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L'Institut Philippe-Pinel et ses 50 ans d'histoire

L'Institut Phillippe-Pinel à Montréal a 50 ans.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

L'Institut Philippe-Pinel, à Montréal, le seul hôpital à sécurité maximale de la province, a 50 ans cette année. Son histoire a été marquée par quelques patients célèbres, mais surtout par l'avancement des connaissances sur l'évaluation et le traitement des plus graves troubles psychiatriques qui soient, ceux qui conduisent à la violence.

Il y a 50 ans, les criminels souffrant de graves problèmes de santé mentale étaient entassés à la prison de Bordeaux.

« Dans l'aile D de Bordeaux, vous aviez 500 hommes qui avaient été pratiquement oubliés du système, qui tournaient un peu en rond, sans vraiment de traitement », raconte Danielle Pouliot, auteure de L'Institut Philippe-Pinel : 50 ans d'histoires, qui est aussi une employée de l'établissement.

L'Institut Philippe-Pinel, à Montréal, a 50 ans.

L'Institut Phillippe-Pinel à Montréal a 50 ans.

Photo : Radio-Canada

« Les premiers efforts de l'équipe [de Pinel], ç'a été de faire un peu le ménage au niveau des statuts légaux, de commencer à entrer en relation avec eux, à les sortir de la noirceur », poursuit-elle.

Pendant qu'on construisait l'Institut, les psychiatres commençaient déjà à traiter leurs patients emprisonnés.

« Il y avait plusieurs de ces personnes-là qui avaient été jugées inaptes à comparaître. Alors les psychiatres ont fait des évaluations de ces gens. Ils leur ont permis de comparaître, et beaucoup de ces personnes ont pu rentrer chez elles. Il n'y avait pas raison de les maintenir dans un espace sécuritaire, mais on les avait tout simplement oubliées », explique Danielle Pouliot.

Cinquante ans plus tard, Philippe-Pinel est resté fidèle à ses objectifs de départ : créer un véritable centre hospitalier à échelle humaine, un lieu destiné à soigner plutôt qu'une prison faite pour punir.

Et ça fonctionne. « Il y a une extrême minorité des cas exceptionnels de patients qui sont là depuis de très nombreuses années et qui ne seraient pas capables de sortir de l'hôpital », dit le Dr Frédéric Millaud, psychiatre et coauteur de L'Institut Philippe-Pinel : 50 ans d'histoires.

Guy Turcotte

Guy Turcotte

Photo : Courtoisie

Des patients célèbres qui alimentent les préjugés

Philippe-Pinel, ce sont aussi des patients plus célèbres que d'autres, comme Karla Homolka, Valery Fabrikant et le cardiologue Guy Turcotte, qui contribuent aux préjugés tenaces à l'endroit de l'institution, qu'on voit habituellement comme un endroit d'où l'on ne ressort jamais, sauf exception. Mais le Dr Millaud insiste pour dire que la réalité est très différente.

« Tous les patients de Pinel, 90 à 95 % du temps, sont des gens qui vont être réinsérés, remis dans la société, avec de l'aide, qui vont être suivis dans des hôpitaux psychiatriques, dans des cliniques externes, qui vont bénéficier de certaines ressources d'hébergement éventuellement », dit-il.

« Et pour un certain nombre d'entre eux, ils sont totalement réintégrés à la société et reprennent une vie normale, mais en suivant un traitement psychiatrique », ajoute le Dr Millaud.

L'Institut Philippe-Pinel est également un établissement à vocation universitaire qui, depuis ses débuts, fait de la recherche, de l'enseignement et maintenant de la consultation à l'extérieur du pays.

D'après un reportage de Normand Grondin

Grand Montréal

Société