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  • Exclusif
  • Plan Nord : 20 millions pour étudier la faisabilité d'une 3e voie ferrée

    OmniTRAX suspend indéfiniment son plan pour envoyer du pétrole par voie ferrée jusqu'à Churchill, dans le nord du Manitoba. Photo: Radio-Canada
    Radio-Canada

    Le gouvernement libéral de Philippe Couillard estime que le succès du Plan Nord passe notamment par la construction d'une troisième voie ferrée dédiée au transport du minerai dans le Nord du Québec.

    Un texte de Anne PanasukTwitterCourriel

    Il compte investir 20 millions de fonds publics pour une étude de faisabilité, alors que deux études récentes concluent que ce lien ferroviaire n'est pas nécessaire, voire inutile.

    On a réservé 20 millions de dollars pour clarifier toutes les études concernant le tracé et le modèle d'affaires pour ce lien ferroviaire, qui est absolument essentiel.

    Le premier ministre Couillard à la Conférence Objectif Nord

    Jean Clerck, avocat spécialisé en voie ferrée et copropriétaire de la firme Consultrail, affirme pourtant que les infrastructures existantes ont toutes les capacités pour transporter les volumes actuels.

    Il existe déjà deux lignes de chemin de fer :

    • une depuis Schefferville jusqu'au port de Sept-Îles;
    • une autre de Fermont à Port-Cartier.

    Ces deux lignes de chemin de fer sont privées et se font parfois tirer l'oreille pour convoyer le minerai de fer d'autres compagnies, mais elles le font.

    Le gouvernement projette d'en construire une troisième, entre les deux existantes, de la fosse du Labrador à Sept-Îles. Ces lignes peuvent transporter jusqu'à 160 millions de tonnes de minerai de fer.  Actuellement, seulement 40 millions de tonnes sont convoyées de la fosse du Labrador à la côte.

    Si tous les projets miniers fonctionnaient, il y aurait alors 250 millions de tonnes de fer à transporter. Jean Clerck explique qu'en doublant les lignes existantes, ce qui coûterait moins cher que de construire une troisième voie, les deux chemins de fer pourraient transporter jusqu'à 300 millions de tonnes de minerai.

    Je ne verrai pas l'opportunité de dépenser des fonds publics à part de servir les intérêts de quelques firmes d'ingénierie quelconques qui veulent faire des études. C'est complètement inutile de faire cela.

    Jean Clerck, avocat spécialisé en voie ferrée et copropriétaire de la firme Consultrail

    En août 2012, le CN et la Caisse de dépôt et placement du Québec avaient aussi entrepris une étude de faisabilité semblable avec le concours de six sociétés minières. Dès février 2013, ils interrompaient cette étude et indiquaient par voie de communiqué qu'il sera difficile d'obtenir les volumes critiques de minerai de fer nécessaires pour justifier la construction par le CN d'une nouvelle infrastructure ferroviaire.

    Le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand, soutient pourtant qu'on a suffisamment de tonnes de minerai pour justifier ce lien ferroviaire.

    Ni le président de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Michael Sabia, ni les minières approchées n'ont voulu commenter.

    La firme d'ingénierie n'a pas encore été choisie. Le gouvernement en est à l'étape des appels d'offres. Une seule minière, qui a un projet en développement, s'est montrée intéressée à participer à l'étude jusqu'à présent. Les minières en exploitation utilisent les voies existantes pour transporter leur minerai.

    Développement du Nord : l'état des lieux

    Économie