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PKP doit-il se départir de ses actions dans Québecor?

Pierre-Karl Péladeau, le 8 mai 2013

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Radio-Canada

La course à la direction du Parti québécois s'engage dans une controverse à savoir si le favori dans les sondages, Pierre-Karl Péladeau, peut conserver ses intérêts dans Québecor s'il devient chef du PQ.

Un texte de Denis-Martin ChabotTwitterCourriel

Je n'ai pas l'intention de vendre les actions que mon père m'a léguées.

Pierre Karl Péladeu, député du Parti québécois dans Saint-Jérôme

Pierre Karl Péladeau détient les trois quarts des actions avec droit de vote de Québecor, le plus important empire médiatique de la province. Si PKP devient ministre ou premier ministre, le Code d'éthique et de déontologie de l'Assemblée nationale stipule qu'il devra soit les placer dans une fiducie sans droit de regard dont le fiduciaire est indépendant, soit les confier à un mandataire indépendant.

Mais le code n'impose pas la même norme aux chefs des partis d'opposition. Comme tout député, ceux-ci doivent déclarer leurs intérêts.

Cependant le Commissaire à l'éthique pourrait imposer des conditions spéciales à un simple député allant jusqu'à une fiducie sans droit de regard, si les entreprises de celui-ci étaient susceptibles de profiter de contrats avec le gouvernement.

Le commissaire annoncera ses règles pour les députés dans les prochaines semaines.

D'autre part, les statuts du Parti québécois ne disent rien sur cette question.

Québecor détient 35 % du marché audiovisuel au Québec, sans compter que deux de ses quotidiens sont les plus lus dans leur marché respectif. Cela inquiète le député de Rosemont, Jean-François Lisée.

Si des gens ne voient pas aujourd'hui la bombe à retardement que c'est pour le Parti québécois, pour sa capacité de prendre le pouvoir, je serais le seul à le dire, que je continuerai à le répéter.

Jean-François Lisée, député du Parti québécois dans Rosemont

Le chef intérimaire, Stéphane Bédard avait mis ses avoirs dans un fiducie sans droit de regard alors qu'il était ministre sous le gouvernement Marois.

Mais, selon son attachée de presse, il considère que maintenant qu'il est chef de parti d'opposition, il peut « reprendre ses actifs ».

De l'avis de plusieurs experts, la perception de conflit d'intérêts persiste.

Certains proposent donc que Québecor se défasse de ses chaînes télé et de ses journaux. Si la vente à Postmedia de Sun Media, le secteur anglophone des journaux et du numérique de Québecor, est approuvée, les médias ne représenteraient plus que 5 % des profits de l'empire.

Des précédents

Au fédéral, Paul Martin avait cédé ses actifs de la Canada Steamship Lines à ses fils, et a dû se retirer à plusieurs reprises des réunions du Conseil des ministres quand il était question de transport maritime.

Au Québec, le conjoint de l'ancienne première ministre Pauline Marois avait quant à lui placé ses avoirs dans une fiducie sans droit de regard.

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