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La participation aux élections scolaires au Québec sera déterminante

Le reportage d'Anne-Louise Despatie
Radio-Canada

Le taux de participation aux élections scolaires du 2 novembre prochain pourrait être crucial pour l'avenir des commissions scolaires, selon les propos du ministre de l'Éducation, Yves Bolduc.

Tout en se gardant de prédire des abolitions ou des regroupements de ces organismes - dont la pertinence a fait débat lors des dernières élections provinciales -, le ministre a indiqué que « si le taux est très anémique, il faudrait se poser des questions ».

Ce sera un « test de crédibilité », et des décisions pourraient être prises à la lumière des résultats, a affirmé M. Bolduc, sans préciser la nature des gestes qu'il compte poser.

À la lumière de la participation populaire, nous pourrons tirer des constats qui viendront alimenter la réflexion entreprise sur la gouvernance, le rôle et le mandat des commissaires scolaires.

 Le ministre de l'Éducation Yves Bolduc

M. Bolduc s'attend à un meilleur taux de participation que celui de 8 % aux élections scolaires de 2009, mais refuse de déterminer un seuil.

Il invite la population à voter pour faire des choix, d'autant plus que, pour la première fois, les présidents des commissions scolaires seront élus au suffrage universel. « Il y a des questionnements. La population nous demande de revoir certaines façons de faire, c'est à la population de décider », estime-t-il. 

À la fin, ça va devenir un critère pour le futur des commissions scolaires. Le message est très important : si vous croyez que les commissions scolaires sont importantes, on vous demande de l'exprimer en allant voter.

Le ministre de l'Éducation Yves Bolduc
La présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec, Josée BouchardLa présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec, Josée Bouchard

Le ministre Bolduc a fait ces commentaires lors d'un point de presse sur les élections scolaires, auquel ont pris part notamment la présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), Josée Bouchard, et le président de l'Association des commissions scolaires anglophones, M. David C. D'Aoust.

Mme Bouchard a du reste tenu à minimiser la menace sur les commissions scolaires, estimant que si les Québécois avaient voulu les voir disparaître, ils auraient voté pour la CAQ de François Legault, qui prône franchement leur abolition. La défunte ADQ avait proposé le même choix à la population, mais en vain, a-t-elle rappelé.

La présidente de la FCSQ convient qu'il faut améliorer le taux de participation, particulièrement famélique dans les grandes villes comme Montréal, mais elle demeure réaliste. « On est confiant que le taux de participation devrait augmenter, mais on est réaliste, on ne pense pas que ça puisse tripler ou quadrupler », a-t-elle admise.

Elle croit qu'il ne faut pas juger les commissions scolaires seulement à l'aune de la participation, car celles-ci, soutient-elle, ont joué un rôle dans la persévérance scolaire et la qualité de l'enseignement.

Ce que je comprends de notre ministre, c'est : vous n'irez pas en prison si vous ne triplez pas (le taux de participation) et on ne vous abolira pas seulement là-dessus. La légitimité ne se calcule pas seulement là-dessus.

La présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec, Josée Bouchard

Elle fait remarquer par ailleurs que le peu d'engouement de la population pour les élections scolaires est quelque peu comparable à la désaffection des électeurs observée lors des élections municipales.

Le nombre de commissaires à élire a été réduit de près de moitié depuis les élections de 2007. Plus de 300 postes sur 712 ont été comblés sans opposition à l'issue de la période des mises en candidature. Pour ce qui est des 69 postes à la présidence d'une commission scolaire, une trentaine d'entre eux ont été comblés sans opposition. Au total, 1483 personnes ont posé leur candidature pour l'un ou l'autre des postes.

La tenue des élections scolaires va coûter environ 20 millions $ aux contribuables québécois. La Fédération des commissions scolaires propose de tenir cet exercice en même temps que les élections municipales à l'avenir, comme c'est le cas en Ontario.

Le ministre Bolduc a réprimandé cette semaine quelques commissions scolaires parce qu'elles ont coupé dans l'aide aux devoirs et dans la lutte contre l'intimidation afin de répondre aux objectifs de réduction des dépenses fixés par Québec. Les commissions scolaires répliquent qu'elles n'ont fait que suivre les paramètres fixés par le gouvernement et qu'elles n'ont aucune autre marge de manœuvre pour réduire leurs dépenses.

Benoît Pelletier à la défense des commissions scolaires

Également présent au point de presse, l'ancien ministre libéral Benoît Pelletier, porte-parole des élections scolaires, s'est prononcé contre une éventuelle abolition des commissions scolaires. Selon lui, il faut s'estimer « chanceux qu'il existe une démocratie scolaire au Québec ».

« Je considère que c'est un acquis qu'on devrait protéger, qu'on devrait sauvegarder, qu'on devrait valoriser et qu'on devrait défendre dans l'avenir », a indiqué M. Pelletier.

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