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Feu vert pour une intervention du Canada contre l’EI

La Chambre des communes à Ottawa

La Chambre des communes à Ottawa

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Radio-Canada

Sans surprise, la motion conservatrice en faveur d'une mission de combat contre le groupe armé État islamique (EI) a été approuvée mardi soir à la Chambre des communes par 157 voix contre 134.

Le gouvernement de Stephen Harper souhaite déployer six avions de chasse, un appareil de ravitaillement, deux aéronefs de surveillance et 600 militaires au Moyen-Orient, pour une durée maximale de six mois. La mission de combat exclut toute attaque terrestre. Les frappes aériennes viseront pour l'instant les zones contrôlées par l'organisation terroriste en Irak.

Le libéral Irwin Cotler n'a pas voté avec ses collègues. Il a préféré s'abstenir.

La motion des conservateurs en faveur d'une intervention canadienne accrue contre l'EI a été chaudement débattue à Ottawa depuis lundi, mais le résultat était prévisible.

Les conservateurs détiennent une majorité de sièges à la Chambre des communes, ce qui leur permet d’envoyer des troupes canadiennes se joindre à la coalition internationale malgré l’opposition des libéraux et des néo-démocrates.

Pour le chef néo-démocrate Thomas Mulcair, il s'agissait d'un moment « très important » sur le plan démocratique. Il promet que les élus du NPD continueront à talonner le gouvernement de Stephen Harper.

« Nous, on ne baisse pas les bras face aux conservateurs », a souligné M. Mulcair, qui a talonné le premier ministre sur les objectifs de son gouvernement : éliminer, réduire ou contenir la menace de l'EI?

Les réponses du chef conservateur sont loin de l'avoir convaincu.

« Je ne trouve pas que c'est le bon rôle pour le Canada, et c'est pour ça que nous votons contre, ce soir », a rappelé pour sa part le chef libéral Justin Trudeau, pour qui le plan de la coalition menée par les États-Unis demeure nébuleux.

Dans une entrevue à Radio-Canada, le général Charles Bouchard, commandant de la Force opérationnelle interarmées multinationale, qui a conduit les raids de l'OTAN en Libye, affirme que les frappes aériennes ne sont « qu'une portion de la solution ».

D'après le militaire, il faut répondre aux « besoins politiques, sociaux, culturels » et économiques pour les aider à se relever, a-t-il ajouté.

Robert Fowler, un ancien diplomate, qui a été l'otage d'un groupe armé au Niger, estime qu'« on répète les mêmes expériences et les mêmes erreurs ».

Chaque fois que nous sommes allés avec pas assez de conviction, pas assez de force, pas assez de volonté, on a rendu la situation pire.

Robert Fowler, ancien diplomate canadien

Pour M. Fowler, « si on n'est pas prêt à risquer la vie de nos soldats, à risquer les vies des civils » et à nous engager dans une très longue bataille, « on devrait quitter ».

La décision canadienne d'intervenir militairement en Irak a été saluée par les États-Unis. Dans un communiqué émis mardi soir, le porte-parole de la Maison-Blanche estime que le Canada « démontre une fois de plus son leadership et sa détermination à faire face aux menaces de sécurité qui planent sur lui, ses citoyens et la communauté internationale ».

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Avec les informations de La Presse canadienne

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