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Le projet de Windmill aux chutes Chaudière reçoit le feu vert du comité de l'urbanisme d'Ottawa

Des membres de groupes autochtones ont exprimé des réserves face au projet de Windmill aux Chutes Chaudière.
Des membres de groupes autochtones ont exprimé des réserves face au projet de Windmill aux Chutes Chaudière.
Radio-Canada

Les membres du comité de l'urbanisme de la Ville d'Ottawa ont approuvé, jeudi, le changement de zonage pour le projet résidentiel et commercial du promoteur immobilier Windmill, sur les îles Chaudière et Albert. Le conseil municipal devra à son tour se pencher sur la question la semaine prochaine.

Cette décision a été prise malgré l'opposition de dizaines d'Autochtones, qui ont assisté à la réunion.

Plus d'une quarantaine de personnes ont été entendues par le comité. La plupart des intervenants ont demandé à la Ville d'Ottawa de rejeter le projet prévu sur les terrains de l'ancienne usine de Domtar.

Les Autochtones considèrent que ce site est sacré, puisqu'il est situé au « coeur de la culture anishinaabe », sur une terre algonquine de surcroît.

Les opposants ont notamment évoqué l'esprit et la vision du grand chef algonquin, William Commanda.

Comme lui, ils aimeraient que le site soit remis à son état naturel et qu'on y bâtisse un centre de conférence, un lieu de rencontre pour tous les peuples.

La fille du chef Commanda, Evelyn, était d'ailleurs présente. En signe de respect, les personnes dans la salle sont restées debout pendant les dix minutes de sa présentation.

La vision de mon père pour la Chaudière, [c'était] pour laisser couler, pour faire un parc avec des arbres, pour être naturel.

Evelyn Commanda, fille du grand chef algonquin William Commanda

De son côté, la présidente du comité de l'urbanisme et conseillère de Barrhaven, Jan Harder, a déclaré que la Ville ne pouvait pas traiter des enjeux autochtones plus larges liés au projet de Windmill.

Quant au fondateur de Windmill, Jonathan Westeinde, il s'est dit surpris de l'opposition autochtone. Son entreprise, soutient-il, consulte les communautés depuis plus d'un an.

« On a encore beaucoup de temps pour faire les consultations. Aujourd'hui, c'est évident, on doit faire plus », a-t-il constaté.

Un vaste chantier

Windmill propose des travaux d'envergure, qui pourraient s'échelonner sur une dizaine d'années au moins.

Le vaste terrain d'une quinzaine d'hectares, situé sur la rivière des Outaouais entre Ottawa et Gatineau, serait converti en village urbain.

Windmill souhaite ainsi y construire des maisons de ville, des tours à logement ainsi que des espaces commerciaux et communautaires .

Domtar a acheté les anciennes usines E.B. Eddy à Ottawa et Gatineau en 1998. L'entreprise avait annoncé la fermeture définitive de l'usine d'Ottawa en 2005, puis celle de l'usine de Gatineau en 2007, en raison du déclin de la demande sur le marché. En 2012, les actifs hydroélectriques du site ont été vendus à Énergie Ottawa, une filiale d'Hydro Ottawa. Cette même année, la dernière machine à papier a été démantelée.

La compagnie Windmill avait discuté avec la Commission de la capitale nationale (CCN) et la Ville d'Ottawa avant de présenter le projet à la population.

Toutefois, lors de la présentation du projet en décembre 2013, des représentants des Premières Nations avaient affirmé ne pas avoir été consultés au préalable. Ils souhaitaient alors pouvoir exprimer leur point de vue.

De leur côté, les dirigeants de Windmill soutiennent qu'ils ont approché des groupes autochtones. Ils comptent de plus aménager un centre culturel qui leur est destiné.

Avec les informations de Stéphane Leclerc

Ottawa-Gatineau

Affaires municipales