•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Roméo Dallaire propose « d'y aller à fond » contre l'EI

Le lieutenant-général à la retraite Roméo Dallaire

Le lieutenant-général à la retraite Roméo Dallaire

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Radio-Canada

Selon le lieutenant-général à la retraite des Forces canadiennes Roméo Dallaire, le Canada doit envoyer des troupes au sol et non seulement des avions chasseurs s'il entend mettre fin à la menace que pose le groupe armé État islamique (EI) en Irak et en Syrie.

Alors que les députés fédéraux s'apprêtent à voter sur la motion conservatrice en faveur d'une mission de combat, Roméo Dallaire soutient qu'il importait de détruire le groupe armée EI, et pas seulement de le contenir. Et, pour le détruire, dit-il, il faut « des avions, des hommes sur le terrain, des canons, des forces spéciales et le désir de poursuivre [un combat] de longue haleine ».

Moi je suis pour qu'on aille se battre, pas pour rester à 10 000 pieds et espérer qu'on va frapper et détruire.

Le lieutenant-général à la retraite des Forces canadiennes et ex-sénateur libéral, Roméo Dallaire

À son avis, la motion ne va donc pas assez loin. « Les gens disent : "on envoie des avions et ça va être fini". [ Or] il n'y a aucune possibilité que ce ne soit que des avions. Tôt ou tard, ils vont nous demander plus, et ça veut dire du monde sur le terrain ».

Si on s'en va en guerre, on fait tout ce qu'on peut pour détruire l'ennemi.

Le lieutenant-général à la retraite des Forces canadiennes et ex-sénateur libéral, Roméo Dallaire

À la Chambre des communes, les intentions des néo-démocrates et les libéraux sont claires : ils n'appuieront pas la motion des conservateurs pour une participation aux frappes aériennes contre le groupe armé État islamique (EI).  Le chef de l'opposition officielle à Ottawa, Thomas Mulcair, considère que le Canada ne devrait pas se précipiter vers la guerre.

Roméo Dallaire estime que ce débat qui secoue la Chambre des communes est sain. « Si on envoie des troupes où il y a un risque, où on aurait des blessés, voire des tués, je pense que c'est la responsabilité de la Chambre des communes d'en débattre ».

Mettre « toutes les cartes sur la table »

Paradoxalement, le lieutenant-général à la retraite est d'accord avec l'opposition, en ce sens qu'il n'approuve pas l'éventuelle campagne canadienne de frappes aériennes. Mais sa parenté de vues avec les Thomas Mulcair et les Justin Trudeau s'arrête là. Car, si Roméo Dallaire est contre, c'est parce qu'il estime que cet effort est largement insuffisant. Selon lui, le Canada doit mettre « toutes les cartes sur la table » et « y aller à fond », de concert avec ses alliés, notamment « ses alliés arabes » dit-il. 

Si le Canada n'entend que contenir la menace posée par l'EI, et non l'éradiquer, il n'est pas essentiel d'envoyer des avions-chasseurs, soutient Roméo Dallaire en susbstance, puisque d'autres pays, tels que les États-Unis, en ont envoyé. Le Canada ferait mieux, dans ce cas, de se consacrer à l'aide humanitaire, puisqu'il est bien pourvu « en avions et en hélicoptères de bonne portée ». 

Si on ne fait que contenir [l'EI], il va aller se camoufler pour un bout et revenir. Il faut y aller au complet.

Le lieutenant-général à la retraite des Forces canadiennes et ex-sénateur libéral, Roméo Dallaire

Rappelons que Roméo Dallaire a été commandant en chef de la Mission d'observation des Nations unies Ouganda-Rwanda et de la Mission des Nations unies pour l'assistance au Rwanda en 1993-1994. Il est l'auteur de J'ai serré la main du diable, dans lequel il relate sa difficile expérience au Rwanda. C'est l'un des militaires canadiens les plus décorés. Il a siégé au Sénat canadien de 2005 à 2014.

Extrait d,entrevue avec Roméo Dallaire

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Québec

Société