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Lutte contre l'intimidation : Couillard rattrapé par les compressions

Entrevue avec Jasmin Roy
Radio-Canada

La bataille contre l'intimidation que promet de mener le premier ministre Philipe Couillard risque de se heurter à la dure réalité financière de la province, dont souffrent les établissements scolaires, censés être les fers de lance de cette lutte.

Tant les directions d'écoles que les syndiqués du milieu de l'éducation doivent composer avec cette contrainte : lutter contre l'intimidation tout en ayant moins de ressources pour le faire.

À l'occasion du forum sur la lutte contre l'intimidation, qui s'est ouvert jeudi à Québec sous la présidence de M. Couillard, la Fédération des directions d'établissement d'enseignement a confirmé que plusieurs commissions scolaires, de différentes régions du Québec, ont fait le choix de réduire leurs dépenses consacrées à éradiquer ce fléau.

Retour aux enveloppes spécifiques?

Le ministre de l'Éducation, Yves BolducLe ministre de l'Éducation, Yves Bolduc

Les budgets dédiés à la lutte contre l'intimidation étaient protégés quand ils provenaient d'enveloppes spécifiques. Mais depuis que le gouvernement a permis de regrouper celles-ci pour faire des économies d'échelle, ces budgets en ont pâti.

Le ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, presse malgré tout les commissions scolaires de trouver les moyens de leurs ambitions.

« Les commissions scolaires nous ont dit que si on regroupait [les enveloppes spécifiques], elles réussiraient à mieux les gérer, mais certainement pas à couper. Donc, si nécessaire, si on voit que les commissions scolaires ne comprennent pas le message, à ce moment-là nous devons revenir à des enveloppes spécifiques. Ce serait dommage, parce que je pense qu'elles peuvent faire une meilleure gestion en ayant une enveloppe regroupée, mais en étant responsables ».

Moins d'argent pour une campagne contre l'homophobie

L'érosion des finances publiques a poussé également Québec à suspendre une campagne publicitaire contre l'homophobie. La décision a eu l'effet d'un pavé dans la mare au forum sur la lutte contre l'intimidation.

Je crois qu'il faut agir parce que je suis convaincu que personne dans notre société ne mérite - comment peut-on mériter? - d'être humilié, diminué ou exclu.

Le premier ministre Philippe Couillard

Lancée en mars 2013 par le ministre de la Justice péquiste, Bertrand St-Arnaud, la campagne devait s'échelonner sur cinq ans. Elle était dotée d'un budget global de 7,1 millions de dollars et consistait à amener la population à s'interroger sur la réalité de son ouverture à l'égard de l'homosexualité.

En supprimant la campagne publicitaire prévue pour l'année 2014-2015, le gouvernement Couillard, qui souhaite atteindre rapidement l'équilibre budgétaire, réalise des économies d'un million de dollars. Il supprime également une campagne sur l'égalité des genres qui coûterait un demi-million de dollars.

On a fait un choix cette année de ne pas aller de l'avant avec la campagne publicitaire qui était dans les cartons pour des raisons strictement budgétaires, puisque des campagnes publicitaires comportent des coûts importants et on est dans une période où tout le monde doit se serrer la ceinture.

Stéphanie Vallée, ministre de la Justice

La sensibilisation du public avait été désignée comme une priorité en mai 2011, lorsque l'État québécois avait lancé le Plan d'action gouvernemental de lutte contre l'homophobie. Ce plan, prévu jusqu'en 2016, comptait 60 mesures visant à soutenir les personnes des communautés lesbienne, gaie, bisexuelle et transgenre (LGBT) sur les plans social, communautaire et professionnel, ainsi qu'à accroître les connaissances relatives à la diversité sexuelle.

« Il n'est pas nécessaire de rabaisser l'autre » en politique

Fait ironique, alors même que s'ouvrait le forum, le premier ministre Couillard a dû commenter les propos controversés de son ministre de la Sant Gaétan Barrette, qui a traité son prédécesseur, Réjean Hébert, de « menteur » et de « démagogue ».

Sans demander explicitement à M. Barrette de s'excuser, Philippe Couillard a déclaré qu'« il n'est pas nécessaire, lorsqu'on a un discours politique, de rabaisser l'autre. Je pense que Dr Barrette en est conscient ».

Le forum est diffusé sur Internet. Il y a également une consultation sur le web jusqu'au 30 novembre. Pour suivre le forum sur Twitter : @famillequebec, #intimidation

Société