. Pendant une heure, ils sautent, courent et enchaînent les mouvements à une allure effrénée. La particularité de ces sportifs passionnés? Ils ont entre 5 et 10 ans et ne jurent que par le « crossfit ».

Un reportage d'Élodie VergelatiCourriel

Depuis quelque temps, ce sport d'adultes qui combine endurance et gymnastique se décline dans une version adaptée aux enfants.

Ce vendredi soir, dans l'arrondissement de Saint-Laurent, à Montréal, ils sont une dizaine d'enfants, âgés de 5 à 10 ans, à s'échauffer dans leur club « Crossfit St-Laurent » avant le début du cours.

Jeux de ballon, rires, et musique techno à fond, qui résonne dans ce qui ressemble bien plus à un hangar qu'à une salle de gymnase classique. Le décor est sommaire : des anneaux de gymnastique, des haltères rangés dans un coin et une série de « box », des promontoires en bois sur lesquels ces sportifs en herbe vont sauter des dizaines de fois. Mais l'ambiance est survoltée.

« Ça m'aide à devenir plus forte »

Ivana, 10 ans, vient d'abord pour retrouver ses copines. « J'adore le crossfit, je peux jouer avec mes amies, et puis ça m'aide à devenir plus forte, à développer mes muscles », confie-t-elle.

Galber son corps, développer sa force physique et musculaire tout en s'amusant, c'est aussi ce qui pousse Morgane à pratiquer le crossfit une fois par semaine depuis déjà quelques mois. C'est son père qui en a entendu parler. Il cherchait pour sa fille une activité complémentaire qui lui permette d'améliorer son hockey.

« Avec le crossfit, j'ai plus de puissance. Mon but, c'est d'aller plus vite sur la glace, et de perfectionner mes lancers », explique celle qui rêve d'une carrière professionnelle.

Une jeune fille durant son entraînement « crossfit »

Pompes, squats... et jeux de chaises musicales!

C'est Tania Duczak qui dirige la séance. Professeure certifiée « crossfit pour enfants », elle a concocté un programme soutenu d'une heure, avec quelques pauses « pour que les enfants reprennent leur souffle, et aussi pour qu'ils retrouvent leur concentration, parce qu'ils ont beaucoup d'énergie et ils ont tendance à se dissiper! », rappelle-t-elle en riant.

Le lever de poids est exclu, « l'haltérophilie, ce n'est pas avant l'âge de 10-12 ans et seulement pour les enfants qui ont le profil et l'entraînement », insiste Tania. En revanche, les enfants apprennent, comme les adultes, les mouvements de base du crossfit.

Il y a d'abord le « squat », un mouvement accroupi qui renforce les muscles des cuisses et les fessiers, mais aussi le saut sans élan, ou encore le fameux « burpee » « le plus détesté de tous », s'amuse Tania Duczak. C'est un déplacement en trois temps, qui commence au sol par une pompe, le corps retrouve ensuite sa position accroupie avant de se propulser, bras en l'air, en extension complète.

Une fois, deux fois, trois fois, les enfants commencent à fatiguer, mais ils n'abandonnent pas. Tanya est là pour les motiver « et surtout pour qu'ils aient du fun », souligne-t-elle. « Les mouvements sont intégrés dans des jeux, ils conditionnent le corps sans que ce soit pénible ou rébarbatif ». C'est parti pour le jeu des chaises musicales. Les enfants tournent autour de ballons en alternant la position accroupie de la grenouille, et les trottinements avec genoux ramenés vers la poitrine.

Pour écouter l'entrevue avec Marie-Ève Mathieu sur votre appareil portable, cliquez ici (Nouvelle fenêtre).

Un sport dangereux pour les enfants?

Le crossfit fait de plus en plus d'adeptes chez les enfants. Aux États-Unis, là où ce sport est né à la fin des années 90, il y aurait 700 centres de crossfit pour enfants. On en compte au moins trois à Montréal.

Mais cet engouement soulève des interrogations. Le crossfit est-il dangereux pour les enfants? Pour Marie-Ève Mathieu, physiologiste de l'exercice, et professeure à l'Université de Montréal, tout est une question de mesure.

« Si le crossfit est adapté aux enfants, à leur développement physique, ça ne pose pas de problème. Il faut que la pratique soit encadrée, que les enfants reproduisent les bons gestes. Et leur colonne vertébrale peut tout à fait assumer des charges importantes, celle du corps tout entier par exemple en position de chandelle », détaille la chercheuse au CHU Sainte-Justine. « En revanche, les poids externes que l'on tire à la force des bras ou des jambes ne sont pas conseillés à cet âge-là », conclut la kinésiologue.

Prix de journalisme en loisir 2015 : Élodie Vergelati a reçu en novembre le deuxième prix pour ce reportage par le Conseil québécois du loisir.

Société