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La révolution des parapluies vue par un Hongkongais

Hong Kong: des affrontements ont éclaté entre militants pro-Pékin et les manifestants qui bloquent les rues de la ville

Hong Kong: des affrontements ont éclaté entre militants pro-Pékin et les manifestants qui bloquent les rues de la ville

Photo : La Presse canadienne / Wong Maye-E

Radio-Canada

Un jeune manifestant témoigne de la tension et de la violence à Hong Kong, et demande à Ottawa de faire pression sur le gouvernement chinois.

Un texte de Léo KalindaCourriel à Désautels le dimanche

Il s'appelle C. Fat Lai, Ken de son petit nom. Jeunes ou vieux, les Chinois s'ajoutent souvent un surnom qui sonne anglais, allez savoir pourquoi.

Ken n'a que 23 ans, mais il me parle comme s'il avait vécu plusieurs vies. Il a vécu, Ken. Et il n'a pas fini. Il y a deux ans, il était rue Saint-Guillaume à Paris à Sciences Po. À Hong Kong, il termine une maîtrise en études européennes. Il a dû se trouver un petit emploi parce qu'il faut bien vivre.

Pris dans les échauffourées

Dans la rue, la tension reste vive. Les manifestants prodémocratie sont toujours rassemblés devant le siège du gouvernement.

Vendredi, l'agitation était extrême. Ils avaient envahi en masse les quartiers populaires comme Mong Kok, le secteur historique commerçant, l'un des plus densément peuplés au monde avec ses marchés d'oiseaux, d'ustensiles de cuisine ou encore de robes de mariée. Publicité touristique de qui a voyagé, vous pouvez y acheter de tout à bon prix : des décorations d'intérieur aux bijoux de luxe.

Ici, vendredi, les manifestants prodémocratie se sont cassé les dents. Littéralement. Des centaines d'individus ont dégagé les barricades.

« Rendez-nous Mong Kok! Nous, on a besoin de manger », criaient les contre-manifestants. Coups et insultes, les policiers ont pu séparer les deux camps. Des manifestants ont dénoncé des hommes de main recrutés, selon eux, pour discréditer leur mouvement.

Et Ken de me texter à 18 h 46 vendredi : « Ça tourne mal à Mong Kok. » Dix minutes plus tard, la toile est saturée, le web, indisponible. Ken m'écrit : « Je ne peux pas consulter mes courriels. » Deux heures après : « Je prends refuge dans une église. On est attaqués. »

« Je n'ai pas peur »

Les manifestants de Hong Kong revendiquent un suffrage universel plein et entier dans la région administrative spéciale qu'est Hong Kong. Ils réclament aussi la démission du chef de l'exécutif local. Ken est actif dans cette révolte baptisée la révolution des parapluies.

On s'habille en noir pour signifier le désespoir des citoyens hongkongais. Le ruban jaune, ça signifie la paix.

Ken

Pour écouter le témoignage de Ken sur votre appareil mobile, cliquez ici (Nouvelle fenêtre)

Les autorités chinoises sont furieuses. Elles ont annulé les visas des tours opérateurs à Hong Kong. Pour rendre le mouvement prodémocratie impopulaire auprès des gens qui vivent du tourisme. Aussi, pour éviter que trop de Chinois continentaux soient exposés à cet exemple d'insubordination civique. Ken a-t-il peur?

Je n'ai pas peur. Je demande au gouvernement canadien d'exercer de la pression sur le gouvernement chinois pour nous laisser la démocratie.

Ken

Pour écouter les propos de Ken sur votre appareil mobile, cliquez ici (Nouvelle fenêtre)

On l'a compris, Hong Kong, la presque démocratique ancienne colonie britannique, traverse sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997. La révolution des parapluies connaît un fort retentissement à l'étranger, et des rassemblements de soutien se sont déroulés dans plusieurs pays.

Écoutez la chronique de Léo Kalinda sur ICI Radio-Canada Première à Désautels le dimanche

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