•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Intégrer l'autisme à l'école, le pari de Père-Marquette

Radio-Canada

Comment se fait l'intégration de 31 élèves autistes dans les classes ordinaires de l'école Père-Marquette? Deuxième reportage de la série de Désautels le dimanche sur le quotidien d'une école secondaire publique de Montréal.

Comment se fait l'intégration de 31 élèves autistes dans les classes ordinaires de l'école Père-Marquette? Deuxième reportage de la série de Désautels le dimanche sur le quotidien d'une école secondaire publique de Montréal.

Un reportage de Michel Labrecque TwitterCourriel à Désautels le dimanche

Dans ses cours d'histoire, Loriane Gaul-Dorion, 15 ans, est souvent la première à lever la main pour répondre aux questions. À la cafétéria, elle est entourée d'amis. Loriane se passionne pour le patinage et rêve de devenir médecin spécialiste.

À première vue, rien ne semble différencier Loriane des autres élèves du programme international de l'école Père-Marquette. Pourtant, à l'âge de sept ans, elle a reçu un diagnostic du syndrome d'Asperger, une forme d'autisme. Depuis, elle apprend à vivre avec sa différence.

Malgré de bons résultats scolaires, lire un livre demeure pour elle très difficile. Comprendre les sous-entendus dans une conversation est un calvaire. Et puis, Loriane se promène constamment avec sa chienne, Zoé, qui lui procure beaucoup de sécurité.

La mère de Loriane, Viviane Dorion, salue le travail de l'équipe qui suit sa fille.

Les personnes qui gravitent autour d'elle essaient de mettre en place des petites choses qui facilitent grandement le travail de ma fille, l'intégration de ma fille. Ce qui fait qu'aujourd'hui, Loriane est comme un poisson dans l'eau.

Viviane Dorion

Pour écouter le témoignage de Viviane Dorion sur votre appareil mobile, cliquez ici (Nouvelle fenêtre)

Loriane est une des 31 élèves dits TSA (troubles du spectre autistique) qui sont intégrés dans les classes ordinaires à Père-Marquette.

Un suivi très personnalisé

Le projet pilote, amorcé en 2006 avec une poignée d'élèves, a pris de l'ampleur grâce à l'effort de beaucoup de gens et grâce au travail d'une valeureuse équipe de soutien.

Père-Marquette est un des points de services névralgiques pour l'intégration de ces élèves à la Commission scolaire de Montréal (CSDM).

Les 31 élèves ont des diagnostics de TSA très variés et leurs personnalités sont très différentes. En plus de Loriane, j'ai suivi Gabrielle Pineau, 17 ans, qui chante divinement des airs d'opéra, mais avoue avoir du mal à se faire des amis. Et Jonathan Grenon, un passionné de mangas et de bandes dessinées qui termine ses études secondaires à 21 ans.

Des jeunes d'une grande sensibilité, qui ont connu un parcours scolaire souvent chaotique avant d'arriver à Père-Marquette.

Pour encadrer les élèves, il y a six personnes : trois orthopédagogues et trois techniciennes en éducation spécialisée.

Nous sommes un peu comme des lunettes qui leur permettent de mieux voir.

Marie-Ève Bélanger, une des éducatrices.

Une éducatrice et une orthopédagogue sont affectées à chaque élève. Une s'occupe davantage des aspects psychologiques et organisationnels de l'intégration, l'autre se concentre sur le suivi académique très personnalisé chacun d'entre eux.

L'intégration au cours régulier est une réussite dans l'immense majorité des cas, mais au prix d'un effort colossal : d'abord de l'élève autiste, mais aussi des enseignants.

Et il y a surtout le travail de l'équipe de soutien, qui suit chaque élève à la trace, fait le lien avec les enseignants en cas de problème et corrige le tir au fur et à mesure.

L'orthopédagogue Pascale Cordeau explique que plusieurs des jeunes qu'elle a accompagnés suivent maintenant une formation professionnelle ou vont au cégep et à l'université, et que le soutien offert à Père-Marquette en vaut la peine.

Il faut leur donner la chance à ces élèves-là, parce que sans soutien, je pense que ce serait de bons décrocheurs potentiels.

Pascale Cordeau

Pour écouter les propos de Pascale Cordeau sur votre appareil mobile, cliquez ici (Nouvelle fenêtre)

De toute évidence, la plupart des élèves intégrés semblent heureux à Père-Marquette. Mais des embûches se dressent sur la voie. Et cette intégration ne fonctionnera que si on y affecte les ressources et les moyens nécessaires. Une recette qui, n'en déplaise aux gouvernements endettés, s'appliquerait tout aussi bien à d'autres types d'élèves en difficulté.

Écoutez le reportage de Michel Labrecque diffusé sur ICI Radio-Canada Première à Désautels le dimanche

L'école publique a-t-elle les moyens de sa mission auprès des enfants autistes? Faites-nous part de vos commentaires ci-dessous.

Société