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La cause de la mort de Lin Jun révélée

Photo : Associated Press, Facebook/Canadian Press

Radio-Canada

Le pathologiste judiciaire qui a pratiqué une autopsie sur le corps de Lin Jun a expliqué jeudi au jury qu'une seule des nombreuses blessures qui lui ont été infligées par Luka Rocco Magnotta est survenue avec certitude avant sa mort. Il s'agit d'une lésion au cou exécutée à l'aide d'une arme tranchante.

Un texte de François MessierTwitterCourriel

Appelé à témoigner par la Couronne, Yann Dazé avait expliqué d'entrée de jeu que l'autopsie effectuée sur le corps de l'étudiant chinois assassiné à Montréal le 25 mai 2012 a été « difficile », puisque le corps était « largement traumatisé », et que les membres de la victime étaient en partie putréfiés lorsqu'il a pu les examiner.

Le pathologiste n'a pu dire avec certitude si Lin Jun a été décapité vivant. Cette blessure est officiellement considérée perimortem, c'est-à-dire qu'elle est survenue au moment ou près du moment de la mort. Il en va de même pour des coups à la tête, qui pourraient avoir contribué au décès.

Selon M. Dazé, plus de 73 blessures ont été infligées à Lin Jun après sa mort, avec quatre armes différentes, soit un couteau, un marteau, un tournevis et une scie oscillante. La victime a été blessée à de nombreuses parties de son corps.

Il a aussi précisé que les doigts de la main gauche de Lin Jun avaient été blessés de façon irrégulière, comme si on avait voulu faire disparaître ses empreintes digitales.

Selon le pathologiste, une analyse toxicologique a aussi révélé que des traces de deux médicaments ont été retrouvées dans le corps de Lin Jun: du temazepam, un somnifère, et un antiallergique de type Benadryl. M. Dazé n'a pas voulu en dire davantage puisqu'il n'a pas effectué cette expertise lui-même. 

Le pathologiste a indiqué que son autopsie avait commencé le 1er juin 2012, et qu'elle s'était poursuivie pendant quatre autres journées, non consécutives, le temps que toutes les parties du corps de Lin Jun lui soient envoyées.

Yann Dazé a précisé qu'il n'a jamais vu la vidéo macabre mise en ligne par Luka Rocco Magnotta, afin d'éviter que son travail ne s'en trouve « teinté ». Il a aussi ajouté qu'il voyait déjà suffisamment de « choses dégueulasses » comme ça.

Le juge Guy Cournoyer a précisé aux jurés que Yann Dazé témoigne à titre de témoin expert, de sorte qu'il peut non seulement témoigner des faits de la cause, mais aussi donner son opinion.

Le père de Lin Jun, présent à Montréal pour le procès, a choisi de ne pas assister au témoignage de Yann Dazé. Il a quitté la salle privée aménagée pour lui au moment où le pathologiste judiciaire commençait à parler.

Le témoignage de Yann Dazé se poursuivra vendredi matin.

Magnotta face à la justice

Fin d'un long contre-interrogatoire

Avant d'entendre M. Dazé, le jury avait entendu la suite du contre-interrogatoire de Frank Rubert, l'Allemand qui a dénoncé Luka Rocco Magnotta à la police le 4 juin 2012. L'accusé, qui ne lui avait jamais révélé sa véritable identité, dormait chez lui depuis trois nuits.

Comme il l'avait fait mercredi, l'avocat de la défense, Luc Leclair, a cherché à miner la crédibilité de M. Rubert. Il a tenté de montrer que les propos qu'il a tenus devant le jury contredisaient ceux qu'il a tenus lors de la déclaration qu'il a faite à la police de Montréal en avril 2013.

Me Leclair s'intéressait particulièrement aux déclarations de M. Rubert concernant la consommation d'alcool de son client. Il a mis en doute la mémoire du témoin, qui avait affirmé aux policiers qu'il s'était soûlé en compagnie de Magnotta.

Frank Rubert a reconnu qu'il ne se souvenait pas de tout ce que Magnotta et lui ont fait pendant les quatre jours qu'ils ont passés ensemble, mais il a maintenu que son colocataire de quelques jours avait consommé de l'alcool en sa présence, particulièrement le 2 juin, où ils sont sortis ensemble dans des bars.

Magnotta fait face à des accusations de meurtre au premier degré, d'outrage à un cadavre, de production de matériel obscène, d'utilisation de la poste pour le publier et d'avoir harcelé le premier ministre Stephen Harper et d'autres membres du Parlement.

La Couronne a deux options pour convaincre le jury de déclarer Magnotta coupable de meurtre au premier degré hors de tout doute raisonnable. Elle peut prouver qu'il a méticuleusement planifié et prémédité son geste, ou prouver qu'il a tué sa victime lors d'une agression sexuelle.

Luc Leclair entend plutôt faire déclarer son client non criminellement responsable de la mort de Lin Jun, en raison de troubles mentaux.

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