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Bilinguisme : Air Canada incapable de décoller

Graham Fraser

Graham Fraser

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

En déposant son rapport annuel mardi, le commissaire aux langues officielles du Canada, Graham Fraser, a brossé un portrait positif de l'état du bilinguisme au pays, mais a dit être préoccupé de voir que certaines institutions semblent stagner année après année.

Graham Fraser a cité l'exemple du transporteur aérien Air Canada, qui arrive encore premier, ex aequo avec l'Agence canadienne des services frontaliers, au chapitre du nombre de plaintes pour 2013-2014. Il s'est dit consterné de voir qu'Air Canada ne semble pas considérer le bilinguisme comme un avantage concurrentiel, mais bien comme un fardeau.

« Au lieu de voir la question d'offre de services dans les deux langues officielles comme un atout de marketing [...], ils semblent traiter ça comme un fardeau », a déclaré M. Fraser. Ce dernier est déconcerté par le comportement d'Air Canada à l'égard du bilinguisme : « Dieu sait qu'ils ont droit à des rappels de façon constante avec des avis d'enquête sur des plaintes ».

Dans son rapport, M. Fraser a par ailleurs souligné qu'en général, les institutions fédérales qui ont été évaluées cette année ont maintenu leur note ou l'ont améliorée. Via Rail, tout comme Statistique Canada, s'est par exemple distinguée par son « rendement global exemplaire ». 

Graham Fraser déplore par ailleurs le fait que les mesures prises par le gouvernement fédéral pour réduire le déficit ont eu des répercussions sur la vitalité « des communautés de langue officielle ».

Formation des employés fédéraux

Le commissaire constate aussi, une fois de plus, que les institutions fédérales ont de la difficulté à accueillir dans les deux langues officielles les Canadiens qui se présentent à leurs bureaux. Dans ses recommandations, M. Fraser demande donc de revoir et d'améliorer la formation destinée aux employés fédéraux, afin qu'ils soient sensibilisés à « l'importance que revêtent les langues officielles dans la prestation des services aux Canadiens et dans le fonctionnement interne de la fonction publique ».

Graham Fraser suggère également que les institutions fédérales veillent à ce que les deux langues officielles soient pleinement représentées durant les festivités nationales qui seront organisées à l'occasion du 150e anniversaire de la Confédération, en 2017.

« Il s'agit d'une occasion de célébrer l'histoire du Canada et de se rappeler que la relation entre les Canadiens d'expression française et ceux d'expression anglaise en est le fil conducteur », indique-t-il dans son rapport.

Un recul constant, selon le député Yvon Godin

Le député néo-démocrate d'Acadie-Bathurst, Yvon Godin, donne zéro en matière de bilinguisme au gouvernement conservateur de Stephen Harper et il trouve que ce rapport du commissaire aux langues officielles est « faible ». En entrevue sur les ondes d'Ici Radio-Canada Première, mardi, M. Godin a déclaré que le pays ne cesse de prendre du recul en matière de bilinguisme.

En Atlantique il y avait quatre différents bureaux directeurs pour Ressources humaines Canada. Ils ont fermé les quatre pour n'en ouvrir qu'un, à Terre-Neuve, dirigé par une personne contre laquelle j'ai été obligé de porter plainte parce qu'elle ne parlait pas un mot de français. Son assistant non plus.

Une citation de :Le député néo-démocrate d'Acadie-Bathurst, Yvon Godin

Le député Godin affirme qu'il a en main des cas de fonctionnaires fédéraux qui ont fait l'objet d'une suspension parce qu'ils s'étaient plaints de ne pouvoir travailler dans leur langue. Quand tu suspends quelqu'un pour trente jours, les autres se gardent bien de porter plainte par la suite, dit Yvon Godin en substance. « C'est là qu'est l'importance du commissaire, I'importance de lui donner des équipes, pour lui donner les moyens de faire des enquêtes », insiste-t-il.

La FCFA déplore un certain manque de leadership

La Fédération des communautés francophones et acadiennes (FCFA) du Canada a réagi rapidement au rapport du commissaire en se demandant : « y a-t-il un pilote dans l'avion ? »

La FCFA déplore le fait que « Patrimoine canadien et le Conseil du Trésor ne jouent pas le rôle de coordination qu'ils devraient jouer dans l'application de la Loi [sur les langues officielles] ».

Elle souligne aussi une « lacune criante », soit le fait que le commissaire n'a pas le mandat d'examiner la façon dont les provinces et les territoires dépensent les sommes transférées par le gouvernement fédéral pour l'appui au développement des communautés de langue officielle.

« En l'absence d'un chef d'orchestre, d'une autorité centrale capable de veiller au respect de la Loi d'un bout à l'autre de l'appareil fédéral, il y a une dérive majeure et le gouvernement doit absolument passer à l'action », conclut la présidente de la FCFA, Marie-France Kenny.

Avec les informations de La Presse canadienne

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