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Un employé de Pomerleau arrêté par l'UPAC en lien avec le contrat pour l'échangeur Turcot

Arrestation en lien avec le contrat de l'échangeur Turcot

Photo : Google

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Un chargé de projet de la firme Pomerleau, Éric Carbonneau, 36 ans, a été arrêté par l'UPAC au terme d'une enquête-éclair en lien avec un appel d'offres pour le contrat de l'échangeur Turcot.  M. Carbonneau fait face à deux chefs d'accusation, soit fraude et commission secrète. 

Selon l'UPAC, l'accusé avait mis au point un stratagème frauduleux consistant à proposer à une entreprise soumissionnaire concurrente, soit SNC-Lavalin, de l'information stratégique.

L'information en question était ni plus ni moins que les plans et devis techniques du consortium Groupement nouvel échangeur Turcot, auquel appartient Pomerleau, contenus dans sa soumission faite à la suite de l'appel d'offres pour l'adjudication du contrat de reconstruction de l'échangeur Turcot.

En échange de cette information, le suspect aurait réclamé une commission de plusieurs millions de dollars. 

« Il a été intercepté juste avant de prendre l'argent qui lui était destiné », a expliqué le patron de l'UPAC, Robert Lafrenière, qui a refusé par ailleurs d'en dire davantage. « À ce moment-ci, j'embarquerais dans les techniques d'enquête où je ne veux pas aller », a-t-il dit.

Éric Carbonneau aurait agi seul, sans le consentement de ses employeurs, a indiqué pour sa part André Boulanger, responsable du Service enquêtes sur la corruption de la Sûreté du Québec. Il sera de retour en Cour au palais de justice de Longueuil le 2 octobre.

Le suspect Éric Carbonneau fait face à deux chefs d'accusation, fraude et commission secrète, relativement à une affaire liée à l'appel d'offres lancé pour la reconstruction de l'échangeur Turcot.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le suspect Éric Carbonneau fait face à deux chefs d'accusation, fraude et commission secrète, relativement à une affaire liée à l'appel d'offres lancé pour la reconstruction de l'échangeur Turcot.

Photo : source: LinkedIn

Pomerleau est « stupéfait »

La firme Pomerleau a réagi aux informations révélées par l'UPAC mardi en se disant « stupéfait et extrêmement déçu d'apprendre qu'un employé aurait tenté de vendre de l'information confidentielle de Pomerleau touchant ce projet, afin d'en tirer un bénéfice personnel ».

L'entreprise affirme que l'employé en question était en poste depuis moins de deux ans et qu'il a été suspendu sans solde immédiatement. Pomerleau a aussi officiellement porté plainte contre lui.

L'enquête a débuté en septembre 2014, après que des témoins eurent rapporté les actions de M. Carbonneau. M. Boulanger a d'ailleurs souligné la collaboration importante de SNC-Lavalin à l'enquête.

Moi je trouve ça encourageant dans le sens où on a des gens de bonne foi qui savent où porter plainte, qui savent qu'il y aura des choses de faites. Écoutez, on parle d'une enquête qui a duré un peu plus de trois semaines. [...] Si on tombait, comme on dit, silence radio sur ces événements-là, ce serait plus inquiétant.

Une citation de :Robert Lafrenière, commissaire à la lutte contre la corruption
Le commissaire à la lutte contre la corruption, M. Robert Lafrenière, et André Boulanger, responsable du Service enquêtes sur la corruption de la Sûreté du QuébecAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le commissaire à la lutte contre la corruption, M. Robert Lafrenière et André Boulanger, responsable du Service enquêtes sur la corruption de la Sûreté du Québec

Éric Carbonneau n'a pas d'antécédents judiciaires. Il subira son enquête en détention cette semaine.

D'après les informations divulguées mardi, en sa qualité d'employé de Pomerleau, M. Carbonneau disposait d'informations sur un secteur de l'échangeur Turcot et il serait entré en contact avec un employé de SNC-Lavallin dans le but de les lui révéler, moyennant rémunération. 

Il semble que les deux personnes n'entretenaient pas de lien au préalable.

L'UPAC précise que les trois entreprises en lice pour l'obtention du contrat de reconstruction de l'échangeur Turcot n'ont rien à se reprocher dans cette affaire. L'UPAC a d'ailleurs tenu à mentionner la collaboration de SNC-Lavalin à cette enquête. 

Le ministère des Transports du Québec (MTQ) a confirmé que le processus d'appel d'offres poursuivait son cours et que le choix du soumissionnaire retenu serait annoncé fin décembre.

L'Unité permanente anticorruption (UPAC) a été créée par le gouvernement du Québec le 16 février 2011. L'UPAC est composée de 300 personnes qui proviennent notamment du ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire, de la Régie du bâtiment du Québec, du Service des enquêtes sur la corruption de la Sûreté du Québec, de Revenu Québec et de l'Escouade de protection de l'intégrité municipale du Service de police de la Ville de Montréal.

L'appel d'offres pour la reconstruction de l'échangeur Turcot a été lancé en 2011, et les travaux envisagés sont d'une valeur de 3,7 milliards de dollars. Au moins 300 000 véhicules empruntent chaque jour l'échangeur Turcot. De ce nombre, 30 000 sont des véhicules lourds, qui assurent 60 % des échanges du Québec avec les États-Unis.

Avec les informations de La Presse canadienne

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