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Pierre Karl Péladeau justifie son intervention en faveur de Québecor

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Le député péquiste Pierre Karl Péladeau

Le député péquiste Pierre Karl Péladeau

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Candidat pressenti à la course à la direction du Parti québécois (PQ), le député péquiste de Saint-Jérôme et magnat de la presse, Pierre Karl Péladeau, se défend d'être intervenu auprès du gouvernement québécois pour favoriser son entreprise, Québecor.

M. Péladeau convient qu'il est intervenu pour qu'une transaction se règle en faveur de son entreprise, mais il soutient que c'était pour le bien de sa circonscription et pour l'économie québécoise.

Je l'ai fait à titre de député de Saint-Jérôme, afin de favoriser le développement économique de la région des Laurentides.

Pierre Karl Péladeau

Le journal La Presse révélait ce matin que M. Péladeau est intervenu à deux reprises auprès du gouvernement pour favoriser son entreprise. Il est intervenu publiquement au cours d'une commission parlementaire, en juillet dernier, pour plaider la cause de Québecor dans le dossier de la vente de Vision Globale, une société notamment propriétaire des Studios Mel's. M. Péladeau précise être intervenu dans le dossier à la demande des dirigeants de l'entreprise.

« À la demande des dirigeants de cette entreprise [Vision Globale], j'ai informé simultanément la direction de Québecor et celle d'Investissement Québec du risque qu'une autre entreprise de chez nous passe à des mains étrangères », explique-t-il dans l'envoi.

M. Péladeau a demandé au ministre Jacques Daoust d'intervenir pour que Vision Globale - qui a acquis les installations de Mel's en 2012 pour un montant de 70 à 80 millions - demeure la propriété d'un groupe québécois.

Il n'y avait que deux offres pour l'achat de l'entreprise : l'américaine Clearlake Capital et la québécoise Québecor media, dont M. Péladeau est l'actionnaire de contrôle. 

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L'argumentaire de Pierre Karl Péladeau sur l'avenir des Studios Mel's

Le ministre de l'Économie, de l'Innovation et des Exportations, Jacques Daoust, se souvient de l'intervention de M. Péladeau en commission parlementaire. Elle a eu lieu en soirée à un moment où une trentaine de personnes étaient dans la salle et il s'était senti mal à l'aise. « On n'est pas seul [en commission parlementaire], lui et moi savions très bien de quoi on discutait », explique M. Daoust.

« J'ai été très surpris quand ça a été soulevé, je n'ai pas voulu en faire un plat », confie M. Daoust. « Si j'avais discuté ouvertement de ça, ça aurait pu effrayer des partis et ça peut entacher la transaction. »

Toujours dans le cadre de cette vente, M. Péladeau avait déjà pris l'initiative de téléphoner à un haut dirigeant d'Investissement Québec, deux mois plus tôt, pour qu'il favorise Québecor dans le dossier de la vente des Studios Mel's.

« Ça démontre toute la pertinence de notre motion qui a été déposée cette semaine à l'Assemblée nationale », a déclaré le député de la Coalition avenir Québec, François Bonardel. Ce dernier faisait référence à la motion de la CAQ visant à interdire à un député de détenir une majorité d'actions dans une entreprise médiatique.

Inspirée du cas de M. Péladeau, la motion tente de protéger l'indépendance des médias face à un patron de presse qui occuperait une fonction politique importante. « On est face à un cas unique, ajoute M. Bonardel. L'arrivée de M. Péladeau, propriétaire d'un empire médiatique comme Québecor, et ça démontre aussi que notre code d'éthique est désuet. »

Favoriser l'économie québécoise

Le député de Saint-Jérôme a tenu à donner sa version des faits sur sa page Facebook. M. Péladeau y explique la genèse de son intervention en commission parlementaire pour tenter d'infléchir le gouvernement en faveur de Québecor dans la vente de Vision Globale.

Il soutient avoir vu une occasion de développer un projet pour sa circonscription lorsqu'Aéroports de Montréal a lancé un appel d'offres pour la démolition de l'aérogare de Mirabel. Il a ainsi eu l'idée de récupérer cet actif et il a contacté les dirigeants des Studios Mel's pour s'informer de leur éventuel intérêt pour l'aérogare.

Si on est en mesure d'aller chercher trois ou quatre partenaires et de trouver justement ce que ADM recherche depuis un certain nombre d'années, voilà une solution qui va faire en sorte qu'on puisse utiliser l'aérogare et éviter de payer pour le démolir.

Pierre Karl Péladeau

C'est ainsi qu'il a appris que Vision Globale était sur le point d'être vendu à des intérêts américains. « Ma démarche était uniquement motivée par ma conviction sur l'importance de garder entre des mains québécoises le contrôle d'une de nos entreprises, d'autant plus que les Studios Mel's avaient bénéficié dans le passé d'appuis et de financement publics », poursuit-il.

M. Péladeau soutient avoir voulu favoriser les intérêts économiques du Québec.

Le député de Saint-Jérôme a rencontré le commissaire à l'éthique pour « clarifier cette question ». Le commissaire a plus tard fait savoir qu'il ouvrait une enquête.

« Une ingérence inacceptable »

Le député de Mercier, Amir Khadir, de la formation Québec solidaireAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le député de Mercier, Amir Khadir, de la formation Québec solidaire

« Il semble que, dans nos pays, on soit incapables de responsabiliser les gens qui commettent des erreurs », déclare le député de Mercier, Amir Khadir.

Le député de Québec solidaire estime que le commissaire à l'éthique a une lourde responsabilité. « C'est une ingérence inacceptable, ce qu'a fait M. Péladeau », dénonce Amir Khadir. 

Le député fait un parallèle avec la décision de Philippe Couillard, alors qu'il était ministre de la Santé sous Jean Charest, d'adopter deux décrets touchant des cliniques privées juste avant son départ de la politique. Or, il avait par la suite accepté un poste dans une firme qui s'apprêtait à développer des services médicaux privés au Québec. 

« À l'époque il n'y avait pas de commissaire, mais il y a eu vérification puis on l'a disculpé en quelque sorte. On lui a pardonné », rappelle le député de Mercier. 

Ça témoigne de toute la difficulté de ces élites, économiques, [...] à comprendre c'est quoi les règles d'éthique. 

Amir Khadir, député de Mercier pour le parti Québec solidaire

Amir Khadir estime que les électeurs de St-Jérôme, qui ont élu M. Péladeau, ne sont sûrement pas d'accord avec le fait que des personnes, ayant des intérêts privés, travaillent à promouvoir ces mêmes intérêts lorsqu'elles occupent des fonctions de député.

Avec les informations de La Presse canadienne

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