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Il y a 30 ans, la fermeture de la ville de Gagnon

Jean Poulin, ancien résident de Gagnon

Radio-Canada

Il y a 30 ans, les 2000 résidents de la municipalité de Gagnon, sur la Côte-Nord, apprenaient la fermeture de leur ville.

La ville minière était frappée de plein fouet par la crise du fer, de sorte que la compagnie Sidbec-Normines, qui exploitait le gisement de Fire Lake, a dû cesser ses activités, ce qui a mené à la disparition de Gagnon.

C'est sûr que le monde serait resté là. C'est sûr et certain.

Jean Poulin, ancien résident de Gagnon
Jean Poulin, ancien résident de GagnonAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Jean Poulin, ancien résident de Gagnon

Jean Poulin a passé près de 15 ans à Gagnon, soit de 1959 à 1973. Dans cette ville, dit-il, « il n'y avait pas de classe de gens ». « Le surintendant de Québec Cartier Mining pouvait être chum avec le mécanicien du concentrateur comme être chum avec le concierge ailleurs. Tout le monde était un chum, tout le monde se connaissait. »

M. Poulin parle de ses années passées à Gagnon comme « d'une expérience inoubliable ». La fermeture de la ville l'a beaucoup marqué.

« Un an avant, quand tu annonces que ça va fermer, tu trouves ça drôle un peu, c'est peut-être une joke. Mais quand la réalité arrive, et que tu es imprégné dans la ville de Gagnon, tes enfants sont là, tu as la grosse job, ta mère est maîtresse d'école... C'était très triste parce que le monde, leur vie était là, leur famille était là, les enfants étaient venus au monde-là. »

La ville a été fermé en 1984 et, en 1985, tout a été rasé et enterré. « Ils ont creusé des trous et ils ont boulé. Ils ont boulé la ville de Gagnon. Que ce soit des maisons, l'aréna, le curling, les hôtels, l'hôpital, les écoles. Ça a été enfoui », se souvient M. Poulin.

Démolition de la ville de GagnonAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Démolition de la ville de Gagnon

Aujourd'hui, il ne reste de la ville de Gagnon que des vestiges de ce qui fut autrefois la rue principale et un panneau de signalisation rappelant aux passants que jadis, une ville se trouvait à cet endroit.

Le 11 octobre 1984, les quelque 2000 citoyens de la ville minière de Gagnon sont convoqués à l'église par le conseil municipal afin d'apprendre officiellement la nouvelle qu'ils redoutent : la fermeture définitive de leur ville.

Au début des années 1980, la crise du fer frappe durement l'économie de la Côte-Nord, entraînant des pertes qui atteignent 10 millions de dollars en 1983 pour la compagnie Sidbec-Normines. L'entreprise annonce donc la fin de ses activités au gisement de Fire Lake en 1984. La fermeture de la municipalité de Gagnon, dont l'économie repose uniquement sur l'extraction du fer, devient inévitable.

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