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« La mission du conservatoire sera sauvegardée en région » - la ministre de la Culture Hélène David

Le Conservatoire de musique de Trois-Rivières

Le Conservatoire de musique de Trois-Rivières

Radio-Canada

Pour la ministre de la Culture du Québec, Hélène David, il n'est pas question de fermer les conservatoires en région. Mme David en a donné l'assurance, mercredi, rejetant ainsi les conclusions rendues par les administrateurs du Conservatoire de musique et d'art dramatique du Québec, qui préconisaient pareilles fermetures dans un plan de redressement.

Ce plan de redressement visait à proposer des solutions pour combler un déficit de 14 millions de dollars. 

Dans les différents conservatoires de la province, cette nouvelle a été accueillie avec beaucoup de soulagement et, du même souffle, un brin d'inquiétude. Car, comme le soulignent bon nombre de personnes dans ce milieu, la question du déficit n'est pas pour autant réglée.

« Si on me proposait de cesser l'enseignement offert par les conservatoires en région, ma réponse serait non. [...] Je prends le parti des régions, je prends le parti des étudiants. La mission du conservatoire sera sauvegardée en région » : C'est par cette déclaration sans équivoque qu'Hélène David a assuré le maintien des cinq conservatoires en région, soit à Rimouski, Saguenay, Trois-Rivières, Val-d'Or et Gatineau.

La ministre Hélène David

La ministre Hélène David

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

La ministre de la Culture du Québec affirme qu'elle aurait souhaité qu'on lui propose d'autres solutions. Elle pense notamment que des façons d'alléger les lourdeurs administratives auraient pu être suggérées. Selon elle, il serait également possible d'aller chercher certaines sommes en louant des locaux inutilisés dans les différents édifices, puisque les conservatoires ont été conçus pour plus d'élèves qu'ils en reçoivent.

Hélène David souligne également qu'à son étonnement, les conservatoires de Montréal et de Québec ont été totalement exclus des compressions possibles et affirme qu'eux aussi devront faire leur part.

« Ce que c'est de former un étudiant au conservatoire, c'est prendre un étudiant et l'amener le plus loin possible. Et à un moment donné, il quitte le nid et il peut aller ailleurs. [...] Vous savez que ces grandes carrières commencent très jeunes, et on veut les garder en région le plus longtemps possible », explique-t-elle.

Un milieu rassuré

En région, cette prise de position ferme de la ministre David a un effet d'apaisement, même si les inquiétudes demeurent vives.

C'est une déclaration de la part de la ministre qui a l'avantage d'être claire. Ça va soulager beaucoup les élèves, les professeurs, les employés. On reçoit ça comme une bonne nouvelle, non seulement pour Val-d'Or, mais pour toutes les régions. 

Une citation de Jean St-Jules, directeur du Conservatoire de Val-d'Or

À Rimouski, le directeur du conservatoire, Benoît Plourde se dit entièrement rassuré et croit que la tempête est passée.

Je suis certain que nous allons trouver des solutions pour assurer la pérennité de cette magnifique institution.

Une citation de Benoît Plourde, directeur du conservatoire du conservatoire de Rimouski

Mais dans cette région, d'autres voix se font moins rassurantes. « C'est le réseau qui est déficitaire, ce n'est pas le conservatoire de Rimouski ou celui de Gatineau ou celui de Montréal, fait valoir Éric Labbé, professeur de guitare au conservatoire de Rimouski. C'est l'ensemble du réseau et c'est à ça qu'il faut voir maintenant. »

En Outaouais, le président du syndicat du conservatoire de Gatineau, Alain Lamothe, salue d'ailleurs la position de la ministre David, tout en soulignant que son établissement doit tout de même trouver de nouvelles sources de revenus.

C'est une très bonne nouvelle.

Une citation de Alain Lamothe, président du syndicat du conservatoire de musique de Gatineau

« On va de l'avant à partir de maintenant pour régler cette fameuse question du déficit. Il est toujours là et il faut s'y attaquer », affirme-t-il. « Le conseil d'administration n'a pas crû bon de s'y attaquer depuis 2007, alors il faudrait peut-être que ça se règle une fois pour toutes. »

M. Lamothe ajoute que la stabilité financière est nécessaire au développement et à la croissance des activités du Conservatoire de musique de Gatineau.

Une école, ce n'est pas une entreprise

« Ouf, bravo, merci Mme David », s'exclame pour sa part Pierre Lamontagne, président du syndicat des enseignants de musique du Conservatoire de Saguenay. Toutefois, ce dernier s'effraie à l'idée que le ministère de la Culture sabre dans les conservatoires de Montréal et de Québec.

« Les conservatoires de Montréal et de Québec ce sont nos têtes et nos cœurs, fait valoir Pierre Lamontagne. Et, il ne faut pas toucher de façon significative à ces deux institutions-là, maintenant que des investissements importants ont été faits dans les deux bâtisses ».

Parmi les solutions possibles pour éponger le déficit de 14 millions, Pierre Lamontagne affirme qu'il est possible de louer davantage de locaux dans les conservatoires ou encore d'abaisser les loyers que paient les conservatoires au gouvernement du Québec, des sommes totalisant quelque 33 millions de dollars, avance-t-il.

Enfin, ce professeur de musique à Saguenay estime qu'une fraction des billets de spectacles vendus pourrait être réinjectée dans l'enseignement de la musique dans les conservatoires.

L’école que ce soit l’école primaire, secondaire ou le conservatoire, il n’y a pas d’argent à aller chercher là. On ne fabrique pas des pains ou des voitures; on enseigne. On n’a pas d’argent sur le coup : c’est à long terme que les jeunes vont pouvoir participer à notre système économique.

Une citation de Pierre Lamontagne, président du syndicat des enseignants de musique du Conservatoire de Saguenay

Le milieu de la musique est à l'écoute

À Rimouski, la directrice générale de l'Orchestre symphonique de l'Estuaire, Carole Lévesque, prône la vigilance. « On les garde ouverts [les conservatoires], mais à quel prix ? », dit-elle. Mme Lévesque s'inquiète par exemple qu'on décide de couper dans les dépenses pour le transport des musiciens qui viennent de l'extérieur de la région pour enseigner. 

De son côté, le chef d'orchestre de l'Orchestre métropolitain de Montréal, Yannick Nézet-Séguin, indique qu'il est heureux de voir que les gens ont pris conscience, avec cette affaire, de l'importance des conservatoires.

Yannick Nézet-Séguin

Yannick Nézet-Séguin

Photo : Radio-Canada

« Il y a 60 % des musiciens qui sont au Métropolitain seulement qui viennent des conservatoires. 80 % à l'Orchestre symphonique de Québec, 30 % à l'Orchestre symphonique de Montréal », détaille-t-il.

Yannick Nézet-Séguin se dit impressionné par le discours actuel d'Hélène David.

Pour ce qui est des solutions de financement, le chef d'orchestre propose de regarder du côté de l'entreprise privée.

« Les individus et les entreprises pourraient mettre l'épaule à la roue pas mal plus pour la culture. Mais pour ça, il faut être capable de mettre en place de vrais programmes d'exemption d'impôts ou d'encourager les compagnies et les entreprises qui sont vraiment très riches à donner une petite partie de leurs revenus à la culture », suggère-t-il.

 

Avec les informations de La Presse canadienne

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